“Vivre, c’est combattre. Combattre, c’est vivre.”
Fiche
| Titre | Street Fighter | Titre VO | – |
|---|---|---|---|
| Réalisateur | Kitao Sakurai | Scénaristes | T.J. Fixman, Kitao Sakurai |
| Acteurs | Noah Centineo, Andrew Koji, Callina Liang, Joe « Roman Reigns » Anoa’i, David Dastmalchian, Cody Rhodes, Andrew Schulz, Vidyut Jammwal, Eric André, Curtis “50 Cent” Jackson, Jason Momoa | ||
| Date de sortie | 14 / 10 / 2026 | Durée | 1h 59 |
| Genre | Action | Budget | 82 000 000 $ |
En 1993, Ryu et Ken Masters, deux Street Fighters autrefois inséparables, sont replongés dans l’arène lorsque la mystérieuse Chun-Li les recrute pour le prochain World Warrior Tournament : un affrontement brutal où se mêlent poings, destin et fureur. Mais derrière cette battle royale se cache une conspiration mortelle qui les oblige à s’affronter, tout en faisant face aux démons de leur passé… Et s’ils échouent, c’est GAME OVER.
Critique
Les cons, ils l’ont fait ! Tel est le constat que je me suis fait lorsque le générique final de cette cuvée cinématographique 2026 de Street Fighter a commencé à défiler. On le voyait déjà dans les bandes-annonces : cette volonté de respecter au maximum le matériau d’origine, jusqu’à situer l’action en 1993 (soit l’année de la sortie de Super Street Fighter II: The New Challengers), avec carrément un premier tournoi se déroulant en 1987 (l’année du tout premier Street Fighter), où l’on retrouve le même boss final : Sagat.
Mais je n’étais clairement pas prêt à un délire aussi poussé, jusqu’à la DA. Les mecs se sont visiblement dit : « Comment faire un film pour faire plaisir aux fans, un film qui respecte totalement l’univers des jeux vidéo jusqu’au bout du kitsch ? » Avec, en prime, un énorme coup de cœur pour la très surprenante séquence d’ouverture, rappelant un film Street Fighter culte, mais pas celui qu’on croit !
Insert Coin : guidé par la nostalgie
C’est d’ailleurs amusant de voir qu’en l’espace d’un mois, nous avons eu droit à deux propositions d’adaptation de jeux vidéo Capcom totalement opposées. Tandis que le Resident Evil de Zach Cregger propose une approche légèrement méta – nous plaçant dans la peau d’un joueur –, le Street Fighter de Kitao Sakurai choisit, lui, de transposer directement l’histoire des jeux sur grand écran, moyennant quelques ajustements. Ainsi, contrairement aux précédentes tentatives (et catastrophes) cinématographiques (Street Fighter : L’Ultime Combat en 1994 et Street Fighter : La Légende de Chun-Li en 2009), Ken et Ryu sont enfin les vrais héros de l’histoire.
Bon, ne nous le cachons pas : l’histoire reste très basique, accuse quelques temps morts et n’offrira aucune surprise à ceux qui connaissent l’univers. Mais l’intérêt n’est pas là. L’intérêt, c’est que le look, la personnalité et le lore de chaque combattant sont respectés, avec de subtiles nuances qui servent l’intrigue. Je me suis totalement régalé à retrouver chacun de ces persos que j’avais incarnés pendant des heures, en 1994, sur ma Mega Drive. Surtout que ces petits bâtards ont eu la bonne idée de reprendre leurs coups iconiques (il n’y a pas à dire, voir le sumotori Honda sauter la tête en avant pour son attaque fétiche, ça a fait vibrer la corde de la nostalgie en moi).
You Win !
