Critique : Aucun homme ni dieu

Revenir à la nature

Fiche

TitreAucun homme ni dieuTitre VOHold the Dark
RéalisateurJeremy SaulnierScénaristeMacon Blair
ActeursJeffrey Wright, Alexander Skarsgård, James Badge Dale, Riley Keough
Date de sortie28 / 09 / 2018 (Netflix)Durée2h 05
GenreAventure, Drame, Mystère, ThrillerBudget

Dans ce thriller psychologique poignant situé au fin fond d’un Alaska sauvage et hostile, un spécialiste des loups à la retraite reprend du service pour enquêter sur la disparition d’un enfant.

Critique

Aucun homme ni dieu, Hold the Dark en VO, est le quatrième film de Jeremy Saulnier qui s’est illustré en livrant Blue Ruin et l’excellent Green Room avec le regretté Anton Yelchin mort tragiquement, écrasé par sa propre voiture. Pour son nouveau long-métrage, le réalisateur s’est attaché les services d’un bon trio d’acteurs : Jeffrey « Casino Royale » Wright, Alexander « Tarzan » Skarsgård et James « Iron Man 3 » Badge Dale.

La scène du minigun de T2 interdite aux moins de 16 ans

Aucun homme ni dieu est l’adaptation du roman de William Giraldi et prend le parti d’un faux rythme lent (il se passe quand même beaucoup de choses). Dès lors, ton appréciation du film dépendra très fortement de ta capacité à s’y conditionner. Pour ma part, j’ai été totalement pris et j’ai adoré. Par contre, je peux comprendre qu’on le trouve chiant. À l’exception, tout de même, d’une séquence de fusillade survenant à la moitié du film. Cette scène, c’est du lourd. Je m’étais cru devant la séquence du minigun de Terminator 2, mais en interdit aux moins de seize ans. Si tu t’emmerdes et que tu as envie d’arrêter, zappe au moins jusqu’à cette scène. Un grand moment de cinéma d’action.

Étouffé par la nature

Passons maintenant à l’ambiance. J’ai adoré l’aspect réaliste et l’emplacement atypique (l’Alaska, même si tourné au Canada). J’ai ressenti la dureté des conditions de vie tout comme l’aspect sauvage des humains qui y vivent. Des lieux reculés où la nature est encore la maîtresse. Le réalisateur et son équipe soulignent vraiment cet aspect au point que ça devienne à la fois inconfortable et ludique. J’ai aussi kiffé le passage à bord de l’avion biplace. On ressentait vraiment l’aspect écrasant de Dame Nature.

À souligner tout de même que j’ai toutes les conditions pour vivre une séance digne du cinéma. Un grand écran, des haut-parleurs et… du Dolby Vision (la qualité de l’image est vraiment sublime). En effet, Aucun homme ni dieu est un film cinématographique. Avec Le bon apôtre, c’est bon signe pour le service de streaming de tendre vers cette qualité. Parce que les comédies d’Adam Sandler, c’est sympa, mais bon.

Le spectateur mène l’enquête

Le titre VO est un indice. On pourrait le traduire par « retenir la noirceur ». C’est important de l’avoir en tête durant le visionnage, car la narration n’explicite pas verbalement. Les détails sont dans l’image. Il se regarde comme si nous, nous étions des détectives. C’est donc à nous de distinguer le fin mot de l’histoire.

Pour le coup, avec Medora et Vernon Slone incarnés respectivement par Riley Keough et Alexander Skarsgård, j’ai trouvé ça fascinant. Il faut dire que les deux ont des comportements pour le moins atypiques. C’est via le héros joué par Jeffrey Wright qu’on apprend à les découvrir petit à petit. Chaque minute qui passe fait grandir l’aura de Vernon, d’ailleurs Alexander Skarsgård livre une prestation imposante, jusqu’à être frappé par le final. Franchement, je ne m’y attendais pas.

Le mystère

Si personnellement, j’ai réussi à saisir les enjeux et la signification de la fin grâce aux indices parsemés à droite et à gauche. Un petit éclaircissement ne fait pas de mal. Grâce au livre.

Attention, ce paragraphe contient d’énormes spoilers…

J’ai lu sur le net que dans le roman, il est explicité que Medora Slone et Vernon Slone sont des jumeaux. C’est pour ça que Medora dit qu’elle a toujours connu Vernon. Ainsi, leur enfant est le fruit d’un inceste n’ayant rien à envier à Game of Thrones. La fin permet aussi d’achever de comprendre les motivations des Slone. Ils sont plus proches du loup que de l’homme. Saulnier a laissé pas mal d’indices en ce sens : les masques portés par Medora et Vernon, le meurtre de l’enfant comme les loups l’ont fait au début, leur quasi-mutisme. Au final, Medora et Vernon rejoignent la nature. Embrassent le Dark. Tandis que Russell Core revient à la civilisation, à l’humain et sa fille.

Par encore captivé par l’ambiance, le15 octobre 2018.

Conclusion

Aucun homme ni dieu ne plaira pas à tout le monde, ça, c’est sûr. Film d’enquête misant davantage sur l’ambiance (superbement écrasante) et les images plutôt que les mots, il faudra nous-même analyser les indices. À noter deux choses : une ahurissante scène d’action renvoyant à celle avec le minigun dans Terminator 2 mais en interdit aux moins de seize ans et un Alexander Skarsgård captivant.

+

  • Cette incroyable scène d’action
  • Ambiance mystérieuse marquée par la nature
  • Mener l’enquête nous-même
  • Monstrueux Alexander Skarsgård

  • Parfois un peu lent
8/10

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A propos de l'auteur : (2954 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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