Test : Mass Effect 3

La conclusion épique de la saga

Fiche

Éditeur: Electronic Arts
Développeur: BioWare (la saga Mass Effetc, Star Wars The Old Republic)
Plate-forme: Playstation 3, PC, Xbox 360 Date de sortie: 8 mars 2012
Genre: Action, Jeu de rôle Classification: Déconseillé aux moins de 18 ans
Le jeu commence avec l’attaque des Moissonneurs sur la Terre. Shepard sera obligé de quitter la planète et devra unifier la galaxie pour repousser les Moissonneurs. Il s’agit du dernier épisode de la saga.

Critique

Le deuxième épisode m’avait un peu déçu car il ne résolvait en rien l’intrigue des Moissonneurs. En gros, on passait notre temps à récupérer des membres pour l’équipage du Normandy et à accomplir les quêtes qui leur sont associés. Une fois toutes les quêtes « secondaires » accomplies, on se retrouvait directement à la fin à nous castagner contre un Moissonneur. En gros, la véritable histoire dans Mass Effect 2 se résumait au début et à la fin avec un énorme gouffre au milieu (je ne dis pas que les histoires des personnages étaient inintéressantes mais bon, on voulait avancer sur la guerre contre les Moissonneurs).

Le premier était une véritable découverte de la galaxie de Mass Effect où on faisait la connaissance des différentes races existantes, où on se baladait dans les mondes, où on se faisait des amis. Un summum du genre rarement atteint. Le deuxième basculait vers une espèce d’extension du premier où les ennemis se font plus clairs surtout avec ce final de folie. Le troisième, c’est tout simplement la guerre ! Celle tellement crainte dans le deuxième, on y est en plein dedans. Alors que je m’attendais à être déçu, j’ai tellement été happé que je n’ai plus lâché mon clavier et ma souris jusqu’à que j’ai terminé le jeu (environ 20h, heureusement que j’étais en congé).

Ma première déception (auquel je n’avais pas pensé en me procurant le jeu), c’est qu’ayant fait le deuxième opus sur PS3 et acheté le troisième sur PC, je n’ai pas de continuité… Vraiment déçu en voyant tout le travail effectué sur le deuxième partir en fumée. M’enfin, heureusement, ce n’est pas trop gênant, il y a juste quelques points dont ils en parlent comme si je ne les avais jamais fait alors que ce n’est pas le cas (par exemple j’ai sauvé la reine des insectes alors que dans ma partie sur le 3, je l’ai tuée). Mais ça, c’est de ma faute (dommage qu’ils n’aient foutus un système de choix au début du jeu comme sur le deux sur PS3 où on se façonnait sa propre histoire du premier).

Si les graphismes sont un peu à la ramasse, la faute à un moteur qui a peu évolué depuis le premier épisode. Il faut avouer que le design et l’ambiance générale sont tout simplement sublimes, probablement le plus beau space opera jamais vu en jeu vidéo. Les décors sont grandiloquents, la modélisation des visages superbes, le background immense, les différentes races extra-terrestres sont aisément reconnaissables et en plus le jeu se part d’un méchant très charismatique qu’on croirait tout droit sorti de Metal Gear Solid et de Deus Ex. Malgré tout, les textures sont incroyablement dégueulasses, on dirait du jpg compressé à fond. Je ne comprends pas pourquoi les développeurs n’ont pas pris le temps de mettre des textures haute définition (surtout sur PC). Vraiment une grosse déception et la seule.

Le gameplay est devenu très, très efficace, Shepard se maîtrise à la perfection, il va vite, il est agile (on peut bondir beaucoup plus facilement qu’avant) et les phases de shoot sont devenus nerveuses (dans le bon sens du terme). C’est simple la saga Mass Effect a atteint sa quintessence au niveau du gameplay sans oublier sa dimension RPG avec les pouvoirs quasiment indispensables et l’augmentation de niveaux. Mais le vrai plus de ce côté jeu de rôle concerne les échanges avec les PNJ où la sélection des réponses influe sur le contenu du discours et votre orientation morale (sentimentale ou pragmatique). C’est vraiment le jeu qui comporte le plus de scènes de dialogues parmi tous et en plus, ils sont tous intéressants, un point vraiment hallucinant (parce que la plupart des jeux de rôles, on saute la plupart du temps les dialogues qui se résument à « J’ai perdu mon chat… ». On s’éloigne alors des blablas digne d’une discussion entre Hello Kitty, d’un Final Fantasy avec un sens de la démesure parfois gênant pour se tourner vers des discours de bad ass, des dialogues poignants ponctués de petites réflexions philosophiques, d’autant plus marquant que le jeu vous laisse choisir. Ce système trouve son apothéose avec la fin du jeu sur un choix aussi déchirant que si on vous demandait de choisir entre votre mère et votre père (Mass Effect 3: le choix de Sophie).

