Critique : Carrie – Saison 1

Flanagan modernise le mythe

Fiche

TitreCarrie Titre VO–
CréateurMike Flanagan
Acteurs Summer H. Howell, Samantha Sloyan, Siena Agudong, Alison Thornton, Joel Oulette, Josie Totah, Arthur Conti, Thalia Dudek, Amber Midthunder, Matthew Lillard
Saison1 Nombre d’épisodes8
Date de sortie07 / 10 / 2026 Durée48 à 59 mn
GenreDrame, Horreur ChaîneAmazon Prime Video

Après la mort soudaine et prématurée de son père, Carrie est propulsée dans l’univers impitoyable d’un lycée public et doit faire face à un scandale de harcèlement viral qui secoue sa communauté, à la pression incessante et à la cruauté des réseaux sociaux tandis qu’en parallèle, un mystérieux pouvoir de télékinésie s’éveille en elle.

Critique

Pour les 50 ans de la première adaptation du roman de Stephen King publié en 1974, hop, une cinquième adaptation après le film culte de Brian De Palma (Carrie au bal du diable, 1976), Carrie 2 : La Haine (1999), le téléfilm Carrie (2002, prévu à l’origine pour être le pilote d’une série, mais la chaîne a entubé les producteurs afin d’obtenir peinard un téléfilm à moindres frais) et Carrie, la vengeance (2013) avec Chloë Grace Moretz.

Sauf que cette fois-ci, c’est Mike Flanagan qui s’y colle pour sa quatrième adaptation d’un Stephen King après Jessie (2017), Doctor Sleep (2019) et l’hypnotisant Life of Chuck (2024). Par contre, pas de nouveau film, mais une série de huit épisodes d’une durée tournant autour de 50 minutes. Cocasse quand on sait que Carrie est, avec 199 pages, l’un des romans les plus courts de Stephen King.

Mais Flanagan, dont j’attends toujours l’ambitieuse adaptation de La Tour Sombre, a une histoire en tête. Une histoire qui ne tient pas en une mini-série, mais bien en une série de trois saisons. Dès lors, on comprend vite que l’intrigue d’origine ne tiendra que sur la première saison avant de partir vers de nouveaux horizons.

Carrie Red

Pour apporter un peu de nouveauté à cette adaptation, Flangan décide de transposer les événements à notre époque tout en étant en phase avec l’un des maux de notre société : le harcèlement en ligne. C’est clairement l’un des points qui m’a le plus épaté dans cette version. Tout sonne terriblement juste (évitant même toute leçon moralisatrice), même si je n’ai pas pu m’empêcher de me demander pourquoi la police n’arrive pas à remonter jusqu’au créateur du compte problématique. De toute façon, c’est simple, la police ne semble jamais impliquée.

Le fait d’avoir une durée plus longue permet également d’étoffer certains aspects, même si je regrette que ça s’étire parfois un peu trop . Ainsi, les personnages secondaires gagnent en profondeur, notamment celui de Chris Hargensen. Non seulement le personnage est très bien écrit (avec une facette psychologique intéressante sur le pourquoi de ses méfaits), mais en plus, son interprète, Alison Thornton, est phénoménale. Le genre de personnage que j’ai adoré détester tout en ayant de l’empathie pour elle (la réplique de la mère de Carrie à la fin de la réunion pour tenter d’apaiser les choses m’a déchiré le cœur). Franchement, très belle surprise sur ce point.

« J’existe, putain ! »

Mais tout cela ne pouvait fonctionner qu’à condition que Carrie elle-même fonctionne. J’ai adoré la manière dont Flanagan a réécrit son background de manière à renforcer sa confrontation brutale avec le monde moderne. Summer H. Howell est magnétique en Carrie, réussissant à rendre honneur au personnage sous toutes ses facettes, de l’enfant naïf (tout en le justifiant de manière habile) jusqu’à la créature remplie de colère. Le tout avec des scènes d’humiliation assez marquantes.

Si la fameuse scène de la douche est assez sommaire, c’est l’accumulation qui réussit à faire monter la colère envers Chris. Quant à la classique explosion finale, le résultat reste d’une efficacité redoutable, surtout qu’un grand soin est apporté aux moments spectaculaires (on ne voit presque pas les trucages). Mais c’est surtout la scène de danse sur Shy Girl de Haute & Freddy (merci X-Ray) devant les flammes qui m’a subjugué, notamment en débutant avec ce superbe plan où la voiture de police croise Carrie en train de danser. Le tout s’achevant sur un hommage à Brian De Palma.

On pourrait également parler des autres rôles, notamment celui de la mère, mais je n’ai rien de particulier à ajouter, donc je vais passer outre.

Attention, spoilers !

Au-delà de l’adaptation du roman Carrie, Mike Flanagan en profite également pour creuser un point brièvement abordé dans l’œuvre : la présence d’autres êtres doués. Cela passe par des introductions captivantes entre Jeanne d’Arc, la femme qui va voir le voyant et la jeune fille qui n’arrive pas à se réveiller, le tout lié à une mystérieuse école entrevue.

Quand on sait que les différents romans de Stephen King sont connectés entre eux (cf. La Tour Sombre), cela coule de source. Mais il semble également donner à sa femme, Kate Siegel, un rôle important pour la suite. Et comme entrée en matière, quelle séquence absolument glaçante que celle où elle tue, les mains dans les poches, la mère de Carrie ! À noter que Siegel réalise également deux épisodes de la série, le premier et le troisième.

Par , très curieux de voir où la suite va nous emmener.

Conclusion

Cette première saison de Carrie par Mike Flanagan est une excellente surprise ! Il a réussi le pari de moderniser une histoire qu’on pensait connaître par cœur tout en posant des bases excitantes pour la suite. Coup de cœur pour les performances de Summer H. Howell et Alison Thornton.

+

  • La modernisation réussie du mythe Carrie
  • Chris Hargensen réinventée
  • Summer H. Howell au top

–

  • S’étire parfois un peu trop
8/10
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