Critique : Kong: Skull Island

Un grand huit éprouvant

Fiche

Titre Kong: Skull Island Titre VO
Réalisateur Jordan Vogt-Roberts Scénaristes Dan Gilroy, Max Borenstein
Acteurs Tom Hiddleston, Brie Larson, Samuel L. Jackson, John Goodman, Jing Tian, John Ortiz, Terry Notary, John C. Reilly
Date de sortie 08 / 03 / 2017 Durée 1h 58
Genre Action, Aventure, Fantastique, Science fiction Budget 190 000 000 $

Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

Quand tu fous le bordel quelque part et que tu te rends compte que le proprio est là.

Critique

King Kong est un des monstres les plus légendaires du cinéma, si ce n’est le plus. Depuis sa création en 1933 et au fil des années, il a connu de nombreuses adaptations. La dernière en date, c’était en 2005, avec le film de plus de trois heures de Peter Jackson. Douze ans après, il revient… plus gros que jamais, mais moins long. De toute façon, on le sait, ce n’est pas la longueur qui compte…

Mon histoire d’amour avec King Kong

Avant de commencer la lecture de cette critique, il faut savoir que je suis un fan inconditionnel du roi des singes. Ma première rencontre avec lui remonte à ma prime enfance avec le film de John Guillermin sorti en 1976. En le découvrant sur l’écran cathodique de la chambre de mes parents, j’étais tombé littéralement amoureux de King Kong. J’ai fini le visionnage révolté par son sort (j’en ai eu des discussions avec mes parents). J’en voulais à tous ces adultes. Ces militaires. Ces journalistes. Ces opportunistes n’ayant qu’un but dans la vie : la gloire ou l’argent. Pourquoi l’emmerder, King Kong ? Il était bien dans son île. Ça m’avait permis aussi d’apprendre à faire attention aux beaux yeux d’une femme. Bref, King Kong, c’était ma maman de Bambi.

Par la suite et par devoir, j’ai visionné le film de 1933. Je n’en ai pas retenu grand-chose, sinon que ça avait beaucoup vieilli. Tandis que la version de Peter Jackson m’avait laissé avec un goût amer. Et dieu sait que j’idolâtre le réalisateur pour sa saga de l’Anneau. Mon gros problème avec sa version, c’est qu’il a fait de King Kong, un simple gorille plus grand que la normale. À trop vouloir rendre crédible son monstre, il fait perdre à ce dernier son aura de créature mythique. De dieu marchant parmi les hommes. Ça tombe bien pour moi, c’est à ça que revient le réalisateur Jordan Vogt-Roberts.

L’antithèse du Godzilla de Gareth Edwards

À tous ceux qui ont été déçu par le Godzilla du réalisateur de Rogue One qui attendait le climax pour dévoiler la créature dans toute sa splendeur. Jordan Vogt-Roberts fait exactement l’inverse. Trouver une parallèle dans une autre saga cinématographique n’est pas compliqué. Godzilla, c’est Alien, le huitième passager et Kong: Skull Island, sa suite Aliens, le retour. Avec ça, vous savez à quoi vous attendre : un grand huit burné à en faire craquer le slip.

Comme dans le film de James Cameron (Aliens donc), on retrouve cette même équipe de marines badass. Néanmoins, on ne peut pas dire que les personnages aient fait l’objet d’un effort scénaristique. Dans l’ensemble, ils sont tous superficiels. Le journaliste anti-guerre. Le colonel un peu taré. Le black cool (mais qui ne meurt pas le premier). Le jeune blanc dépassé par les évènements. Le beau gosse à la Han Solo. Le scientifique peureux.

Quand t’es fan de Marvel, tu vois un Asgardien, une Avenger et un Nova.

Des personnages clichés, mais charismatiques

Toutefois, leurs interprètes ont suffisamment de charisme pour les rendre immédiatement attachants. Notamment avec deux transfuges de l’excellent biopic NWA: Straight Outta Compton. C’est un peu comme les films old school où les personnages n’étaient pas forcément détaillés mais dont l’aura et le charisme les rendait cultes. Par exemple, pour en citer un : Boba Fett. D’autant plus que le réalisateur Jordan Vogt-Roberts offre à Kong: Skull Island, un univers visuellement très riche et ça commence avec les personnages qui ont tous ce petit détail dans leurs costumes qui permet de les identifier rapidement. Pour résumer, on ne se souvient pas de leurs noms, mais on se souvient de leurs visages. Ainsi, malgré le grand nombre de protagonistes, je me souviens de tout le monde sans effort. Suffisamment rare pour être précisé.

J’en profite d’avoir commencé à parler du style visuel de Jordan Vogt-Roberts pour embrayer sur sa réalisation. Mon dieu ! La claque ! Quelle générosité. Quelle inventivité. Un des plus beaux films que j’ai jamais vu ces dernières années. J’étais d’autant plus sous le choc que je savais que le réalisateur n’avait signé qu’un film indépendant auparavant : The Kings of Summer. Oui, Kong: Skull Island n’est que son deuxième film.

