Critique : The Boys – Saison 5 – Final

Telle est l’étrange voie du trône

Fiche

TitreThe Boys Titre VO
ShowrunnerEric Kripke
Acteurs Karl Urban, Jack Quaid, Antony Starr, Erin Moriarty, Jessie T. Usher, Laz Alonso, Chace Crawford, Tomer Capon, Karen Fukuhara, Nathan Mitchell, Colby Minifie, Cameron Crovetti, Susan Heyward, Valorie Curry, Jeffrey Dean Morgan
Saison5 Nombre d’épisodes8
Date de sortie20 / 05 / 2026 Durée61 à 66 mn
GenreAction, Drame, Policier, Science-fiction ChaîneAmazon Prime Video

Le Protecteur contrôle l’Amérique par la terreur fasciste et l’emprisonnement des contestataires au sein des camps de la liberté. Butcher, Hughie et les Boys organisent une résistance désespérée et font face à des obstacles insurmontables afin de stopper son règne tyrannique.

Critique

Après une quatrième saison décevante, je dois bien avouer que je comptais beaucoup sur cette ultime saison pour quitter The Boys sur une bonne note, et même, soyons fous, sur une excellente note. Malheureusement, la série phare de Prime Video a suivi la même voie que ses concurrentes : Stranger Things chez Netflix et Game of Thrones du côté de HBO. Comme dirait un Mandalorien : telle est la voie !

Des affiches d’anthologie pour une fausse promesse

La plus grande erreur de la série est sans doute à attribuer à son marketing, qui a balancé des affiches proclamant une apocalypse à venir pour faire monter la hype à son maximum. Et ne parlons même pas du dernier visuel sorti avant le dernier épisode qui renvoie directement aux comics en montrant Butcher, son pied-de-biche à la main, face à Homelander (alors à la tête de la Maison-Blanche) soutenu par une légion de super-héros.

Certes, cela s’inscrit dans une vieille tradition consistant à s’inspirer des images les plus marquantes des comics, mais avec une telle promesse, la déception était inévitable. D’autant plus que les interviews du showrunner Eric Kripke, aux commandes depuis le début, indiquaient clairement que ce n’était pas la direction qu’il souhaitait emprunter. Ce dernier préférait se concentrer sur la montée du fascisme, nous plongeant à l’aube d’une sorte d’Allemagne nazie avec ses camps de détention et sa manipulation des masses. Un parallèle d’autant plus marquant que certains événements ont été spoilés par la réalité moderne, à l’instar de la statue en or d’Homelander qui fait écho à celle de Donald Trump, ou la propension de ce dernier à se prendre pour Jésus.

Pourquoi pas ? Sauf qu’encore une fois, à la manière des saisons précédentes, on se tape une intrigue qui tourne en rond pour éviter à tout prix de conclure un arc qui aurait dû s’arrêter deux saisons plus tôt. Naturellement, quand vient le moment d’accélérer, toutes les situations s’enchaînent sans la moindre difficulté pour mener au combat final. Alors que les Boys galéraient comme des damnés pour atteindre le Protecteur, le dernier épisode leur déroule presque le tapis rouge.

L’ombre de Stranger Things

À cela s’ajoute cette désagréable sensation de regarder une série qui se déroule à huis clos, comme si l’intrigue ne concernait qu’une petite ville et non le monde entier. Dès lors, le sentiment d’ampleur est totalement absent, ce qui se confirme par un affrontement final sans inspiration rappelant celui d’Hérogasme. Quand on a en tête la sublime affiche promotionnelle, ça fait mal. J’ai bien l’impression que le budget s’est effondré au fil des saisons face aux salaires des acteurs.

Alors, certes, on nous offre toujours de petites doses de gore, mais elles sont tellement calibrées en mode cahier des charges qu’elles n’ont plus aucun impact. Quant aux différentes morts, sans surprise, elles sont toutes prévisibles. Reste un unique moment d’émotion pour l’un des Boys et pour le moment bien marrant en mode C’est la fin (2013) sans oublier le tacle à Elon Musk, mais pour le reste, j’ai été étonné de n’en avoir strictement rien à foutre. C’est exactement la même sensation que devant le final de Stranger Things : le sentiment qu’il est grand temps de boucler l’histoire prend le pas sur tout le reste.

Rangez les écrans, ouvrez les comics !

Au final, je ne retiendrai de The Boys que ses deux excellentes premières saisons portées par un duo d’acteurs géniaux, Karl Urban et Antony Starr. Le reste ne sera que le souvenir d’une série ayant subi le même syndrome que Stranger Things : un succès qui a poussé à prolonger sa durée de vie dans des conditions atroces, alors qu’il aurait mieux valu la laisser partir avant l’inévitable déclin. Pire encore, on parle d’une série qui a fini par adopter le modèle exact de ceux dont elle se moquait, à savoir le MCU et le DCEU, en se déclinant en spin-offs (pire, avec le recul, l’intérêt de Gen V est négligeable) et séries d’animation.

J’allais presque oublier la réalisation, désespérément mollassonne. C’est quand même dingue de ne jamais réussir à caler un plan iconique. Pourtant, ce ne sont pas les occasions qui manquent. Franchement, rien qu’un ralenti de Butcher marchant vers la Maison-Blanche avec son pied-de-biche sur l’épaule, comme sur l’affiche quoi, ça aurait eu de la gueule !

Si vous voulez un véritable kif, tournez-vous plutôt vers les comics : ils sont bien plus irrévérencieux et dotés d’un rythme terriblement addictif. Sans oublier ce twist absolument génial que la série live a abandonné – à tort, si vous voulez mon avis.

Par , parti ressortir les comics.

Conclusion

The Boys s’achève donc dans une indifférence presque polie, un comble pour une série qui avait démarré comme un énorme pavé dans la mare des super-héros. Rallongée artificiellement pour satisfaire Amazon, cette ultime saison n’a plus rien à raconter et déroule ses effusions de sang en mode automatique. Un crash digne de Game of Thrones et Stranger Things. Je n’aurai qu’un seul conseil : si ce n’est pas déjà fait, foncez lire le comic de Garth Ennis.

+

  • Duo Karl Urban / Antony Starr
  • Parallèles avec la réalité moderne
  • Quelques rares fulgurances

  • Marketing mensonger
  • Syndrome du surplace
  • Final à huis clos sans budget
  • Devenue ce qu’elle parodiait
5/10
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