Critique : Wonder Man

Macadam Wonder

Fiche

TitreWonder Man Titre VO
CréateurDestin Daniel Cretton, Andrew Guest
Acteurs Yahya Abdul-Mateen II, X Mayo, Zlatko Burić, Arian Moayed, Shola Adewusi, Demetrius Grosse, Béchir Sylvain, Kameron J. Meadows, Olivia Thirlby, Byron Bowers, Joe Pantoliano, Josh Gad, Ben Kingsley
Saison1 Nombre d’épisodes8
Date de sortie28 / 01 / 2026 Durée26 à 36 mn
GenreAction, Aventure, Comédie, Fantastique, Science-fiction ChaîneDisney+

Jeune acteur ambitieux, Simon Williams peine à faire décoller sa carrière. En croisant par hasard Trevor Slattery, un acteur chevronné, Simon découvre que le légendaire réalisateur Von Kovak va tourner le remake du film de superhéros “Wonder Man”. Ces deux acteurs, chacun à un tournant différent de sa carrière, vont tout faire pour décrocher des rôles dans ce film qui pourrait changer leur vie, tout en faisant découvrir aux téléspectateurs les coulisses de l’industrie du spectacle.

Critique

Nouveau venu dans la catégorie Marvel Spotlight du MCU, une gamme dédiée aux séries indépendantes (même si elles font partie de l’univers étendu). En gros, t’as pas besoin d’avoir vu les 30 films et 20 séries du MCU pour comprendre ce qui se passe dans Wonder Man. M’enfin, quand même : y a Trevor Slattery, alias le « méchant » d’Iron Man 3 (2013) qui a eu droit à son court-métrage Longue vie au roi, de retour avec un best friend dans Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux (2021). Du coup, l’idée du truc 100% indépendant, mouais… Mais en soi, comme toutes les séries Marvel, celle consacrée au super-héros Wonder Man tient très bien toute seule.

Si Trevor Slattery est de l’aventure, c’est parce que Destin Daniel Cretton a beaucoup apprécié le personnage (et son acteur, Ben Kingsley) et voulait faire quelque chose avec lui. Du coup, l’idée de le coller avec l’acteur super-héroïque Simon Williams était trop belle pour être zappée. Paf, on a un duo d’acteurs, façon buddy movie, tentant de percer dans le milieu hollywoodien du MCU. Bref, Wonder Man est la deuxième série taguée Marvel Spotlight après Echo (2024). Et comme pour cette dernière, tous les épisodes sont sortis le même jour.

Entre Shang-Chi et Community

Avant d’attaquer Wonder Man, regardons le profil de ses créateurs. S’il est inutile de présenter le réalisateur Destin Daniel Cretton, qui a fait ses preuves avec l’excellent premier film consacré à Shang-Chi et qu’on retrouvera à la réalisation de Spider-Man: Brand New Day, Andrew Guest, lui, est bien moins connu. À condition de ne pas être familier de l’univers des sitcoms.

En effet, le bonhomme a été scénariste sur 30 Rock, Brooklyn Nine-Nine et Community (dont il a écrit deux des meilleurs épisodes, le S2.E14 Advanced Dungeons & Dragons et le S2.E23 A Fistful of Paintballs, réalisés par un certain… Joe Russo – small world). Il a également écrit le scénario du très attendu film Community avec Dan Harmon. À noter qu’il n’en est pas à ses premiers travaux avec Marvel Studios, car il a bossé comme producteur consultant sur la série Hawkeye (2021) — il avait même planché sur une saison 2 avant qu’elle ne soit annulée. Il est également crédité pour avoir fourni du matériel littéraire additionnel au scénario du film Les 4 Fantastiques : Premiers Pas (2025). Toutefois, Wonder Man est son premier grand projet chez eux.