Longue vie au Roi

Le nombre de money shot confine à la folie. Tant d’images me viennent en tête quand je repense au film. Je peux le dire, King Kong n’aura jamais été aussi cool qu’ici. C’est une véritable œuvre à sa gloire. En lui redonnant une taille gigantesque, les studios permettent à la créature de récupérer l’aura de divinité qu’elle n’aurait jamais dû perdre. D’autant plus que King Kong est incroyablement cool durant les combats. Ah là, là, je pourrais en parler des heures et des heures de ce King Kong tant je suis tombé sous le charme. À chacune de ses apparitions, j’étais comme une cheerleader. J’en suis vraiment amoureux. Hé, me traite pas de zoophile, ce n’est pas de ma faute si c’est juste le meilleur King Kong que je n’ai jamais vu à l’écran.

Aussi et c’est important de le préciser. J’ai vu le film en IMAX 3D. Mon retour ? Si vous en avez l’occasion aussi, faites-le. Ce format doit être absolument privilégié. C’est juste un truc de taré ! Une attraction de deux heures. Je vais tout de même avouer que j’étais bien content quand le film prenait une pause pour développer l’histoire. Ça me permettait de respirer un peu, tant c’était intense. Sûrement pas le genre de trucs que je ferais tous les jours.

Hey, Jurassic Park ?

Skull Park

Ce n’est pas tout. Ce n’est pas anodin que le sous-titre du film soit Skull Island, car en plus d’être une origin story consacré à King Kong, c’est aussi l’histoire d’une traversée à travers l’île du Crâne. Une destination de rêve pour une exploration digne de Jurassic Park avec l’émerveillement qui va avec quand on découvre les habitants. J’étais littéralement redevenu un enfant à force d’être ébahi à chaque nouvelle rencontre. Et certaines sont vraiment terrifiantes. La cerise sur le gâteau, c’est que les morts sont loin d’être édulcorées. On est parfois à la limite de l’interdit aux moins de douze ans.

Concernant l’histoire, sans trop en dire, je peux déjà affirmer qu’il ne s’agit pas d’un remake de la version de 1933 comme les versions de Guillermin et Jackson avec ce fameux fil conducteur La Belle et la Bête. Il s’agit vraiment d’installer un univers, pas à pas, comme chez Marvel. D’ailleurs, ils ont tout compris ici. Pour que ça marche, il faut embaucher Nick Fury ! Tout en restant indépendant, on sent le long-métrage connecté à un univers plus grand.

La surprise du chef

Par contre, impossible pour moi de terminer sans rendre hommage à la prestation de John C. Reilly. Au vu de la bande-annonce, je croyais à l’agaçant bouffon du service. Et surprise ! C’est le personnage que j’ai le plus aimé. Certes, il balance un sacré paquet de blagues, d’ailleurs franchement drôles, mais il est aussi la caution émotion du film au point de me faire lâcher des belles larmichettes. Mon personnage préféré, derrière King Kong évidemment.

Si tu as regardé la note finale, tu verras que j’ai mis 9/10 et je peux dire que j’ai longtemps hésité entre 8 et 9. Ma raison me disait de mettre 8, car il y a des défauts comme une trame assez simple et un Samuel L. Jackson trop dans la caricature. Mais mon cœur m’intimait d’envoyer la raison à Skull Island et de mettre 9. Finalement, j’ai suivi mon cœur. Par contre, je ne trouve pas l’adresse de Skull Island.

Par trop excité pour dormir après avoir vu le film (histoire vraie, ça a été dur le lendemain au taf), le 3 mars 2017.

Ouais, d’accord. Vas-y, je te le rends, ton caillou. C’est bon, quoi !

Conclusion

J’étais vraiment excité à l’idée de revoir King Kong, surtout dans cette version où il redevient une créature divine. Mais je ne m’attendais certainement pas à pareil spectacle. Kong: Skull Island est un éprouvant grand huit nous invitant à un voyage à la Jurassic Park en plein Skull Island avec le meilleur guide du monde : King Kong (mon préféré, toutes versions confondues). Le tout enrobé d’une atmosphère old school très sympa (rappelant pas mal Aliens, le retour) avec des personnages certes caricaturés mais tellement cools, des créatures monstrueuses (y en a une que je suis bien content de ne pas avoir connu petit, sinon j’en aurais fait des cauchemars), des scènes d’action qui envoient du lourd, des money shots à gogo, des morts violentes, beaucoup d’humour et de l’émotion. Tiens, tiens, ça ne rappelle pas les films de Marvel Studios, ça ? Eh bien, la parallèle ne s’arrête pas là, mais je n’en dis pas plus sinon qu’il faut rester jusqu’au bout du générique.

+

  • Cette réalisation de malade mental
  • Grand huit éprouvant (surtout en IMAX 3D)
  • Mon King Kong préféré
  • Style old school qui va droit à l’essentiel absolument génial
  • Équipe simple, mais reconnaissable au premier coup d’œil
  • John C. Reilly, surprise inattendue
  • Pas un remake
  • Scène post-générique excitante comme aux premières heures du MCU

  • Personnage de Samuel L. Jackson un peu too much
  • Pas une aventure dramatique comme les autres versions, mais un grand huit
9/10

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A propos de l'auteur : (2857 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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