L’écho des couloirs infinis
Fiche
| Titre | Backrooms | Titre VO | – |
|---|---|---|---|
| Réalisateur | Kane Parsons | Scénariste | Will Soodik |
| Acteurs | Chiwetel Ejiofor, Renate Reinsve, Mark Duplass, Finn Bennett, Lukita Maxwell | ||
| Date de sortie | 17 / 06 / 2026 | Durée | 1h 50 |
| Genre | Horreur, Science-fiction, Thriller | Budget | 10 000 000 $ |
Une étrange porte apparaît dans le sous-sol d’un magasin de meubles.
Critique
Cette année, nous avons eu droit à deux énormes cartons au box-office. Le premier nous vient de Curry Barker avec Obsession, qui cumule 380 millions de dollars pour un budget de moins d’un million.
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Le second nous vient de Kane Parsons avec le film du jour, Backrooms, qui arrive à 347 millions de dollars pour un budget de 10 millions. Le tout avec un week-end de démarrage aux États-Unis à 81 millions, pulvérisant le précédent record du studio A24 détenu par Civil War (2024), surclassant même Marty Supreme (2025) comme le film A24 le plus rentable (191 millions pour le film avec Timothée Chalamet).
Comme quoi, quand on propose des films originaux solides, cela suffit pour faire un carton.
À la différence d’Obsession, Backrooms ne sort pas de nulle part vu qu’il s’agit à l’origine d’une web-série créée par Kane Parsons, dont le premier épisode fut diffusé alors que ce dernier n’avait que 16 ans. Il en avait 20 à la sortie du film. Une précocité digne de Mbappé.
Je n’ai pas vu cette web-série et je compte bien m’enfiler les 22 épisodes après avoir fini cette critique. Pour ceux qui veulent s’y mettre, c’est par ici :
Un Portal vers The Stanley Parable
C’est donc avec curiosité que je suis rentré dans les arrière-salles, et j’en ai eu des réminiscences de mon expérience de gamer. Car le film de Kane Parsons ne ressemble pas à grand-chose de connu cinématographiquement parlant ; en revanche, au niveau vidéoludique, difficile de ne pas reconnaître certains éléments. Si Kane Parsons indique le diptyque de Valve, Portal, comme principale inspiration, j’ai beaucoup pensé au chef-d’œuvre The Stanley Parable (2013) au visionnage.
On y retrouve la même volonté d’instaurer un malaise en utilisant des décors banals (l’univers du bureau pour The Stanley Parable, les années 90 pour Backrooms), le tout en intégrant des éléments bizarroïdes, ressemblant à des bugs qu’on rencontre dans les jeux vidéo. Le personnage joué par Chiwetel Ejiofor en fait la meilleure description et permet de mettre le doigt sur ce qui provoque ce malaise.
Kane Parsons ne renie pas non plus l’héritage de sa web-série : le film se présente comme une histoire accessible au néophyte, mais qui s’inscrit dans le cadre de sa web-série. On retrouve ces fameux passages à la Blair Witch qui donnent naissance à des scènes incroyablement flippantes. Un bon gros kiff horrifique comme je les aime. À noter également des inspirations sublimes comme la séquence en chute libre où l’on suit l’évolution (ou devrais-je dire la déformation) d’une pièce.
Enfin une adaptation réussie de Silent Hill
Ce format visuel se marie à merveille avec le scénario signé par Will Soodik qui m’a fait penser à un autre chef-d’œuvre du jeu vidéo : la saga Silent Hill. Les Backrooms apparaissent alors comme une entité digne de la ville de l’état du Maine où les traumatismes de ses protagonistes prennent vie. Jusqu’à y intégrer des créatures qui sont des déformations perverses du monde réel.
La cohabitation de ces deux éléments fait de Backrooms un cauchemar éveillé redoutablement oppressant. Bref, un bijou horrifique qui met à l’amende les standards du genre et prouve que le cinéma a encore de nouvelles choses à raconter (et visiblement, le jeu vidéo va le lui permettre).
Par Christophe Menat, qui est heureux de savoir qu’un Backrooms 2 est en préparation.
Conclusion
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Oppressant, labyrinthique et visuellement fou, Backrooms réussit là où tant d’autres échouent : capter l’ADN de la terreur vidéoludique pour en faire du grand cinéma. C’est un pur cauchemar éveillé qui repousse les limites de l’angoisse et met à l’amende la concurrence. Le cinéma d’horreur avait besoin de sang neuf, il l’a trouvé. |
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| 9/10 | |