Critique : Supergirl

The Woman of Yesterday

Fiche

Titre Supergirl Titre VO
Réalisateur Craig Gillespie Scénariste Ana Nogueira
Acteurs Milly Alcock, Matthias Schoenaerts, Eve Ridley, David Krumholtz, Emily Beecham, David Corenswet, Jason Momoa
Date de sortie01 / 07 / 2026 Durée1h 50
GenreAction, Aventure, Drame, Science-fiction Budget170 000 000 $

Lorsqu’un adversaire aussi impitoyable qu’inattendu menace son monde, Kara Zor-El, alias Supergirl, fait équipe à contrecœur avec un improbable compagnon et s’engage dans un périple intergalactique en quête de vengeance et de justice.

Critique

En adaptant le très estimé comic Supergirl: Woman of Tomorrow de Tom King et Bilquis Evely (je ne l’ai pas lu, mais j’avais l’intention de le faire après avoir vu le film), on pouvait dire que le DCU partait sur de bonnes bases. D’autant plus en collant Milly Alcock dans le rôle-titre, elle qui s’est distinguée dans House of the Dragon (que je n’ai pas vue non plus et que je n’ai pas l’intention de voir, boycott !).

Et n’oublions pas Lobo, avec ENFIN Jason Momoa dans le rôle de sa vie. Le tout avec Craig Gillespie aux manettes, lui qui s’est illustré en réalisant Moi, Tonya (2017) et Cruella (2021), et la novice Ana Nogueira à l’écriture. Une plume si prometteuse qu’on lui a déjà confié deux autres projets du DCU : les Teen Titans et la nouvelle Wonder Woman.

Un projet qui partait sur de bonnes bases

À la sortie de la salle, je ne vais pas dire que j’ai été surpris par le côté très moyennasse de Supergirl. Il faut dire que les retours de la presse et des spectateurs me l’avaient bien fait comprendre. En fait, le problème est assez simple à identifier. Supergirl ne propose rien, mais absolument rien, qui n’ait pas déjà été vu. C’est un melting-pot entre Les Gardiens de la Galaxie, Mad Max, True Grit et un soupçon de John Wick pour le côté « fallait pas emmerder le chien ! ».

Comme je l’ai dit, je compte bien lire le comic Woman of Tomorrow pour comparer, mais j’ai la forte impression qu’ils ont pris des libertés. Il est en effet impossible d’être soufflé par l’histoire tant elle n’offre aucune surprise. On se retrouve face à une origin story classique qui se contente d’aligner les scènes d’action, tout en laissant Milly Alcock faire sa Star-Lord (qui demande à ce qu’elle lui rende sa veste et son baladeur).

Le film ne réussit jamais à provoquer la moindre émotion, tant on ne laisse pas le temps à la narration de se poser, à l’exception de la sympathique séquence sur Argo City (le seul « morceau » – fallait que je fasse la blague – qui vaille vraiment le détour). Niveau humour, c’est du même acabit : Milly Alcock a beau se la jouer meuf torturée qui noie ses démons dans l’alcool tout en balançant des punchlines, elle n’a pas vraiment la dimension comique nécessaire pour faire rire.

Le DCU déjà en pilote automatique

Quant à Kara Zor-El, sans être antipathique, le personnage ne m’a pas spécialement marqué. La faute au nombre incalculable de conneries qu’elle enchaîne. C’est d’ailleurs un miracle qu’elle ne soit pas morte à la fin du film. S’y ajoute un choix très discutable, à la Man of Steel, qui amoindrit considérablement l’aura solaire de l’héroïne, faisant qu’elle ne mérite pas, à mes yeux, de porter ce costume. On notera au passage que l’autre choix discutable — le fait que Kal-El ait été envoyé par ses parents pour « conquérir » la Terre — est à nouveau souligné dans Supergirl.

Pour le reste, c’est le néant. La sidekick sort de True Grit mais sans l’aura de Hailee Steinfeld. Le vilain, quant à lui, semble être un simple figurant échappé de l’univers de Mad Max. L’écriture aurait dû faire un petit effort de ce côté-là, surtout que l’intrigue touche à un sujet assez lourd (The Furious l’a d’ailleurs bien mieux fait au final). Mais non, c’est tellement survolé que ça en devient anecdotique, et cela ne représente jamais une menace crédible.

Ce qui m’amène à un autre point : Supergirl ne réussit jamais à installer la moindre tension. Il faut dire que le scénario emploie tellement de procédés grossiers pour affaiblir Kara que cela en devient cringe.

Le DCU nous fait une Sony (et ça fait mal)

Reste alors Lobo. Je savais que son apparition serait courte, mais j’avoue que j’en attendais un peu plus. Au final, Jason Momoa est venu faire du Jason Momoa dans un (joli) cosplay de Lobo. À voir ce qu’ils en feront par la suite. En fait, le métrage manque cruellement de scènes iconiques, ce qui m’amène à mon dernier point.

Les effets spéciaux et les scènes d’action se contentent du minimum syndical, avec le fameux climax rendu ultra-laid par des fonds verts dégueulasses. Avec le recul d’une nuit, c’est assez dingue de constater à quel point je n’ai retenu aucune scène d’action, tant elles sont génériques.

En me relisant, je donne peut-être l’impression de dire que c’est une grosse merde. Ce n’est pas mauvais, mais ce n’est pas bon non plus. Et je dois reconnaître que j’attendais davantage de Supergirl qu’un vulgaire minimum syndical, digne d’une production Sony. Bref, un film de super-héros générique à ranger aux côtés de Kraven, Morbius et Blue Beetle.

Par , qui ne troquerait pour rien au monde sa place avec celle de James Gunn (ça sent doucement le destin à la Snyder).

Conclusion

Un film de super-héros générique à ranger aux côtés de Kraven, Morbius et Blue Beetle. On nous promettait un renouveau éclatant pour le DCU, mais si la nouvelle direction se contente de nous resservir la même soupe tiède avec un emballage différent, la franchise risque de retourner au frigo plus vite que prévu. Un beau gâchis pour un personnage qui méritait de voler bien plus haut.

+

  • La séquence d’Argo City
  • On ne s’ennuie pas

  • Une héroïne désacralisée
  • Un méchant anecdotique
  • Des scènes d’action génériques
  • Le calme plate rayon humour et émotion
  • Des fonds verts dégueulasses lors du climax
5/10
La bande-annonce VF
La bande-annonce VOST
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