Critique : Doctor Sleep

Affiche française du film Doctor Sleep écrit et réalisé par Mike Flanagan avec Ewan McGregor

King et Kubrick fusionnent

Fiche

TitreDoctor SleepTitre VO
RéalisateurMike FlanaganScénaristeMike Flanagan
ActeursEwan McGregor, Rebecca Ferguson, Kyliegh Curran, Jacob Tremblay
Date de sortie30 / 10 / 2019Durée2h 32
GenreDrame, Fantastique, Horreur, ThrillerBudget45 000 000 $

Encore profondément marqué par le traumatisme qu’il a vécu, enfant, à l’Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu’elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Nœud Vrai qui se nourrissent des dons d’innocents comme elle pour conquérir l’immortalité. Formant une alliance inattendue, Dan et Abra s’engagent dans un combat sans merci contre Rose. Face à l’innocence de la jeune fille et à sa manière d’accepter son don, Dan n’a d’autre choix que de mobiliser ses propres pouvoirs, même s’il doit affronter ses peurs et réveiller les fantômes du passé…

Critique

Oh, pour une fois, je vais faire une critique d’un film dont j’ai lu le bouquin avant. Ce n’est pas souvent que ça arrive. Pour le coup, le bouquin Doctor Sleep ne m’a pas spécialement marqué. Je me rappelle juste de la très bonne première partie. Le reste n’est qu’un vague souvenir flou. Autant dire que ce n’est pas bon signe.

Un spécialiste à la barre

Pour son adaptation cinématographique, on retrouve le désormais habitué Mike Flanagan. Habitué au genre entre Pas un bruit (2016), Ne t’endors pas (2016), Ouija : Les origines (2016, bordel, trois films la même année) sans oublier la série Netflix, The Haunting of Hill House (2018) et aussi habitué à Stephen King, en effet, il a réalisé, toujours pour Netflix, l’adaptation du roman Jessie. Bref, le mec est chaud patate pour adapter Doctor Sleep surtout que Shining est un de ses films préférés.

Problème. Comment faire une suite au film de Stanley Kubrick sans trahir le roman de Stephen King ? Pour ceux qui ne sont pas au courant, le maître de l’horreur n’aime pas du tout l’adaptation de Kubrick. Mais ça, c’est le détail optionnel. Celui important, c’est que le film et le roman ne finissent pas pareil. Dans le roman, l’hôtel Overlook où se déroulent les mésaventures du héros Danny Torrance finit cramé alors que dans le film de Kubrick, il s’en sort impeccablement. Pour le coup, Mike Flanagan, avec l’accord du maître King, a adapté le roman en le transformant en suite du film de Kubrick.

Entre deux K

Pour le coup, j’ai beaucoup aimé la grosse modification qu’il a faite. Car justement dans la suite écrite par Stephen King, il ne restait pas grand-chose de Shining. On part vraiment sur un truc limite totalement à part avec même des nouveaux ennemis. Que je n’ai pas trouvé spécialement marquants, en plus. C’est d’ailleurs un des reproches que je faisais au roman. Heureusement pour moi, Flanagan a changé le dernier acte mollasson d’origine pour un truc bien plus cool. Du moins, pour les fans. En plus, toujours pour les fans, il a fait un easter egg de la Tour Sombre donc je suis plus que ravi.

Sinon, le film ? Ben, déjà, la comparaison avec le Shining de Kubrick, on laisse tomber direct tant l’écart est monstrueux entre les deux. Je zappe donc l’exercice.

Pas un chef d’oeuvre, mais efficace

Mike Flanagan compose une réalisation assez sommaire marquée par un rythme rapide. Ce qui est à double tranchant. D’un côté, on ne s’ennuie pas, car il se passe plein de trucs. De l’autre, ben, niveau ambiance, ce n’est pas trop ça. C’est dommage que Flanagan ne se soit pas posé de temps en temps pour installer de l’épouvante ou de l’émotion. Le plus amusant, c’est que ça dure deux heures et demie, mais n’empêche que j’ai eu l’impression que tout était rushé.

À part ça, Doctor Sleep est plutôt cool. Il y a des bons passages horrifiques notamment un vraiment mémorable avec Jacob Tremblay (décidément, il ne fait pas bon d’être un ado en ce moment, cf. Terminator: Dark Fate). Mike Flanagan met également en scène une séquence qui m’a épaté pour illustrer l’utilisation du Shining par la méchante incarnée par Rebecca Ferguson. J’ai vraiment adoré ce passage.

Ah merde, j’ai oublié de parler d’Ewan McGregor. Euh, il fait le taf, quoi. Rien d’exceptionnel, mais de l’efficace… … … Ouais, autant ne pas en parler.

Par chaud pour regarder le Jessie de Flanagan.

Conclusion

Avec Doctor Sleep, c’est une des rares fois où j’ai trouvé l’adaptation cinématographique supérieure au matériau d’origine. Sans atteindre les sommets du chef d’œuvre de Stanley Kubrick, Mike Flanagan livre tout de même une bobine efficace avec des utilisations excellentes du Shining, deux passages horrifiques mémorables et du fan service qui fait plaisir. Bref, une bonne péloche horrifique.

+

  • Deux passages horrifiques vraiment cool
  • Changement du dernier acte par rapport au roman
  • On s’emmerde jamais
  • Fan service

  • Trop rushé, aurait mérité de se poser pour une ambiance plus marquante ou plus d’émotion
7/10

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