Critique : The Furious

La claque martiale de l’année

Fiche

Titre The Furious Titre VOHuo zhe yan
Réalisateur Kenji Tanigaki Scénaristes Mak Tin Shu & Lei Zhilong & Shum Kwan Sin & Frank Hui
Acteurs Xie Miao, Joe Taslim, Yang Enyou, Jeeja Yanin, Brian Le, Joey Iwanaga, Yayan Ruhian
Date de sortie10 / 06 / 2026 Durée1h 53
GenreAction, Policier, Thriller Budget20 000 000 $

Après l’enlèvement de sa fille par un réseau criminel et face à l’inaction de la police, Wang Wei se lance dans une traque implacable pour la retrouver. Son seul allié, Navin, est un journaliste tenace dont la femme a mystérieusement disparu. Unis par un même désir de vengeance, ces deux hommes que tout oppose affrontent les ravisseurs dans un face-à-face explosif mêlant arts martiaux et justice sans merci.

Critique

Depuis 2014, je désespère. La raison de mon désespoir porte un nom : The Raid 2 !

Chaque année qui passe, j’espère trouver un film capable de supplanter ce qui reste, pour moi, le meilleur film d’action de tous les temps. À chaque fois, je suis là, à minuit, le soir du réveillon, à regretter de ne pas avoir trouvé de concurrent sérieux.

Jusqu’à The Furious ?

Précédé par une grosse bande-annonce et une excellente vague de critiques (presse comme spectateurs), il semblait se dresser comme un prétendant de taille.

L’action frôle le chef-d’œuvre, le scénario retient les coups

Autant l’annoncer direct : non, The Furious ne supplante pas The Raid 2. La faute, notamment, à un réalisateur (Kenji Tanigaki) qui manque un peu de génie pour proposer une mise en scène capable de sublimer l’action comme Gareth Evans l’avait fait, mais aussi à son scénario – écrit à huit mains, ce qui est très rarement bon signe. Ce dernier manque de substance et accumule trop de clichés pour opérer la bascule nécessaire vers le chef-d’œuvre.

Par contre, là où The Furious explose tout et se dresse comme un concurrent tangible, c’est bel et bien au niveau de l’action. Les temps morts sont rares (juste ce qu’il faut pour poser la situation et les protagonistes) et c’est la bagarre (je ne devrais pas kiffer, car je ne cautionne pas la violence, mais rien à faire, c’est tellement jouissif) qui mène le bal. Et quelle action !

Comment humilier le Mortal Kombat II de Karl Urban

Dès le premier combat, on comprend qu’on est devant quelque chose de lourd. Une chorégraphie ultra-violente dont la maîtrise du chaos laisse pantois. On est loin du simple 1 vs 1 ; c’est un gigantesque bordel organisé d’une main de maître, où toutes les pièces du puzzle s’emboîtent à la perfection. La manière dont chacun des combattants se meut fait tout simplement décrocher la mâchoire. Le tout est sublimé par un climax totalement dingue, un 2 vs 2 vs 1 complètement taré.

Il n’y a pas à dire, quand on regarde The Furious, on comprend à quel point Hollywood est à la ramasse à ce niveau. Rien qu’en repensant aux combats du récent Mortal Kombat II, j’ai envie de rigoler. Le pire, c’est que les deux films partagent un acteur : Joe Taslim. Sauf que ce dernier est totalement sous-exploité dans MKII pour laisser la tête d’affiche à un Karl Urban qui ne sait absolument pas se battre.

Yayan Ruhian dit « I’ll be back »

Le film aborde également un sujet lourd (le trafic d’enfants) et déploie une violence graphique assez marquante, mais il dilue malheureusement sa puissance en y ajoutant quelques touches d’humour. Même si elles sont plutôt réussies (j’ai souri plusieurs fois), je les ai tout de même regrettées, car cela amoindrit l’impact global (pourtant, la scène d’ouverture fait très fort avec un meurtre choquant). J’étais prêt à rester sur ce constat, sauf qu’un virage s’opère avant de lancer le climax via une scène ouatzefuk. Bref, l’humour disparaît complètement pour laisser place à un final à la tension bien palpable.

Du côté des personnages, The Furious dresse une belle galerie où chacun déborde de charisme. On est loin du boss lambda et de la chair à canon. Évidemment, je me dois de citer le transfuge de la saga The Raid, l’inoubliable Yayan Ruhian, qui débarque ici avec un arc et des flèches pour un remake de la scène culte de Terminator (1984). Mais mon petit chouchou est sans hésiter le benêt Ho, joué par Brian Le (cascadeur qui a officié sur Bullet Train, Everything Everywhere All at Once et Shang-Chi). Il possède un style de combat atypique, une force incroyable, et s’offre des moments mémorables (je ne me suis toujours pas remis de ce qu’il fait à la gamine à l’arrière du camion).

Les héros sont impeccables et leur duo fonctionne bien, grandement aidé par le mutisme de l’un d’eux (langue des signes en force !). Enfin, le grand méchant joué par Joey Iwanaga est au cœur de la fameuse bascule du dernier acte ; rien que pour ça, il marque les esprits.

Par , qui attend toujours le fossoyeur de The Raid 2.

Conclusion

Si The Furious rate la marche du chef-d’œuvre à cause d’un scénario trop balisé, il s’impose sans sourciller comme une immense baffe de cinéma d’action. Kenji Tanigaki livre des combats d’une générosité et d’une technicité folles qui relèguent, une fois de plus, les productions hollywoodiennes au rang de gentilles kermesses. Rien que pour la performance de Brian Le et son climax dantesque, le voyage en vaut largement la chandelle. The Raid 2 peut dormir sur ses deux oreilles, mais il s’est trouvé un cousin sacrément nerveux.

+

  • Des combats dantesques
  • Le climax final
  • Une superbe galerie de gueules charismatiques

  • Un scénario pas à la hauteur
8/10
La bande-annonce VF
La bande-annonce VOST

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