Critique : 007 First Light

L’agent 0(4)7

Fiche

Titre 007 First Light
Éditeur IO Interactive Développeur IO Interactive
Plate-forme Windows, PlayStation 5, Xbox Series, Nintendo Switch 2 Date de sortie 27 / 05 / 2026
Joué sur PlayStation 5Game Genre Action, Aventure, Thriller

Critique

On ne peut pas dire qu’apprendre que l’entreprise danoise IO Interactive a développé un jeu vidéo James Bond soit une énorme surprise, tant les aventures de leur création phare, l’Agent 47, collent parfaitement à celles de l’Agent 007, avec quelques ajustements évidemment, et pas seulement capillaires. Pour l’anecdote, pour convaincre les ayants droit de leur laisser utiliser James Bond, IOI avait présenté un niveau d’Hitman en remplaçant le chauve qu’on peut passer à la caisse du Monop’ par le James Bond de Daniel Craig.

L’agent secret n’est plus chauve

Bref, 5 ans après Hitman 3 (2021), 14 ans après le dernier jeu vidéo James Bond (le catastrophique 007 Legends, 2012) et 29 ans après le légendaire GoldenEye 007 (1997) sur la Nintendo 64, James Bond revient sur nos consoles… et en profite pour faire une cure de jouvence. En effet, c’est un James Bond pas encore devenu 00 que nous prenons en main.

Après quelques missions, on comprend rapidement que ce titre se positionne à la croisée entre un Hitman classique (dont il reprend l’excellent moteur Glacier) et un Uncharted. Ce mélange permet une excellente alternance entre missions façon Agent 47 et séquences d’action rythmées façon Naughty Dog, tout en déroulant une narration soignée (assurément le point faible des Hitman). Le tout pour une durée de vie très solide comprise entre 15 et 20h pour la campagne. Bref, du tout bon.

Le tour du monde en smoking

D’autant plus que cela s’accompagne de graphismes soignés, avec une grosse mention spéciale pour les décors traversés qui marquent par leur diversité et leur démesure. J’ai pris un vrai kif à incarner James Bond et à me balader dans ces environnements époustouflants, en prenant le temps de flâner lors des passages en « zones ouvertes à la Hitman ». Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on peut incarner l’agent secret au service de Sa Majesté et vivre sa vie.

Quant à l’histoire, elle manque un peu d’originalité à mon goût, car on y retrouve toute la formule des James Bond sans réelle surprise (les divers rebondissements sont prévisibles). Elle reste cependant d’une efficacité redoutable, justement parce qu’on est plongé dans cet univers sur une longue durée. J’ai adoré la partie entraînement, car elle propose un segment inédit dans la franchise jusqu’ici. On notera également des personnages mémorables, que ce soit ceux issus du lore ou les petits nouveaux. Tout comme le sujet abordé, l’IA, qui colle parfaitement à l’actualité.

Une histoire de murs porteurs

Autre petit bémol, concernant le gameplay cette fois-ci : venant d’Hitman 3, j’ai eu du mal avec le fait que James Bond puisse toujours s’en sortir facilement quand vient l’heure de castagner. Dès lors, il n’est pas forcément pertinent de privilégier l’infiltration quand le frontal se révèle bien plus efficace. J’aurais aimé un peu plus de finesse dans les zones ouvertes comme pour les Hitman. Mais c’est compensé par tout l’héritage des Uncharted, avec des séquences palpitantes et l’excellente idée des gadgets, et surtout des armes à feu.

Pour ce dernier point, j’ai absolument kiffé qu’on ne se retrouve pas avec énormément de munitions pour une arme donnée, nous obligeant à régulièrement changer d’équipement avec celles laissées par les ennemis tombés au combat après avoir balancé notre arme déchargée sur la tronche d’un mercenaire. Les affrontements, quant à eux, offrent un réel plaisir avec une implication directe du décor qui se désagrège selon les impacts. Quel pied, par exemple, de vérifier si un mur est porteur avec la tête d’un ennemi, le tout dans la fluidité de l’action (c’est-à-dire sans avoir la sensation de déclencher une animation spéciale).

Par , ravi de lire « James Bond will return » à la fin et curieux de voir ce que IOI va nous proposer comme ajouts cette année.

Conclusion

007 First Light réussit le pari de marier la liberté d’approche d’un Hitman au grand spectacle d’un Uncharted. Malgré une histoire qui se repose un peu trop sur les acquis de la franchise et un système de combat qui favorise souvent la castagne pure au détriment de l’infiltration, le plaisir d’incarner 007 est bel et bien là. Entre des décors somptueux et des séquences d’action d’un dynamisme grisant, IO Interactive redonne enfin ses lettres de noblesse à la licence. Bref, une vraie réussite.

+

  • Marier Hitman avec Uncharted
  • Environnements grandioses
  • Durée de vie solide
  • Vivre dans la peau de 007 et faire ses débuts

  • Histoire sans grande surprise
  • Castagne trop efficace
8/10
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