L’histoire de deux deuils
Fiche
| Titre | Daredevil : Born Again | Titre VO | – |
|---|---|---|---|
| Réalisateur | Angela Barnes | Scénariste | Jesse Wigutow |
| Acteurs | Charlie Cox, Vincent D’Onofrio, Wilson Bethel, Deborah Ann Woll, Elden Henson, Michael Gandolfini, Arty Froushan, Genneya Walton, Zabryna Guevara, Toby Leonard Moore, Ayelet Zurer | ||
| Saison | 2 | Épisode | 5 |
| Date de sortie | 15 / 04 / 2026 | Durée | 53 mn |
| Genre | Action, Drame, Fantastique, Policier, Science-fiction, Thriller | Chaîne | Disney+ |
L’unité d’élite anti-justiciers traque frénétiquement Daredevil et Bullseye.
Critique
Encore une fois, Daredevil: Born Again m’a pris par surprise. Alors que je m’attendais à une course-poursuite effrénée avec des grosses bagarres, Le grand projet prend le temps de faire une pause en revenant sur le passé.
L’effondrement du colosse
Tout commence par un plan surprenant sur une vague, avec un temps ensoleillé donne furieusement envie de réserver un vol vers la mer (j’habite à Paris, ceci explique cela). On retourne ensuite à l’hôpital pour assister à la tentative de sauvetage de Vanessa, sous les yeux d’un Wilson Fisk que je n’ai jamais vu aussi mal en point.
Avant de m’attarder sur le reste, je voudrais souligner la puissance émotionnelle de cette intrigue. Revenir à l’origine de leur rencontre provoque une nostalgie double et intense : celle de revivre les prémices de leur histoire d’amour (ce sont des monstres, certes, mais leur lien est touchant) et celle de retrouver l’époque « Netflix » avec son format d’image différent (un plaisir déjà savouré lors de l’épisode précédent avec le jeune Matt Murdock).
Puis vient l’espoir que Vanessa s’en sorte. Un espoir qui vacille aux mots de Wilson : « Tu n’aimes pas l’ananas. ». Vincent D’Onofrio livre une performance mémorable en rendant le Caïd extrêmement vulnérable, ce qui tranche avec les « images d’archive » où il apparaît totalement froid (au passage, quel plaisir de retrouver James Wesley !). Je dois le dire : ce con m’a touché ! Sa détresse absolue, alors qu’il assiste impuissant à la mort de sa femme, constitue un moment très fort.
Adieu, Foggy Nelson
De l’autre côté, Daredevil est lui aussi confronté au passé avec le retour de Foggy. Alors qu’il porte secours à l’homme qui a tué son meilleur ami, Matt se remémore une leçon d’altruisme apprise au contact de son associé. C’est simple, mais poignant. J’adore le plan où Matt revient et tend la main à Dex. Elden Henson est solaire et nous fait regretter encore plus sa disparition.
Surtout, cela met fin aux rumeurs concernant son éventuel retour. Il ne s’agissait que d’un flashback. Foggy va me manquer, mais c’est tant mieux. Cela préserve la puissance de la scène de sa mort. Car quand on voit le visage de Karen Page lorsque Matt débarque avec Bullseye… Brrrr.

Enfin, la troisième intrigue semble tout droit sortie d’un épisode des Soprano. Voir le fils Gandolfini sur les traces du père, mais de l’autre côté du flingue, pousse à esquisser un petit sourire nostalgique. Ce passage parvient à instaurer une réelle inquiétude pour Daniel tout en invoquant, là encore, la nostalgie de manière indirecte. Sans oublier une descente aux enfers vraiment inquiétante.
Bref, énormément de nostalgie dans cet épisode. Entre Le grand projet et la mini-série Malcolm : rien n’a changé, c’est visiblement le « mood » de la semaine chez Disney.
Par Christophe Menat, habité par la nostalgie.
Conclusion
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Beaucoup de mélancolie dans cet épisode, mais une mélancolie nécessaire. En ancrant son récit dans l’héritage de l’époque Netflix tout en développant des intrigues aux airs de polar mafieux (dignes des Soprano), la saison 2 de Daredevil : Born Again confirme sa solidité. C’est beau, c’est triste, et c’est exactement ce dont on avait besoin pour franchir ce cap émotionnel. |
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| 9/10 | |