Critique : Dune (2021)

Villeneuve l’a fait

Fiche

Titre Dune Titre VO
Réalisateur Denis Villeneuve Scénaristes Jon Spaihts et Denis Villeneuve et Eric Roth
Acteurs Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac, Zendaya, Jason Momoa, David Dastmalchian, Dave Bautista, Josh Brolin, Javier Bardem, Stellan Skarsgård, Charlotte Rampling, Stephen McKinley Henderson, Sharon Duncan-Brewster, Chen Chang
Date de sortie15 / 09 / 2021 Durée2h 35
GenreAventure, Drame, Science fiction Budget165 000 000 $

L’histoire de Paul Atreides, jeune homme aussi doué que brillant, voué à connaître un destin hors du commun qui le dépasse totalement. Car s’il veut préserver l’avenir de sa famille et de son peuple, il devra se rendre sur la planète la plus dangereuse de l’univers – la seule à même de fournir la ressource la plus précieuse au monde, capable de décupler la puissance de l’humanité. Tandis que des forces maléfiques se disputent le contrôle de cette planète, seuls ceux qui parviennent à dominer leur peur pourront survivre…

Critique

Dune… Quand je l’entends, ce mot m’envoie du rêve. Déjà pour le film de David Lynch sorti en 1984 dont le baron m’avait terrifié avec ses pustules. Ensuite, le jeu vidéo du genre RTS, Dune 2000, sorti en 1998 et pour finir, la mini-série en trois épisodes de SyFy sortie en 2000. De cette dernière, je n’ai aucun souvenir. Dans tout ça, il y a une chose immuable : je n’ai jamais lu les romans de Frank Herbert. Oui, je sais. Shame on me.

Quoiqu’il en soit, quand j’ai appris qu’un des meilleurs réalisateurs de notre génération, Denis Villeneuve, allait s’attaquer au mythe pour sa troisième incursion consécutive dans la science-fiction après Premier Contact (2016) et Blade Runner 2049 (2017), j’ai rugi de plaisir et instantanément le projet est entré dans mon top 5 des films les plus attendus. La bande-annonce n’a fait que conforter sa place dans ce top.

Une véritable adaptation

Pour commencer, une excellente chose. Pour Denis Villeneuve, il n’est pas question de rusher l’adaptation. Il a donc commencé par découper son adaptation cinématographique du premier roman en deux parties. Ainsi, le film du jour n’adapte que la première moitié du roman Dune sorti en 1965. Plus récemment, le cinéaste québécois a révélé qu’il adorerait également faire un troisième film qui adapterait le deuxième roman, Le Messie de Dune (1972). Mais avant de voir aussi loin dans l’avenir, à la manière de Kaamelott : Premier Volet, la mise en chantier des suites dépendront du succès au box-office.

En tout cas, après avoir terminé le visionnage, je n’avais qu’une seule hâte, que le box-office explose afin de lui permettre de s’attaquer au plus vite à la production de la deuxième partie. Quel dommage quand même que la Warner n’ait pas eu les couilles de reproduire le schéma de la saga Le Seigneur des Anneaux avec les trois films tournés à la suite pour une sortie tous les ans. Parce que là, à mon avis, ça va être long avant d’avoir droit à la suite. D’autant plus rageant que Dune a une coupure extrêmement frustrante. Comme si on nous arrachait un roman en plein milieu de l’histoire.

La Communauté de l’Épice

Sinon, de cette adaptation, on retiendra beaucoup de similarités avec le premier opus de la trilogie Le Seigneur des Anneaux. Cette première partie de Dune renvoie effectivement à La Communauté de l’Anneau. Pas l’épisode le plus spectaculaire ou le plus épique, mais l’indispensable. Celui qui introduit l’univers et ses enjeux. En cela, le long-métrage du jour est d’une exemplarité spectaculaire. On est loin du David Lynch. À sa décharge, la production a été chaotique et il n’a pas eu le droit au final cut. Pour l’anecdote, le premier montage de Lynch durait trois heures et demie et le film est finalement sorti au cinéma avec une durée de 137 minutes. Qui a dit charcutage ?

Après, je parle du point de vue de quelqu’un qui a déjà quelques notions de l’univers. Mais, ça faisait plus de vingt ans que je n’y étais pas retourné. J’ai trouvé la mise en place exemplaire. On comprend rapidement les codes de l’univers, l’intérêt d’Arrakis, la planète surnommée Dune, et les machinations politiques. Celui qui avait été décrit par Villeneuve comme étant « D’une certaine manière, c’est Star Wars pour adultes. » est bien conforme à sa description. Agréablement surpris, car je ne me rappelais pas d’une dimension politique aussi prononcée.

