La meilleure Présentation Spéciale Marvel
Fiche
| Titre | The Punisher : One Last Kill | Titre VO | – |
|---|---|---|---|
| Réalisateur | Reinaldo Marcus Green | Scénaristes | Jon Bernthal & Reinaldo Marcus Green |
| Acteurs | Jon Bernthal, Deborah Ann Woll, Jason R. Moore, Judith Light | ||
| Date de sortie | 13 / 05 / 2026 | Durée | 51 min |
| Genre | Action, Drame, Policier, Thriller | Budget | – |
Alors que Frank Castle cherche un sens à sa vie au-delà de la vengeance, il replonge contre toute attente au cœur du combat.
Critique
S’il y a bien un casting qui ne souffre d’aucune contestation dans l’univers cinématographique Marvel, c’est celui de Jon Bernthal en Frank Castle. De la série Daredevil « de Netflix » à sa propre série solo, l’acteur a rayonné dans le costume du justicier à la tête de mort. On avait pu le revoir, après une longue absence, dans la première saison de Daredevil : Born Again où, une fois de plus, il volait la vedette à tout le monde.
S’il était absent de la deuxième saison de Born Again, c’est qu’il avait un agenda chargé : il apparaîtra prochainement dans Spider-Man : Brand New Day, mais avant cela, il a droit à sa Présentation Spéciale Marvel (la troisième après Werewolf by Night, à quand la suite bordel, et Les Gardiens de la Galaxie : Joyeuses Fêtes).
Jon Bernthal est tellement investi dans le rôle qu’il est à l’origine du scénario de ce « Special » aux côtés du réalisateur Reinaldo Marcus Green, avec qui il avait déjà collaboré sur La Méthode Williams (2021) et We Own This City (2022). C’est d’ailleurs la première fois de sa carrière que Jon Bernthal est crédité en tant que scénariste. Il a récidivé depuis avec l’épisode spécial consacré Gary pour la série The Bear.
L’héritage Ennis & Dillon
Après une bande-annonce percutante, les 51 minutes (génériques inclus) de The Punisher : One Last Kill ont été libérées ce 13 mai 2026. Au visionnage, impossible de ne pas penser aux comics de Garth Ennis et Steve Dillon. On y retrouve l’exploration des traumatismes de Frank, un univers mafieux poisseux, une antagoniste marquante et, évidemment, une ultra-violence assumée.
Je n’ai donc pas été surpris d’apprendre que One Last Kill s’inspire de l’arc The Punisher: Welcome Back (2000-2001). On y retrouve justement le personnage de Ma Gnucci, la fameuse antagoniste marquante.
Autre point à souligner : j’ai le sentiment qu’on profite de l’occasion pour offrir une sorte de synthèse du personnage avant de le propulser à la face du monde entier dans le prochain Spider-Man. En effet, certains éléments de One Last Kill sonnent comme une redite des saisons « Netflix ». Il est encore question de surmonter la perte de sa famille. Pour assurer ce liant, on retrouve des visages familiers comme Curtis Hoyle ou Karen Page, sans oublier la mémorable comptine : « One Batch, Two Batch. Penny and Dime. Papa Bear’s a baker and so am I. »
Les fantômes sous le crâne
Adorant le travail d’Ennis et Dillon, j’ai été conquis par One Last Kill. La force du récit m’a emporté, et je me suis surpris à être profondément ému par la fragilité exposée par Jon Bernthal dans la première partie. Cet aspect « redite » ne m’a pas dérangé, car il fait partie intégrante du personnage. Dans les comics, Frank Castle refuse de guérir ; il utilise son traumatisme comme le carburant de son alter-ego.
Voir les fantômes de Frank le hanter, avec une esthétique visuelle sobre mais soignée, me touche toujours autant. Je ne peux pas m’empêcher d’avoir de l’empathie pour le père et le mari qu’il est. La séquence où sa famille le houspille est particulièrement marquante. Pour l’anecdote, Addie Bernthal, la vraie fille de Jon Bernthal, joue Lisa Castle, la fille de Frank Castle. Quant à l’ambiance générale, ce sentiment de monde quasi post-apocalyptique est très réussi, notamment grâce à une scène d’ouverture percutante (John Wick est parti chercher des armes dans son garage) et un plan-séquence génial où la caméra tourne autour de Frank sur un arrière-plan animé flou.
Le Punisher en Raid
Puis vient l’explosion de violence tant attendue. Le Punisher étant indissociable de sa brutalité, la question était de savoir jusqu’où Marvel oserait aller. One Last Kill confirme une direction graphique radicale, inchangée par rapport à la version Netflix, avec des scènes de combat évoquant The Raid. Des affrontements à mains nues où le sang gicle, des lames qui transpercent les chairs et un arsenal qui aligne les cadavres. Le body count de Frank en à peine 20 minutes est impressionnant.
J’ai surtout été bluffé par l’efficacité de l’action. On est sur du non-stop, sans aucun temps mort. Le rythme est ultra-efficace, un constat qu’on peut d’ailleurs étendre à l’ensemble de One Last Kill tant les 44 minutes passent à la vitesse de la lumière ne me laissant qu’une envie : retrouver Frank dans Brand New Day et, je l’espère, dans une nouvelle série solo.
Après tout, Ma Gnucci… La séquence où elle raconte le massacre de sa famille est fabuleuse. On y voit le Punisher comme un croque-mitaine. Le croque-mitaine des mafieux. J’en ai encore des frissons.
Par Christophe Menat, ayant plus envie de voir Brand New Day pour le Punisher que pour Spider-Man.
Conclusion
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Plus qu’une simple parenthèse sanglante, One Last Kill est une œuvre viscérale, portée par un acteur au sommet de son art. Entre son ambiance quasi post-apocalyptique et son ultra-violence chorégraphiée avec une précision chirurgicale, ce « Special » est une véritable déclaration d’amour aux fans du Punisher, particulièrement à ceux de la période Garth Ennis. Si vous cherchiez la preuve que Disney peut assumer la noirceur du personnage sans en trahir l’essence, elle est là. Une claque graphique et émotionnelle dont on ressort lessivé, mais conquis. Vivement Brand New Day. |
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