Critique : Malcolm : Rien n’a changé

Comme si on s’était quittés hier

Fiche

TitreMalcolm : Rien n’a changé Titre VOMalcolm in the Middle: Life’s Still Unfair
CréateurLinwood Boomer
Acteurs Bryan Cranston, Justin Berfield, Christopher Kennedy Masterson, Keeley Karsten, Vaughan Murrae, Kiana Madeira, Jane Kaczmarek, Frankie Muniz
Saison1 Nombre d’épisodes4
Date de sortie10 / 04 / 2026 Durée26 à 35 mn
GenreComédie, Drame ChaîneDisney+

Après avoir protégé sa fille et lui-même de sa famille pendant plus de dix ans, Malcolm est entraîné malgré lui dans leur univers lorsque Hal et Lois exigent sa présence pour la fête de 40ème anniversaire de mariage.

Critique

Une soirée où l’on revoit de vieux potes qu’on n’avait pas vus depuis 20 ans. C’est exactement la sensation que j’ai eue en regardant Malcolm : Rien n’a changé.

Au passage, encore une traduction de titre pourrie, sachant que la VO s’intitule Life’s Still Unfair (La vie est encore injuste). Ce titre renvoie à l’idée d’une suite tout en faisant référence au générique culte « Boss of Me » du groupe They Might Be Giants, qui se termine par la répétition de la phrase : « Life is unfair… » (La vie est injuste…).

Le pari fou de Walter White

Car beaucoup de choses ont changé en deux décennies. Après sept saisons, on avait quitté la « famille sans nom » avec un Malcolm en direction d’Harvard pour devenir Président des États-Unis. Tout le monde semblait avoir trouvé son cocon pour s’épanouir et, bam, Lois découvrait qu’elle était à nouveau enceinte d’un sixième enfant.

Depuis, j’espérais toujours les revoir, mais la monstrueuse carrière de Bryan Cranston, auréolé au firmament pour son rôle dans Breaking Bad, ne laissait pas envisager une telle possibilité. Et c’est pourtant de lui que tout est parti. Frankie Muniz a révélé que Cranston avait écrit un script pour un film où tout le casting reviendrait.

Mais il fallait convaincre les autres, le créateur et les scénaristes compris. Une gageure sachant que la plupart des enfants acteurs avaient arrêté leur carrière. Finalement, il a réussi son pari. Tout le casting est de retour… Tout ? Non ! Un acteur a résisté encore et toujours à Walter White : Erik Per Sullivan (Dewey), désormais épanoui loin des projecteurs. Cranston a révélé que Sullivan était heureux du projet, mais ne souhaitait tout simplement pas y participer. Le créateur Linwood Boomer a pourtant tenté, mais Erik lui a balancé une punchline :

J’ai insisté, mais il m’a répondu : « Et toi ? Tu voudrais redevenir acteur après toutes ces années ? ». Bien sûr, j’ai dit non. Il m’a alors lancé : « OK, alors arrête de m’embêter avec ça ! ».

Pour l’anecdote, Linwood Boomer s’était fait connaître dans sa jeunesse pour son rôle d’Adam Kendall, l’époux de Mary Ingalls, dans La Petite Maison dans la prairie.

Une lettre d’amour aux fans

Cela explique pourquoi Dewey n’occupe qu’un « rôle à distance ». L’idée était de rendre le tournage d’Erik Per Sullivan le plus confortable possible. Malgré tout, l’essentiel est tout de même là, notamment avec le retour de Linwood Boomer (la série est d’ailleurs née des anecdotes qu’il racontait sur son enfance et, surtout, sur sa mère) et du scénariste phare Matthew Carlson.

À noter que ce projet, initialement conçu comme un film, est devenu une mini-série de quatre épisodes. Mais en toute franchise, cela ressemble surtout à un long-métrage découpé en quatre morceaux 😊.

