Les chroniques de Coolson : L’Île aux pirates (1995)

L’échec. On a tous connu l’échec. Que ce soit professionnel ou personnel, que ce soit de petits échecs ou de lourdes défaites, l’échec fait partie de la vie. Et si j’étais un vieux maître sage, genre maître Miyagi, je vous dirai que l’échec est une part importante de la réussite, un truc genre : « Si les crapauds avaient des ailes, ils ne se taperaient pas les couilles quand ils sautent ». Voyez le genre, quoi.

Mais aujourd’hui, on va parler du vrai échec, de la cata, du merdier intersidéral. Le genre d’échec qui enterre des carrières, coule des studios. Bref, une tannée. Alors, on prend sa jambe de bois, son cache œil et sa carte au trésor.

Cette semaine, c’est L’Île aux pirates.

Sabre de bois

L’Île aux pirates est un film américano-franco-allemano-italien sorti le 22 décembre 1995 aux États-Unis et le 14 février 1996 au pays de Gérard Jugnot. Le film nous décrit les aventures de Morgane Adams, fille d’un célèbre pirate qui hérite d’un morceau de carte tatoué sur le crâne de son défunt papounet. Elle part donc à la recherche d’un trésor en compagnie de William Shaw, un gentil demeuré qui est le seul, de TOUTES les Caraïbes à parler latin, et donc, à pouvoir traduire la carte. Pas de bol, son oncle, Dawg Brown, a lui aussi un morceau de carte et poursuit le même objectif. Et là, c’est la bagarre, à base de pistolets, d’épées, de canons et tout le toutim.

Morgane Adams est interprétée par Geena Davis, dont on a déjà parlé ICI, donc on économise de la frappe au clavier. William Shaw est incarné par Matthew Modine que vous connaissez pour des raisons différentes en fonction de votre âge. Pour les plus vieux, il est l’engagé Guignol dans le culte Full Metal Jacket. Pour les moyens jeunes, il est Peter Foley, le sous-commissaire de Gotham dans The Dark Knight Rises de Nolan et plus récemment, le Dr Martin Brenner de Stranger Things. Un acteur que, perso, j’aime énormément, qui a joué dans une tripotée de bon film et qui a une bonne tête. M’en faut pas plus.

Le trio de tête est clôturé par Frank Langella, un acteur que vous avez probablement déjà vu, vu qu’il a joué dans 1000 films et séries, notamment The Americans dernièrement.

Mille sabords

Le film est mis en scène par Renny Harlin, réalisateur finlandais, qui aura participé à la grande époque de Die Hard en dirigeant 58 Minutes pour vivre (Die Hard 2), fait son petit Die Hard fait du ski avec le très sympa Cliffhanger avec notre Sylvestre adoré. Mais aussi le cocasse Au revoir à jamais, avec son épouse de l’époque, une certaine Geena Davis, le surprenant Peur bleue qui a su jouer avec les codes usés jusqu’à la corde du film d’attaque d’animal. Et après, la joyeuse descente aux enfers : l’exécrable Driven, où l’on voit Stallone faire une course-poursuite en F1 dans un centre-ville dans une tentative désespérée de reproduire la formule magique de Rocky. Et depuis, des films en Chine, dont je ne jugerais pas la qualité, vu que je ne les ai pas vu, mais probablement pas des chefs d’œuvres…

Mais surtout, le film est produit par Carolco pictures. Dirigé par Mario Kassar et Andrew Vajna, producteurs grandiloquents qui se sont fait connaître en produisant Rambo, et accusé d’être responsable de l’explosion des budgets à Hollywood tant ils ont fait flamber les prix de manière incroyablement déraisonnable. Un exemple : ils ont donné plus de salaire à Stallone pour Rambo 3 (15 millions de dollars) que le budget entier du premier Rambo. Pour Terminator 2, ils ont donné 14 millions de dollars à Schwarzy + un PUTAIN DE JET PRIVÉ pour qu’il joue dans le film… Un chouia ostentatoire.

Alors, c’est valable ?

Comprenez bien que L’Île aux pirates est un excellent film d’action, un vrai bon film d’action. C’est Pirates des Caraïbes 10 ans avant. C’est un film qui a vraiment réussi à traverser les époques, vu qu’il utilise parfaitement le cahier des charges du film de pirates/aventures. Il dose bien l’action, l’humour, et a, à son crédit, 2-3 scènes épiques comme il le faut. Mais on parle aussi d’un film symptomatique du trop.

Un budget de 115 millions pour seulement 10 millions de dollars de recettes, ce qui en fait le 2ème plus gros flop de l’histoire.

Un film qui a vu certains de ses décors reconstruits 2 fois, juste pour une scène (bon, ça vaut grave le coup, elle a une gueule incroyable et le décor a même été réutilisé dans Game Of Thrones).

Un film sorti après le dépôt de bilan de Carolco, autant dire qu’après ça, l’affaire était réglée.

Un film, qui a vu défiler en tête affiche, la quasi-totalité d’Hollywood, tant personne ne voulait jouer dedans, par peur de ne pas être payé, vu les finances.

Un film qui a perdu certains de ses acteurs après le début du tournage, comme Michael Douglas, qui a quitté le navire (lol, le navire, alors que c’est un film de pirates !) parce qu’il ne trouvait pas ça cool d’apparaître moins que Geena Davis. Ou encore Oliver Reed, qui a fini la tête sous l’eau (en feu, je suis EN FEU) après avoir voulu montrer son pipou à Mme Davis. Décidément, ils ont des problèmes avec leurs quiques ces gens-là…

Bref, c’est un excellent film, pour peu que l’on aime les films d’aventures à l’ancienne, que l’on aime les beaux décors, parce que oui, le film a un incroyable cachet. Tourné entre Malte et la Thaïlande, avec des décors vraiment cool, le film est joli à regarder. Il serait temps de le réhabiliter, maintenant que ça fait presque 30 ans qu’il est sorti. En tout cas, moi, je kiffe.

Bisous.

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