Les combats m’ont d’ailleurs agréablement surpris par leur dynamisme. Alors que je suis généralement déçu par les blockbusters hollywoodiens – pas plus tard qu’il y a quelques mois avec Mortal Kombat II –, ceux de Street Fighter m’ont laissé bouche bée. C’est jouissif et réellement fun. Les coups spéciaux fusent jusqu’à briser les décors, tous tirés des jeux (quel kif !). À aucun moment je n’ai eu l’impression de voir des acteurs incapables de se battre, et la mise en scène est tellement rythmée que je ne distingue même pas les doublures. Pour couronner le tout, la réalisation s’octroie de superbes plans, avec des méga-ralentis qui feraient jouir Zack Snyder et des moments où la puissance se déchaîne (mention spéciale à Akuma, incroyablement badass, et à un climax qui porte enfin magnifiquement bien son nom).
C’était un tel kiff que je n’ai qu’un seul petit regret : voir le format tournoi abandonné un peu trop rapidement au profit d’une intrigue autour de Bison et de sa quête de Psycho Power. J’aurais adoré une structure pure à la Bloodsport (1988). De même, certains affrontements méritaient d’être un poil plus longs.
« Tout le monde parle de tes cuisses. »
Côté casting, j’ai beaucoup de mal à départager les acteurs tant ils excellent tous dans leur rôle. Ryu incarne le sérieux et la coolitude à l’état pur, tandis que Ken apporte un humour parfait qui contrebalance la rigueur de son partenaire pour former un duo du tonnerre. Chun-Li m’a bluffé – et pas seulement pour la fidélité de ses cuisses ! C’est du grand art, et Callina Liang livre une performance formidable. Guile m’a surpris par son humour décalé : je n’attendais vraiment pas Cody Rhodes à ce niveau.
Quant à Dhalsim, j’ai été totalement hypnotisé par sa gestuelle en combat. On peut aussi saluer Zangief, Honda et Balrog pour leurs mouvements signatures, tandis que le Blanka de Jason Momoa s’avère étonnamment convaincant malgré le fait qu’il soit entièrement numérique. Mais s’il ne devais n’en retenir qu’un, ce serait l’Akuma de Joe « Roman Reigns » Anoa’i. Waouh ! La classe absolue. J’étais comme le Mask devant Cameron Diaz à chaque fois qu’il apparaissait à l’écran.
Le pire ? C’est qu’ils ont poussé le vice jusqu’à ajouter Joe du premier Street Fighter pour une excellente blague.
L’ombre du Psycho Power
Mon seul véritable bémol concerne M. Bison. Malgré l’excellente interprétation, délicieusement excentrique, de David Dastmalchian, je le trouve un peu trop frêle pour imposer l’autorité naturelle du personnage – même si c’est un choix conscient (on rappelle que Walton Goggins était initialement pressenti pour le rôle). Habitué à la montagne de muscles qu’il est dans le jeu, j’ai un peu de mal à le percevoir comme une menace physique écrasante. Heureusement, face à lui, Akuma était là pour assurer le quota !
Pour terminer, je tenais à saluer les géniteurs du projet, car le pari était particulièrement casse-gueule vu jusqu’où ils sont allés dans le délire. C’est assurément un film pensé en priorité pour les fans, même si une certaine partie du grand public peut aussi y trouver son compte. En tout cas, je ne suis pas du tout surpris de le voir diviser autant la presse sur Rotten Tomatoes, et ce sera sans doute la même chose côté spectateurs. Je suis extrêmement curieux de suivre ses performances au box-office ! D’autant que l’excellente scène finale laisse entrevoir une alchimie de groupe au top, qui m’a furieusement donné envie de voir une suite. Dès lors, je n’ai vraiment pas envie que le film fasse un flop !
PS : il y a une scène mid-générique.
Par Christophe Menat, qui repense avec affection à Scott Pilgrim, le dernier film dont la DA l’avait surpris.
Conclusion
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Malgré une intrigue un peu basique, quelques temps morts et un M. Bison un cran en dessous, ce Street Fighter remplit parfaitement son contrat : des combats jouissifs, une DA over the top, un respect fou du lore et une bonne dose de nostalgie. Un pari risqué, mais un pari réussi (même si clairement pas pour tout le monde). À voir absolument sur grand écran pour le spectacle ! |
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| 8/10 | |