Dès les premiers instants, on retrouve instantanément la famille comme si on ne l’avait jamais quittée. Exactement, cette sensation quand on retrouve des vieux potes. On a l’impression d’être restés ensemble hier encore, mais en grattant un peu, on se rend compte que chacun a évolué. Et du changement, il y en a eu. J’ai eu cette même sensation au niveau de la réalisation où on retrouve les mêmes gimmicks et ce style d’humour absurde et hilarant qui m’avait fait tomber amoureux de la série.

Hal, le roi de la fête

Pour cette mini-série spéciale, Hal est clairement le grand MVP. Bryan Cranston est tout simplement à mourir de rire. J’ai du mal à choisir un moment préféré tant il enchaîne les séquences mémorables. C’est un peu comme si les idées cuvaient dans l’esprit des scénaristes depuis des années et qu’ils en avaient profité pour tout lâcher en deux heures. Résultat, on n’a jamais le temps de s’ennuyer car tout va à 200 km/h. On finit d’ailleurs avec une pointe de frustration, celle de devoir quitter cette famille à nouveau.

Pour pallier ce manque, j’ai reregardé la série et j’ai pu constater les nombreux clins d’œil laissés aux fans. Même au niveau des gags, comme dans l’épisode final où Stevie fait son « coup spécial » pour sauver son vieux pote (bon, celui-là, sans me vanter, je l’avais capté du premier coup !).

La relève est assurée… ou pas ?

En plus du plaisir de retrouver les anciens, on fait la connaissance des nouveaux, notamment la fille de Malcolm et le sixième enfant de Lois. La première reprend les mêmes névroses que son père ; j’imagine facilement une suite centrée sur elle. J’adorerais ! Le second permet un retour de la rivalité fraternelle qui faisait une partie de la magie de l’œuvre originale.

Le dernier épisode est d’ailleurs chargé en émotion, car on y retrouve presque tout le monde. C’est la fameuse soirée où rares sont les absents du passé. Mais le pic émotionnel survient grâce à un hommage vibrant à Hal, où Bryan Cranston livre un nouveau morceau de génie en réussissant à nous faire rire et nous émouvoir simultanément. Quel tour de force !

À la fin de la soirée, on a envie de continuer avec eux, mais malheureusement, Linwood Boomer a confirmé à Variety qu’il n’avait pas prévu de suite :

Ce projet n’aurait jamais vu le jour si ça avait été une histoire ouverte. La seule façon de le faire, c’était un format fermé. Peut-être qu’on pourra refaire quelque chose de ce type à l’avenir, mais il n’y a aucune discussion en cours.

Quoi qu’il en soit, au niveau des points positifs, ce revival a enregistré 8,1 millions de vues dans le monde lors de ses trois premiers jours, ce qui en fait le meilleur démarrage de l’année pour une première saison sur les plateformes de Disney. Il s’agit même du second meilleur démarrage pour une première saison sur Disney+ en Amérique latine… juste derrière la saison 1 de Loki.

Par , encore ivre de la soirée.

Conclusion

La soirée touche à sa fin, les verres sont vides et brisées, mais je repars avec un sourire immense. Malcolm : Rien n’a changé, c’était le pari risqué de Bryan Cranston et, de mon point de vue, il l’a gagné haut la main. J’ai retrouvé la famille sans nom exactement là où je l’avais laissée. Dans un chaos bruyant et hilarant. Même si l’absence d’Erik Per Sullivan à cette soirée m’a fait un petit pincement, le plaisir de les revoir valait largement ces 20 ans d’attente. Maintenant, je n’ai plus qu’à éteindre la lumière et à attendre une prochaine invitation… en espérant qu’elle ne mette pas deux décennies à arriver ! PS : Hal, MVP !

+

  • Facteur nostalgie
  • Show Bryan Cranston
  • Rythme effréné
  • Véritable cadeau aux fans

  • Absence d’Erik Per Sullivan
  • J’en veux encore plus
9/10
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