Critique : Widow’s Bay – Saison 1

Atlanta Horror Story and Recreation

Fiche

TitreWidow’s Bay Titre VO
CréateurKatie Dippold
Acteurs Matthew Rhys, Kate O’Flynn, Kevin Carroll, Dale Dickey, Kingston Rumi Southwick, Stephen Root
Saison1 Nombre d’épisodes10
Date de sortie17 / 06 / 2026 Durée31 à 48 mn
GenreComédie, Drame, Horreur ChaîneApple TV

Le maire d’une ville de Nouvelle-Angleterre souhaite en faire une destination touristique, malgré les avertissements sur le fait qu’elle est maudite.

Critique

S’il y a bien un abonnement de streaming que je ne regrette pas avec le temps, c’est celui d’Apple TV (dire que je ne gagne même pas d’argent à leur faire de la pub comme ça !). Et pourtant, je suis une personne qui a toujours évité les produits Apple depuis que je suis en âge de raisonner (quelle aberration, cette croix rouge dans l’autre sens…). Je voyais la marque comme la pomme empoisonnée que la méchante reine offre à Blanche-Neige, mais depuis que j’ai croqué dedans, j’ai rencontré mon prince charmant : des séries passionnantes à gogo. La dernière en date est Widow’s Bay, que j’ai regardée tout en rattrapant mon retard sur l’excellente Shrinking.

Quand Atlanta rencontre Parks and Recreation

À la création de Widow’s Bay, il y a Katie Dippold, une scénariste qui s’est fait remarquer avec la série Parks and Recreation et le film Les Flingueuses (2013). On lui doit aussi les films S.O.S. Fantômes (2016), Larguées (2017) et Le Manoir hanté (2023). Ce dernier représente d’ailleurs sa première incursion dans l’horreur. On pourrait donc imaginer que Widow’s Bay est une comédie. C’est d’ailleurs ce à quoi fait penser le premier épisode, qui donne l’impression d’être dans un épisode de Parks and Recreation.

Sauf qu’il y a également un autre nom qui se cache dans la baie de la veuve : Hiro Murai. À ses côtés, on retrouve les mêmes directeurs de la photographie, producteurs et monteurs que pour les séries Atlanta (2016) et Mr. & Mrs. Smith (2024). Au vu des qualités de ces dernières, il n’est donc pas étonnant que Widow’s Bay soit à ce niveau.

Tout au long de ses dix épisodes, la série s’appuie sur un casting hétéroclite où l’on retrouve pas mal de « gueules », à savoir des visages et des corps qui s’éloignent des canons de beauté pour rentrer dans un mood plus réaliste, collant parfaitement à l’ambiance d’une île isolée. Bon, il y a quand même le beau gosse Matthew Rhys en tête d’affiche.

Le brouillard se lève sur la Baie

Là où Widow’s Bay éblouit, c’est par sa capacité à instaurer une atmosphère sur l’île, surtout en jouant sur le mystère (qui a dit Lost ?). Si le démarrage est un peu diesel, une fois la série lancée, elle offre un sacré voyage en réussissant merveilleusement à jouer avec les classiques horrifiques, donnant parfois l’impression d’avoir un American Horror Story à la sauce Atlanta avec un soupçon de Parks and Recreation. Le plus fascinant est la capacité de la série à être drôle tout en ne nuisant pas à ses moments d’épouvante (il y a une vraie tension). Un fil superbement tendu qui ne se rompt jamais. Un véritable tour de force.

Surtout, pour une fois, la dissipation du mystère ne déçoit pas et parvient toujours à conserver notre attention tout en déployant une intrigue qui n’est pas avare en surprises. Il faut également souligner la géniale performance de Kate O’Flynn en Patricia, dont les épisodes dédiés (Livres pour la plage, épisode 4, et Votre bagage, épisode 8) sont mémorables, avec une mention spéciale pour l’hilarante conclusion de l’épisode 8. J’ai aussi beaucoup aimé la description des épisodes qui colle parfaitement à la thématique.

Pour le reste, sans surprise au vu des noms cités, la réalisation, le montage et tout le tralala sont de très haut niveau. La série se paye même le luxe d’offrir des passages spectaculaires qui ne souffrent pas de l’effet « ah, des effets spéciaux numériques moches », et pourtant, en invoquant une impressionnante tempête pour son final, on aurait pu y avoir droit.

Bref, pas étonnant qu’une deuxième saison ait déjà été commandée.

Par qui retourne sur Shrinking.

Conclusion

Widow’s Bay est une pépite hybride que je n’attendais pas forcément. C’est maîtrisé de bout en bout, étonnant dans ses ruptures de ton et atmosphériquement bluffant. Une véritable masterclass qui prouve qu’on peut marier l’humour grinçant et le frisson sans jamais sacrifier l’un des deux. Bref, un immense coup de cœur. Préparez vos valises pour la Baie de la Veuve : le voyage vaut largement le détour.

+

  • L’équilibre des tons parfait
  • Une atmosphère maîtrisée
  • Un casting de « gueules »
  • Une résolution à la hauteur
  • Une technique irréprochable

  • Un démarrage un peu diesel
9/10
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