Marvel (s’offre son The) Studios

Ce qui détonne avec la nouvelle série de Marvel, c’est son ton qui adopte un style réaliste, presque documentaire. Cela lui confère un aspect terre-à-terre pas désagréable. Il est aussi difficile de ne pas penser à l’excellente série The Studio, qui revient elle aussi dans les coulisses des productions hollywoodiennes dans un style similaire. À la différence que là où The Studio s’intéresse à la prod, Wonder Man suit le quotidien de deux acteurs : Simon Williams qui tente de percer et un has-been, Trevor Slattery. Et il y a des super-pouvoirs aussi. Bref, deux faces d’une même histoire, même s’il faut reconnaître que le ton est ici moins comique et satirique. Cela permet des moments plutôt cocasses, comme le tournage de l’épisode d’American Horror Story et des guests stars surprises, sans oublier le petit tacle à Netflix.

Le tout avec des références et des anecdotes à la pelle. Au point d’impliquer deux acteurs ayant fait leurs preuves dans l’univers hollywoodien dans leurs propres rôles : Josh Gad, alias la voix d’Olaf dans La Reine des Neiges, et Joe Pantoliano, le traître de Matrix (1999). J’étais plié de voir à quel point Bébé part en vadrouille (1994) est mis en avant dans sa maison. Il faut dire, n’en déplaise à Simon Williams, que le bonhomme est hilarant dedans. Quant à Josh Gad, il est au cœur de l’épisode le plus étonnant, celui dédié à Doorman. Un épisode m’ayant donné l’impression de voir du Atlanta revisité à la sauce Marvel. Bref, un bijou.

La bromance du MCU

Par contre, si vous êtes venus pour voir une série super-héroïque, il y a de fortes chances que vous soyez déçus : l’aspect super-héroïque est largement au second plan. Il sert d’épée de Damoclès sur Simon tout en apportant une sous-intrigue intéressante pour Trevor. Wonder Man est avant tout un The Studio dans le MCU focalisé sur l’amitié entre Simon et Trevor ; ce n’est pas anodin si le classique Macadam Cowboy (1969) apparaît à une étape charnière de leur relation. Les deux acteurs partagent une superbe alchimie. Une telle alchimie que je n’ai envie que d’une seule chose : les revoir. Et quel kif, ce retour en force de Trevor dans le MCU alors qu’on aurait pu croire le personnage aux oubliettes après Iron Man 3.

Reste que quand il s’agit d’invoquer les pouvoirs, la série est plus que convaincante quant à la puissance de Simon Williams. Ces moments sont rares, mais excitants du fait de la représentation de ses capacités.

Quelques pensées

⚠️ Petite partie spoiler où je balance pêle-mêle quelques pensées ⚠️

  • L’intrigue autour du Damage Control est génialement rageante. L’agent Cleary, vu dans Spider-Man : No Way Home et Miss Marvel, est superbement détestable et j’ai particulièrement apprécié le coup de pression de son boss pour remplir les prisons de haute sécurité (voilà un rappel glaçant de la réalité).
  • Les références de Wonder Man sont kiffantes, on a même droit à des clins d’œil aux autres œuvres du MCU comme l’inévitable Rogers : The Musical ou Zaniac (cf. la série Loki).
  • Christopher Nolan existe bel et bien dans le MCU.
  • Malgré plusieurs années et des dizaines d’œuvres, je suis toujours ravi de voir que le MCU réussisse à se renouveler.
  • Simon est-il un mutant ?
  • La présentation du costume de Wonder Man est un grand moment, même si tout est traité de façon sobre.
  • Mon petit cri de surprise sur le passage où le poing de Simon traverse le visage de son comparse de jeu.
  • Où est Josh Gad ?
  • Pourquoi n’a-t-on pas eu droit à « Simon & Trevor reviennent dans Avengers: Doomsday » ? Snif.

Par surpris d’avoir été autant charmé par le duo Simon et Trevor.

Conclusion

Wonder Man réussit son pari de proposer quelque chose de différent dans l’univers pourtant déjà bien dense du MCU. Bref, Destin Daniel Cretton et Andrew Guest nous livrent un petit miracle d’équilibre entre la satire d’Hollywood et l’histoire d’une amitié mémorable. Simon et Trevor, cœur avec les doigts.

+

  • Le duo Simon / Trevor
  • La satire d’Hollywood
  • L’aspect visuel
  • L’étonnant épisode Doorman
  • Les références

  • Ils reviennent quand ?
9/10
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