Dans la lignée de Blade Runner 2049

Les qualités ne s’arrêtent pas là. Il faut également louer la photographie, les effets spéciaux et le design tout simplement à tomber par terre. Digne héritier du Blade Runner 2049. C’est marrant, j’ai eu l’impression de voir un Dune comme s’il avait réalisé par le Ridley Scott des années 80. La découverte du bouclier m’a rappelé sa ville de Los Angeles dans Blade Runner (1982). Surtout, jamais les Shai-Hulud, les vers des sables, n’ont été aussi impressionnant. Chacune de leur apparition est un moment mémorable.

Villeneuve arrive à insuffler des plans d’une dimension épique à couper le souffle. Le seul bémol, c’est que l’action n’est jamais mémorable. Les combats sont assez classiques si on excepte l’utilisation des fameux boucliers. Les scènes de bataille n’arrivent pas une seule seconde au niveau de ce que Peter Jackson avait réussi à faire avec sa saga de l’Anneau. Quant à la violence, elle est malheureusement systématiquement masquée. L’adrénaline guerrière ne s’est donc jamais diffusée chez moi. S’il y a un point à corriger pour les suites (je vais être positif et en parler au pluriel), c’est bien ça.

Arrakis… en Jordanie

Autre point, la représentation de la planète Arrakis (je pourrais dire Dune, mais ça fait au moins dix fois que j’ai écrit ce mot, c’est l’heure de sortir les synonymes). Je trouve qu’elle manque d’un côté mystique provoqué par l’Épice. J’ai simplement eu l’impression qu’ils sont allés dans le désert pour tourner leur film (techniquement, c’est ça, mais bon). Pas qu’ils soient partis sur une autre planète. Je trouve qu’il aurait été cool de changer un peu la couleur du sable pour la rendre plus marquante façon Mad Max: Fury Road.

Ça reste un petit détail. Probablement dû à l’image que je me suis faite de la planète suite au film de David Lynch. Quoiqu’il en soit, ça fait sacrément plaisir qu’ils soient allés tourner dans des décors naturels, comme Peter Jackson l’avait fait pour Le Seigneur des Anneaux (oui, je le cite encore, mais que voulez-vous, c’est mon mètre étalon) en Nouvelle-Zélande. C’est autre chose que les fonds verts et ça renforce l’immersion.

Des acteurs épicés

C’est ailleurs que Villeneuve aura réussi à m’insuffler de l’émotion. Via les prestations de Timothée Chalamet en Paul Atreides et Rebecca Ferguson en Lady Jessica. Avant d’y rentrer en profondeur, je tiens tout de même à signaler que le casting entier est impeccable. Chacun est mémorable dans son rôle. Pas un pet de travers à signaler. On est du niveau du Seigneur des Anneaux. Les rôles risquent de marquer longtemps les acteurs. Sauf Josh Brolin qui restera à jamais Thanos dans mon cœur.

Bref, revenons aux deux acteurs principaux. La prestation de Timothée Chalamet est exceptionnelle, il arrive à la perfection à exprimer les doutes de son personnage tout en se montrant convaincant dans l’action. Il est un héros marquant. Bien loin d’une Rey de la nouvelle trilogie Star Wars. Tandis que Rebecca Ferguson est tout simplement bluffante. Elle m’aura ému jusqu’aux larmes plusieurs fois.

Par qui péterait un gros plomb si la suite ne se fait pas.

Conclusion

Le chantier était immense pour Denis Villeneuve en voulant adapter Dune. Heureusement, il s’est entraîné avant avec Premier Contact (2016) et surtout Blade Runner 2049 (2017). Cela lui a fourni l’expérience nécessaire pour livrer un film dantesque même si pas dénué de défaut comme une dernière partie moins réussie et une fin abrupte du fait qu’il s’agit de l’adaptation de la première moitié du roman de Frank Herbert. Quoiqu’il en soit, ses qualités sont immenses et je croise les doigts pour qu’il ait le succès nécessaire afin que la production de la deuxième partie soit lancée. Ah oui, ça, c’est visionnage au cinéma OBLIGATOIRE !

+

  • Visuellement époustouflant, mais au point de faire oublier de respirer
  • Casting exceptionnel
  • Tous les codes de l’univers sont accessibles

  • Dernière partie à bout de souffle
  • Combats pas vraiment mémorables
  • Fin frustrante
9/10

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