Le body-horror s’invite dans le DCU
Fiche
| Titre | Clayface | Titre VO | – |
|---|---|---|---|
| Réalisateur | James Watkins | Scénaristes | Mike Flanagan et Hossein Amini |
| Acteurs | Tom Rhys Harries, Naomi Ackie, David Dencik, Max Minghella, Eddie Marsan | ||
| Date de sortie | 21 / 10 / 2026 | Durée | 1h 48 |
| Genre | Horreur, Science-fiction, Thriller | Budget | 40 000 000 $ |
L’ascension fulgurante de Matt Hagen, de gamin des rues de Gotham à star hollywoodienne, est brutalement interrompue lorsqu’un baron du crime le laisse atrocement défiguré. Abandonné de tous et n’ayant plus rien à perdre, Matt se tourne vers un traitement expérimental qui lui rend miraculeusement son apparence… mais altère profondément sa perception de la réalité. Il sombre alors dans une spirale destructrice, consumé par un irrépressible désir de vengeance.
Critique
Pour son troisième film, on peut dire que le DCU prend un virage pour le moins étonnant en proposant un film d’horreur, d’autant plus qu’il rentre dans la sous-catégorie body-horror (qui n’est clairement pas pour tout le monde). Toutefois, le projet ne date pas d’hier. Déjà pour le DCEU, Mike Flanagan avait fait part de son souhait de faire un film Clayface inspiré de la série animée Batman (1992–1995), plus précisément de l’épisode en deux parties Feat of Clay (Bas les masques en VF) qui raconte l’origine du Clayface de Matt Hagen (le deuxième Gueule d’argile des comics). Mais ça n’a rien donné.
Puis, quand DC Studios est né, Mike Flanagan est revenu à la charge et, cette fois-ci, ça s’est fait. Par contre, le scénariste étant engagé sur la série Carrie et le film L’Exorciste : Martyrs, il a dû se résoudre à passer la main concernant la réalisation. C’est l’habitué du registre horrifique James Watkins (Eden Lake, La Dame en noir, Speak No Evil) qui a endossé la responsabilité. Hossein Amini, avec qui il a co-créé la série McMafia (2018), a repris le scénario de Mike Flanagan.
Voilà pour l’introduction, mais avant de passer à la critique, un petit mot concernant la continuité dans le DCU. En effet, Clayface étant déjà apparu dans la série animée Creature Commandos, on pouvait se poser des questions. Premièrement, le Clayface du film du jour est bien celui de Creature Commandos. Deuxièmement, le film se déroule avant la première saison de cette même série (2024).
Le DCU s’injecte de la Substance
Difficile de ne pas penser au film de Coralie Fargeat, The Substance (2024). On retrouve cette même idée d’une figure publique en proie à des troubles par rapport à son image (la vieillesse pour le personnage de Demi Moore, la défiguration pour Matt Hagen) qui a recours à une expérience scientifique pour y remédier. Évidemment, le corps et le mental partent sévèrement en couilles, sinon ce n’est pas marrant. Bref, du body horror dont le représentant le plus célèbre est sans doute La Mouche (The Fly, 1986) de David Cronenberg.
La particularité de Clayface est de se situer dans le DCU, ce qui permet d’avoir du Gotham et du Coast City (la ville de Hal Jordan alias Green Lantern). Toutefois, le film semble vraiment vouloir évoluer en marge. Par exemple, Batman n’est même pas mentionné alors qu’il y a quand même des mafieux dans l’histoire. Je me suis même demandé (pour de faux) ce que foutait le plus grand détective du monde dans cette histoire de meurtres.
Boue en feu
Quant au film en lui-même, mis à part le package DCU, il n’a rien de bien original, mais demeure tout de même bien modelé (oh, oh, jeu de mots avec l’argile) grâce à la très bonne performance de Tom Rhys Harries dans le rôle principal. Il y a un petit côté tragédie grecque qui permet d’avoir beaucoup d’empathie pour le personnage et donc de l’accompagner dans cette descente aux enfers, doublée d’une histoire de vengeance jouissive accompagnée d’une punchline qui m’a rappelé Man on Fire de Denzel Washington.
Rayon body horror, le film n’ira pas aussi loin que The Substance (difficile de le faire), mais livre tout de même des morceaux marquants avec, comme figure de proue, l’ultime forme qui rend honneur au Clayface de la série animée, et que j’avais en jouet #enfantdesannées90. Bref, ça m’a fait plaisir de voir qu’ils n’ont pas essayé d’édulcorer la violence. Mieux, certains plans sont plutôt jolis. J’ai en tête celui en mode ombre chinoise alors que Clayface massacre un mafieux.
Pour finir, petite anecdote : Aaron Paul de Breaking Bad est dans le film en tant que père de Matt Hagen, mais son rôle a tellement été coupé qu’il se résume à une apparition fugace. Ça dure à peine quelques secondes, en tant que « costume » de Clayface.
PS : pas de scène post-générique.
Par Christophe Menat, qui n’est pas étonné de voir de l’horreur aussi vite dans le DCU vu les premiers films de James Gunn.
Conclusion
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Hors de son package DCU, Clayface n’invente rien mais il est bien modelé. Entre la perf de Tom Rhys Harries, la descente aux enfers façon tragédie grecque, le body-horror sale comme on aime et la vengeance bien jouissive avec une punchline digne de Man on Fire, le contrat est rempli. Et pour l’enfant qui a grandi avec la série animée, retrouver l’ultime forme du monstre, ça fait sacrément plaisir. |
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| 7/10 | |