D’ailleurs, je vais vous avouer que j’ai un peu de mal à comprendre le scandale qui entoure cette fin sur le net. Allez, je mets entre balises spoiler pour ne gêner personne.

Spoiler

Je vais commencer par vous raconter ma fin. Lors du rush final pour atteindre le système de téléportation vers la citadelle. Une explosion a lieu, je me réveille au milieu de cadavres. Je fus estomaqué en découvrant les cadavres de Liara (ma copine dans le jeu à qui j’avais fait l’amour passionnément peu de temps avant) et de Garrus (mon frère d’armes depuis le premier). « Putain, mais c’est quoi ce bordel ! Ils sont morts… » Je vais même vous avouer que touchés par ces morts, je me suis arrêté quelque secondes sur leurs cadavres avant de repartir encore plus énervés contre ces putains de Moissonneurs, « ça va chier sévère, je vais choper le responsable de tout ça et je vais lui foutre un coup de pied au cul ».

Allez, je repars, vers la lumière du système de téléportation. Mince mon John est bien mal en point, il se déplace lentement et ne dispose que d’un flingue (j’ai des réminiscences de mon jeu préféré de tous les temps Metal Gear Solid 4 où Old Snake se déplaçait avec difficulté dans le couloir micro-onde). Merde des zombies, fini de divaguer, je les shoote. Fuck un marauder, ouf, il est seul, je lui explose sa petite cervelle de con. « Ça, c’est pour Liara et Garrus, mother fucker ! ». Hop, je suis téléporté, je me réveille dans une salle remplie de cadavres. Mon dieu, ce sont des monstres ces Moissonneurs, il faut vraiment les exterminer de la galaxie.

Je continue à avancer et retrouve Anderson, merde, je suis bloqué. L’Homme Trouble m’a bloqué, il est sacrément bien amoché (effectivement il est bien contrôlé par les Moissonneurs) et après des blablas philosophiques, je me retrouve avec un flingue pointé sur Anderson. Ce dernier s’écroule et je me retrouve avec l’Homme Trouble dans le viseur. Un choix rouge (pragmatique) apparaît à l’écran, je n’hésite pas, je lui tire dessus malgré ma propension à ne faire que des choix bleus (pas un seul choix rouge de tout le jeu !). Comme quoi, sous pression, la véritable nature de l’homme se révèle. J’ouvre la Citadelle et retrouve Anderson qui décède quelques temps après.

Non le catalyseur ne fonctionne pas. Il manque quelque chose alors que je me dirige vers la console (dans le jeu, pas en vrai), je suis téléporté à nouveau et retrouve le garçon de mes cauchemars. Il s’agit du maître des Moissonneurs qui a choisi une forme agréable (le garçon donc). Il me pose un dilemme tragique digne du choix de Sophie. Contrôler les Moissonneurs et transformer le monde en zombies ou les détruire et faire revenir l’union de la galaxie à l’âge de pierre ? Deux choix qui ont chacun ses qualités et ses défauts. Un cruel dilemme auquel on n’a pas envie de répondre mais il faut bien faire un choix. Je décide de détruire les Moissonneurs et laisser sa chance à la vie. Le jeu s’achève sur une note tragique mais la Terre et la galaxie sont sauvés. Mes amis sont morts et je rejoins le ciel. John Shepard, une légende., l’homme qui a sauvé la galaxie.

Plus tard, sur le net, j’ai appris l’existence d’un troisième choix où Shepard se sacrifie pour créer une nouvelle race conciliant les organiques et les synthétiques. Je me suis dit qu’heureusement je n’ai pas eu accès à ce choix car ça m’aurait grandement facilité la tâche et ne m’aurais pas posé devant un grand dilemme qui a joué sur mes valeurs morales et m’a fait réfléchir. De nombreuses critiques ont émergé sur cette fin et j’avoue avoir du mal à comprendre. Un tel jeu ne pouvait pas bien se terminer enfin si, il se termine bien mais sans nul doute que le poids du sacrifice était trop lourd à porter pour ces joueurs qui auraient voulus sauver tout le monde mais c’est la guerre. Les gens meurent, il faut savoir continuer et les accepter. Quoiqu’il en soit, avec cette fin, Mass Effect 3 confirme son statut de chef d’œuvre en réussissant à faire ressentir aux joueurs la souffrance de la guerre où les choix sont durs, où les sacrifices élevés. Mass Effect 3, l’expérience de la guerre !

