Critique : My week with Marilyn

La destruction du mythe Marilyn

Fiche

D’après le livre autobiographique de Colin Clark
Réalisateur(s):Simon Curtis
Scénariste(s):Adrian Hodges
Acteurs:Michelle Williams (Blue Valentine), Eddie Redmayne, Julia Ormond, Kenneth Branagh (réalisateur de Thor), Pip Torrens (Cheval de guerre)
Pays:USA, UKDate de sortie:4 avril 2012
Genre:Biopic, DrameDurée:1h42
Budget:10 000 000 $
Au début de l’été 1956, Marilyn Monroe se rend en Angleterre pour la première fois. En pleine lune de miel avec le célèbre dramaturge Arthur Miller, elle est venue tourner LE PRINCE ET LA DANSEUSE, le film qui restera célèbre pour l’avoir réunie à l’écran avec Sir Laurence Olivier, véritable légende du théâtre et du cinéma britanniques, qui en est aussi le metteur en scène.

Ce même été, Colin Clark, 23 ans, met pour la première fois le pied sur un plateau de cinéma. Tout juste diplômé d’Oxford, le jeune homme rêve de devenir cinéaste et a réussi à décrocher un job d’obscur assistant sur le plateau. Quarante ans plus tard, Clark racontera ce qu’il a vécu au fil des six mois de ce tournage mouvementé dans son livre, « The Prince, the Showgirl and Me ». Mais il manque une semaine dans son récit…

Son second livre, « Une semaine avec Marilyn », relate la semaine magique qu’il a passée, seul, avec la plus grande star de cinéma du monde.

Tour à tour drôle et poignant, MY WEEK WITH MARILYN porte un regard intime et rare sur l’icône de Hollywood, en racontant le lien aussi bref que puissant qui s’est noué entre cette femme exceptionnelle et le jeune homme qui a su la comprendre mieux que le reste du monde.

Critique

Marilyn Monroe n’a jamais eu un réel impact sur moi étant né hors de son époque mais je ne peux pas nier qu’elle demeure encore de nos jours un véritable phénomène (plus pour les femmes par contre). Elle représente le mythe de la Blonde, elle est celle qui instauré l’image de la blonde belle mais surtout stupide, un cliché encore d’actualité 50 ans après sa mort (elle s’est éteinte le 5 août 1962).

Le film My week with Marilyn, tiré d’une véritable autobiographie de Colin Clark, permet de découvrir qui était la femme derrière le mythe Marilyn et autant vous dire, que la légende en prend un coup. Certes, de nombreuses années ont passé et on sait tous à présent qui était vraiment Marilyn, pour ma part le film s’est révélé intéressant pour le côté légende de Marilyn car plutôt hermétique à son charme (elle ne correspond plus vraiment aux canons actuels de beauté), j’avais du mal à comprendre le barouf autour d’elle.

Malheureusement même après le film, je n’arrive toujours pas à comprendre car les acteurs ont tendance à en faire un peu trop notamment le passage où Sir Laurence Olivier proclame que Marilyn est un véritable génie… Euh, c’est moi ou j’ai loupé un truc ? Elle a un coach qui l’entraîne 24h/24h, tout le monde se plie à ses exigences, encore heureux qu’elle arrive à produire quelque chose à l’écran. Et encore, au vu du résultat, je ne parlerais pas non plus de génie. Je tiens à préciser que je n’ai vu qu’un film d’elle, le fameux Certains l’aiment chaud. J’avais été vachement déçu quand je l’avais vu, j’avais trouvé à l’époque qu’on en faisait des tonnes sur elle.

La performance de Michelle Williams est magnifique pourtant on l’attendait au tournant car il s’agissait de réussir à reproduire les deux facettes de Marilyn Monroe, la légende et la femme. Elle s’en sort avec brio, méritant largement sa nomination aux Oscars et son Golden Globes. C’est simple, en la voyant, Michelle disparaît, seule subsiste Marilyn et Norma Jeane Mortenson (son vrai nom).

Le final est tout simplement sublime comme toutes les prestations musicales de Michelle Williams qui nous époustoufle. Après le chef d’œuvre Blue Valentine, elle confirme son grand talent d’actrice et on est curieux de voir sa performance dans Oz: The Great and Powerful de Sam Raimi où elle joue la bonne sorcière du Sud.

Malgré tout, le film est parfois très énervant à l’image de la star internationale. Marilyn, elle pleure, Marilyn, elle est hébétée, Marilyn, elle est tétanisé, Marilyn, elle fait sa peste, Marilyn, elle somnole dans son lit, en clair, MARILYN, ELLE FAIT CHIER ! Pas seulement l’équipe du tournage du film Le Prince et la Danseuse mais aussi le spectateur. Du coup, par moment, on a une furieuse envie de lui foutre des tartes pour la secouer un peu. C’est cette image de la vraie Marilyn Monroe, celle derrière les films, celle qui a fait dire à Tony Curtis que l’embrasser était « comme embrasser Hitler » même s’il a déclaré que c’était une farce par la suite (mais bien sûr Tony). Le film est très réussi sur ce point où il nous fait découvrir la vraie Marilyn Monroe, un personnage trouble dont la sensualité et la fragilité faisait chavirer tous les hommes.

Les différentes chansons du film sont très réussies et parviennent à nous tranquilliser, il fallait bien ça après les moments de tortures que nous fait subir la Blonde. Le reste du casting n’est pas franchement génial, Kenneth Branagh s’en sort pas trop mal en tant que Sir Laurence Olivier mais le héros est assez mou, du coup il est légèrement agaçant. La réalisation n’a rien de bien passionnant hormis la mise en scène du clip final mais là n’est pas le sujet. Ah oui, il y a aussi Hermione et contrairement à Daniel Radcliffe dans La Dame en Noir, elle n’a pas vraiment réussi à me faire oublier son rôle dans Harry Potter.

Une réplique marque à tout jamais cette dualité Marilyn : « Tout ce que les gens voient, c’est Marilyn Monroe. Dès qu’ils se rendent compte que je ne suis pas elle, ils me laissent. ».

Conclusion

Une véritable semaine au côté de Marilyn avec ce qu’il comporte comme défaut et comme qualité. Une semaine au côté d’une actrice au charme planétaire pour découvrir la femme derrière Marilyn Monroe et au final, c’est un mythe qui s’écroule.

En tout cas, Michelle Williams est extraordinaire et signe un des meilleurs rôles de sa carrière dommage que le reste du film a du mal à suivre. On n’ose imaginer que ça aurait pu donner si un réalisateur plus talentueux avait pris la place de Simon Curtis.

+– Michelle Williams
– les passages musicaux
– la découverte de la femme derrière Marilyn Monroe
– réalisation banale
– il faut la supporter, Marilyn
– le héros assez niais
6/10

My week with Marilyn poster

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