La fin de l’âge d’or des séries du MCU ?
Fiche
| Titre | VisionQuest | Titre VO | – |
|---|---|---|---|
| Réalisateur | Christopher J. Byrne | Scénariste | Terry Matalas |
| Acteurs | Paul Bettany, James Spader, Ruaridh Mollica, Todd Stashwick, Lauren Morais, Orla Brady, Diane Morgan, Polly Frame, Ben Crompton, Henry Lewis, Jonathan Sayer, Emily Hampshire, James D’Arcy | ||
| Saison | 1 | Épisode | 1 et 2 |
| Date de sortie | 14 / 10 / 2026 | Durée | 56 mn (E1) et 48 mn (E2) |
| Genre | Action, Aventure, Drame, Science-fiction, Thriller | Chaîne | Disney+ |
Vision part à la découverte de lui-même et se retrouve poursuivi par une puissance mortelle.
Critique
Est-ce que VisionQuest représente la fin d’une époque ? Non seulement il est la conclusion de la trilogie entamée par WandaVision et poursuivie par Agatha All Along, mais il semble être également le dernier représentant d’une espèce en voie de disparition : la série MCU à gros budget.
La conclusion de la trilogie WandaVision et Agatha All Along
Car si les deux premiers épisodes prouvent une chose (en plus d’une durée généreuse), c’est que la série a du budget, et du lourd. Rares sont les fictions télévisées qui s’offrent un Ultron entièrement numérique d’une qualité irréprochable (même si rapidement, on utilise la technique de l’avatar humain pour ne pas exploser le budget – j’ai toutefois souri devant la réaction dépitée d’Ultron quand Vision lui demande de se présenter en humain) ou des transitions en images de synthèse de toute beauté. Sans oublier des décors sublimes (mention spéciale pour la maison de l’esprit de Vision).
Les scènes d’action ne sont pas en reste, à l’instar de l’attaque menée par Paladin dans le premier épisode ou de celle de Vision dans le second. De la première, je retiens ce fabuleux plan où un Vision accroupi pleure la perte de son amie alors que les balles fusent et déchirent le décor. De la seconde, c’est la violence froide avec laquelle Vision exécute l’équipe du Paladin (jusqu’à la gerbe de sang sur la vitre) qui m’a marqué.
Je soulignerai aussi le passage façon Terminator (ce n’est pas la seule référence : on a aussi droit à un petit clin d’œil à Ethan Hunt dans le premier Mission: Impossible lors de l’amusant passage où les IA soutiennent Vision dans son attaque de l’asile) avec le Paladin qui décharge son fusil sur Vision avec des balles en adamantium, rappelant au passage qu’adamantium > vibranium. Un écho savoureux à la certitude de Vision, qui clamait être intouchable grâce à sa composition (il n’a pas dû voir le bouclier de Cap se faire massacrer par Thanos).
La vie selon Paladin
Du coup, je profite de cette transition pour faire une dédicace au Paladin. Dans les comics, il s’agit d’un personnage qui m’a rarement marqué (son look quelconque n’aide pas non plus), donc je n’attendais pas particulièrement – voire pas du tout – son adaptation dans le MCU. Pour le coup, j’avoue avoir été bluffé.
Déjà, il dispose d’un background plutôt badass lors de sa courte introduction, mais quand vient l’heure de l’action, le gars répond présent. Sans oublier son « code d’honneur », lorsqu’il élimine un de ses soldats pour avoir abattu un civil. Quand même, respect au mec pour tenter de se présenter seul face à Vision. Et le pire, c’est qu’il a failli réussir, ce con ! Au passage, bordel, DIANE MORGAN ! J’adore cette actrice depuis After Life (2019 – 2022) et surtout pour son personnage inoubliable de Philomena Cunk.
Autre point fort de ce budget conséquent : la possibilité de proposer des partis pris visuels inspirés. Perso, j’ai kiffé la manière dont les différentes IA hébergées dans Vision sont présentées. L’arrêt sur image avec le nom, le logo de Stark Industries et la description, j’adore. Surtout celle consacrée à Ultron, avec le « Asshole » qui va bien.
« Ne sois pas le bateau. Sois le foutu roi. »
Mais au-delà du côté spectaculaire, VisionQuest n’oublie pas de traiter son propos de fond, à savoir la perte d’identité du synthozoïde, ce qui renvoie directement à la formidable séquence du bateau de Thésée dans WandaVision. Ces thèmes font l’objet de séquences fortes : la séance de minuit (les affiches dans le couloir qui mène à la salle de cinéma <3), le retour à Édimbourg (où Vision et Wanda ont vécu leur histoire d’amour), sans oublier les échanges savoureux et hautement philosophiques entre Vision et son « père », Ultron. Le duo Bettany / Spader marche du tonnerre. James Spader est absolument génial en Ultron, avec ce délicieux côté « connard ».
J’apprécie beaucoup le fait qu’Ultron ne soit pas mort dans L’Ère d’Ultron mais qu’il ait été emprisonné dans l’esprit de Vision. C’est totalement cohérent avec la vertu du Vision d’origine, qui ne pouvait se résoudre à l’effacer de la carte. Je finis cette partie avec une mention spéciale pour la réplique d’Ultron qui remet à sa place le fameux bateau de Thésée : « Quand un monstre détient ton fils, ne sois pas le bateau. Sois le foutu roi. »
L’écho du deuil qui n’est que l’amour refusant de s’éteindre
Passons maintenant à un petit mot sur Tommy. Pour l’instant, rien de particulièrement mémorable à se mettre sous la dent, si ce n’est l’efficacité de l’introduction du personnage avec un petit côté Oliver Twist et une love (?) story touchante, sans oublier l’utilisation de ses pouvoirs. Par contre, le passage où il est interrogé par la police de Tottenham permet de faire écho à l’une des plus belles répliques du MCU, « Le deuil n’est que l’amour refusant de s’éteindre », dans un contexte particulièrement émouvant grâce au jeu tout en nuances de Paul Bettany.
Pour terminer, comment ne pas mentionner Jarvis ? Bordel, c’est beaucoup trop tôt ! On venait à peine de le retrouver, après un bref passage dans Avengers : Endgame, qu’on doit déjà lui dire adieu. J’étais en larmes lors de son effacement de code. Même Ultron, ce bon vieux « connard », en prend un coup (James Spader est magistral sur cette scène, jouant à la perfection le mec touché tout en essayant de faire croire qu’il s’en fout).
En plus, Jarvis était au cœur d’un super running gag avec la carte du grand frère. Ce qui me rappelle ce passage vibrant devant le tableau du Synthetic Man, aka la première Torche humaine en personne, celle-là même qu’on pouvait entrapercevoir dans l’exposition du début de Captain America : First Avenger. Vu que son tableau revient dans le générique de fin, on risque d’avoir droit à une belle surprise pour la suite !
Par Christophe Menat, surpris par la durée des épisodes.
Conclusion
|
Pour la conclusion de la trilogie initiée par WandaVision, les deux premiers épisodes de VisionQuest envoient du lourd ! Entre une réalisation aux petits oignons, un budget assumé qui en met plein la vue, un fond philosophique pas inintéressant et de l’émotion, Marvel Studios tient là une entrée en matière captivante. Si la suite maintient ce niveau d’exigence, on tient peut-être le dernier grand baroud d’honneur de l’âge d’or des séries MCU. Vivement la suite ! |
|
|
+
|
–
|
| 9/10 | |