Pour finir, j’aimerais parler des quêtes secondaîres. J’avoue avoir été complètement subjugué par ces quêtes où on n’a pas vraiment l’impression qu’elles le soient (secondaires). En positionnant des dialogues vraiment intéressants, des enjeux variés servant un seul but (rassembler une énorme flotte pour l’assaut final). Un véritable plus pour ce Mass Effect qui en profite pour se délester de tous les éléments superflus. Ces balades en voitures du deuxième m’avait grandement saoulé.

En ne se concentrant que sur l’intrigue principale, l’histoire avance régulièrement et vite, Mass Effect 3 décevra ceux qui aimaient bien se balader dans les mondes, faire des trucs inutiles et vachement artificiels (mais bon, c’est leur trip) seulement l’histoire de l’exploration n’a plus lieu. C’est la guerre, il faut se dépêcher parce que pendant ce temps-là, la Terre souffre. Ce qui a pour conséquence une durée de vie plus restreinte (j’ai mis un peu moins de 20h pour le terminer en faisant un maximum de quêtes secondaires même si certains ne fonctionnaient pas, par exemple Baron de la banque du Présidium de la Citadelle a complètement disparu après l’attaque, d’autres quêtes ne s’affichant pas à l’écran de la galaxie) mais ces 20h se déroulent à toute vitesse. Je n’arrivais pas à lâcher le jeu, voulant à tout prix connaître la suite et en plus, quand on voit que le gameplay est ultra nerveux et très bien foutu, c’est encore plus dur. La réalisation n’est pas en reste, j’adore ces plans où avant une mission, dans la voiture piloté par Cortez, la caméra est positionné derrière le héros, les portes s’ouvrent, on découvre le champ de bataille, des lasers fusent partout, on se dit « Merde, c’est vraiment la guerre ! » avant de se lancer.

La musique et les bruitages sont sublimes. J’adorais cette musique bien tragique comme il faut et bien positionné par moments. Ah mon dieu celle de la fin avec les flash-back des personnages qui ont partagé l’aventure. Un vrai must !

Le jeu contient aussi des cinématiques (pas très bien compressées mais bon) qui vous feront vibrer et qui font penser à l’introduction culte du troisième épisode de la nouvelle trilogie de Star Wars (La Revanche des Sith). Mass Effect 3 représente la quintessence des batailles spatiaux. Marvelll aime.

A la fin, on n’est pas complètement rassasié, on en veut encore et ça, c’est la marque des grand jeux. En tout cas, la saga Mass Effect s’achève en beauté avec le meilleur épisode de toute la saga et un jeu majeur dans l’histoire des jeux vidéos.

Test

Graphisme : 8/10 – Le moteur graphique a vieilli (les animations sont à la ramasse, les textures dégueulasses) mais quelle claque, au niveau de l’ambiance: une richesse digne du trésor de Crésus.

Gameplay : 9/10 – Ultra efficace au niveau des phases de shoot (n’ayant rien à envier à Gears of War), des scènes de dialogues intéressantes et faisant systématiquement intervenir le joueur, un côté RPG bien poussé. BioWare a trouvé le juste milieu. Mieux même, un choix sur le style du jeu est offert aux joueurs au début. Ainsi, les fans d’action pourront choisir de ne se concentrer uniquement sur l’action et même chose pour les fans d’histoire. Mais la majorité se concentrera sur le RPG qui représente la véritable expérience de Mass Effect.

Durée de vie : 8/10 – 20h pour un action/RPG, c’est correct (en ligne droite, vous pouvez enlever quelques heures par contre votre fin risque d’être moisie).

Histoire : 10/10 – J’ai complètement accroché et j’ai même été déchiré lors des morts. Le dilemme de la fin est énorme. Un jeu qui implique un maximum le joueur dans une épique histoire de guerre bourrée de rebondissements et de sentiments. On s’y croirait. Mass Effect 3 mérite le meilleur compliment qu’on puisse donner à un jeu vidéo : une véritable histoire interactive.

Son : 9/10 – La musique est tout simplement sublime. Je vais me procurer l’OST le plus rapidement possible. Les bruitages sont efficaces et aident à s’y croire. A noter la possibilité de choisir la langue en voix et en sous-titre (un bel effort de la part de BioWare).

Son point fort – Tout le jeu est poussé au maximum.

Son point faible – Le moteur graphique est un peu dépassé.

Conclusion

Épique, il n’y a pas d’autre mot pour définir Mass Effect 3 qui réussit dans tous les domaines exceptés les graphismes un peu vieillot. Un jeu qui fera date.
Trophée10/10

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