Critique : Captives

Affiche française pour le film Captives réalisé par Atom Egoyan avec Ryan Reynolds
Partir bien, finir mal

Fiche

Titre:Captives
Réalisateur(s):Atom Egoyan
Scénariste(s):Atom Egoyan, David Fraser
Acteurs:Ryan Reynolds, Scott Speedman, Rosario Dawson, Mireille Enos, Kevin Durand, Alexia Fast, Peyton Kennedy, Bruce Greenwood
Titre original:The CaptiveDate de sortie:07 / 01 / 2015
Pays:CanadaBudget:
Genre:ThrillerDurée:1h 52

Huit ans après la disparition de Cassandra, quelques indices troublants semblent indiquer qu’elle est toujours vivante. La police, ses parents et Cassandra elle-même, vont essayer d’élucider le mystère de sa disparition.

Photo de Captives
Je n’en reviens pas, chérie. Malgré tous les comic movies daubesques que j’ai faits, ils vont quand même me laisser faire Deadpool.

Critique

Avec un joli casting, Captives parle de pédophilie en s’intéressant à ces réseaux qui se forment dans l’ombre et dont le niveau technologique pose bien des problèmes aux forces de l’ordre. Une réussite au niveau de Trust ou La Chasse, deux autres films qui ont osé s’attaquer à la pédophilie ?

Il n’est pas difficile de voir ce qui a motivé les acteurs à s’engager sur le projet, car le scénario est une jolie réussite. Au lieu de suivre les évènements chronologiquement, Atom Egoyan et David Fraser se sont amusés à supprimer toute linéarité, ainsi, on suit les personnages dans le temps. Néanmoins, pour éviter de larguer le spectateur, la disparition de Cassandra sert toujours de fil conducteur. C’est ainsi qu’on arrive à identifier où on se situe dans le temps en prenant comme point de départ l’instant T où Cassandra a disparu. J’ai bien aimé cette prise de risque, même si c’est un peu confus au départ, car d’un, c’est original, et de deux, ça confère au film un filtre mystérieux assez captivant (à la Twin Peaks). Bien aidé par l’atmosphère enneigée du film qui donne une sensation de solitude étouffant les personnages et par extension, le spectateur. Seuls, perdus dans des paysages enneigés, des âmes en peine tentent de retrouver Cassandra.

« Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. »

Néanmoins, les qualités peuvent s’arrêter là tant c’est moyen pour le reste. Les acteurs sont loin de livrer des prouesses, se contentant presque de réciter leurs lignes de dialogues. Je les ai déjà vus bien plus inspirés. La seule exception du lot est Kevin Durand dont la transformation physique est surprenante (bon, ce n’est pas Bale, mais c’est pas mal du tout). Comme expliquer cela ? Je pense que c’est assez facile. Le réalisateur n’arrive jamais à se mettre au niveau du récit. Si le montage est impeccable, la réalisation est faiblarde. Donc, j’imagine que les acteurs ont dû le sentir. Ou alors, ils ont été mal dirigés, ça marche aussi comme excuse.

Toutefois, le pire ne concerne pas ce point. Le vrai ratage du film concerne sa deuxième partie qui se perd dans des délires avant de s’achever avec une troisième partie abrupte comme si le réalisateur était pressé d’en finir. Tac, tac, tac, et boum, générique de fin. On a presque envie de dire : « Mais vous n’avez pas oublié une partie, là ? ». Pour revenir aux délires, si l’idée est bonne, on pense par exemple à l’excellent The Secret de Pascal Laugier, la mise en pratique donne l’impression d’un truc farfelu. Le tout au cinéma, c’est de faire croire que c’est réel. Ici, ce n’est clairement pas le cas.

Par Christophe Menat, le .

Photo de Captives
Sérieusement ? Encore Ryan Reynolds dans un comic movie. Sérieusement ? Rassurez-moi, il ne joue pas dans la série Daredevil ?

Conclusion

Un thème intéressant et une idée de départ captivante, Captives avait les ingrédients pour accoucher d’un excellent thriller, à la Prisoners. Malheureusement, le film se tire une balle dans le pied en n’arrivant jamais à rendre son intrigue réaliste et finit par s’achever avec un final bouclé à l’arrache.

+

  • Atmosphère
  • Récit non linéaire

  • Intrigue farfelue
  • Le climax
5/10
Affiche de Captives
Affiche de Captives

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