Rencontre du mauvais type
Fiche
| Titre | Disclosure Day | Titre VO | – |
|---|---|---|---|
| Réalisateur | Steven Spielberg | Scénariste | David Koepp |
| Acteurs | Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, Eve Hewson, Colman Domingo, Wyatt Russell | ||
| Date de sortie | 10 / 06 / 2026 | Durée | 2h 25 |
| Genre | Action, Drame, Mystère, Science-fiction, Thriller | Budget | 115 000 000 $ |
Si tu découvrais que nous ne sommes pas seuls ? Si on te le montrait, te le prouvait, ça te ferait peur ? Les gens ont droit à la vérité. Elle appartient à sept milliards de personnes. Chaque seconde nous rapproche de l’inévitable… Disclosure Day.
Critique
On peut dire que le service marketing a géré la promo du nouveau Spielberg, Disclosure Day, en mettant l’accent sur les retrouvailles entre le mec qui a eu des conseils de cadrage de la part de John Ford lui-même (réf’ à The Fabelmans pour ceux qui ne l’ont pas) et les petits hommes gris. Le tout en restant extrêmement flou concernant l’intrigue du film, avec des messages bien cryptiques comme il faut.
C’est quoi, le « Disclosure Day » ?
Petite leçon sur le titre avant de commencer ? Il s’agit d’un concept ufologique : « Le Jour de la Divulgation ». Bref, le Disclosure Day désigne le jour théorique où les gouvernements révéleraient enfin officiellement au grand public toute la vérité sur l’existence des OVNI et de la vie extraterrestre.
Du coup, David Koepp, sur une histoire de Spielberg, part sur un délire complotiste où une agence tente de cacher au monde entier que les petits bonshommes gris sont déjà parmi nous. Ah oui, précision vite fait en passant : non, cette agence, ce ne sont pas les Men in Black. On est sur un truc bien moins cool et ridiculement cliché, où un vieux con qui n’a pas réglé son trauma (Colin Firth) décide de bien faire chier les héros.
Du côté de ces derniers, on a des « élus » capables de renverser la matrice. Bref, j’ai eu l’impression de reculer de quelques décennies avec cette histoire qui cumule les clichés sans grande inspiration. Le tout avec des effets numériques dégueulasses (les animaux, pffff). Sans oublier le sous-texte religieux, totalement à côté de la plaque à mon goût (ce n’est pas comme si la science n’avait pas démontré ses absurdités depuis des années).
Le film dure presque deux heures et demie et je peux dire que je les ai bien senties passer. Au moins, il y avait la clim, car mis à part une séquence d’ouverture assez géniale, on déroule une bobine monotone où seules quelques rares éclaircies m’ont sorti de ma longue et lente plongée vers les bras de Morphée. Parmi ces éclaircies, je retiendrai la séquence où Emily Blunt commence à découvrir ses pouvoirs.
Une légende d’Hollywood en panne d’inspiration
Bref, deux heures de course-poursuite jamais réellement emballante (avec le réalisateur qui tente de faire des trucs « cools » avec la caméra), que ce soit au niveau de la narration ou de l’action, avant d’arriver à un final sympathique mais respirant le déjà-vu. Et surtout le cringe, à l’image des réactions « hilarantes » (malgré elles) de la présentatrice en pleine Divulgation. J’ai lu qu’il s’agissait d’une vraie présentatrice dans la vie… ben purée, ils auraient dû embaucher une actrice.
Au final, ce que je retiendrai du film, c’est l’anecdote de Josh O’Connor. Ce dernier a raconté qu’il galérait avec une scène émouvante. Le soir, il a reçu un texto de Steven Spielberg qui lui a dit : « La porte est verrouillée, il suffit de pousser. ». O’Connor était en mode « Spielberg me donne un conseil cryptique de ouf » et, le lendemain, en a profité pour le remercier : « Steven, c’était inspiré, et c’est exactement ce que je vais faire dans cette scène : la porte est verrouillée, il suffit de pousser ». Le réalisateur ne voyait pas de quoi parlait O’Connor et a vérifié ses messages avant de se marrer, en se rendant compte que le texto était destiné à sa femme.
C’est un peu ce que j’ai ressenti devant Disclosure Day : le délire d’un papy un peu largué, mais dont le nom donne l’impression qu’il est toujours un génie. C’est méchant, je sais, mais au moins, je suis franc.
Par Christophe Menat, qui a l’impression d’avoir perdu son temps.
Conclusion
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En décrypté, Disclosure Day souffre du syndrome du « nom sur l’affiche ». On veut désespérément y voir la masterclass d’un génie intouchable simplement parce que c’est signé Steven Spielberg, alors qu’on est face au projet fatigué d’un réalisateur un peu déconnecté de son époque. C’est cruel, je sais, mais le prestige du passé ne suffit plus à masquer les clichés et le vide du présent. |
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| 4/10 | |