Critique & Test Blu-ray : Alice au pays des merveilles (1951)

Retour au pays des merveilles après le pays des horreurs de Tim Burton

Titre original : Alice in Wonderland

D’après les romans de Lewis Carroll, Les Aventures d’Alice au pays des merveilles (1865, fut à l’origine écrit pour amuser Alice Liddell et ses deux sœurs) et sa suite, De l’autre côté du miroir (1872).

Réalisé par Hamilton Luske, Wilfred Jackson et Clyde Geronomi (ensemble, ils ont aussi fait Cendrillon et Peter Pan).

Avec Kathryn Beaumont (voix d’Alice, elle fait aussi la voix de Wendy dans Peter Pan), Ed Wynn (voix du Chapelier Fou), Bill Thompson (voix du lapin blanc et Dodo) et Sterling Holloway (voix du chat de Cheshire).

Long-métrage américain
Date de sortie : 21 décembre 1951
Genre : Animation
Durée : 1h15
17ème long métrage d’animation et 13ème classique d’animation des studios Disney.

Date de sortie Blu-ray : 20 avril 2011

Alors qu’elle travaille à ses leçons, Alice se laisse entraîner par le sommeil et tombe dans une profonde rêverie. Poursuivant un lapin très en retard, elle accède au pays des merveilles où une suite d’aventures rocambolesques et insolites l’attendent. Tantôt rapetissée, tantôt gigantesque, Alice oscille au gré de ses rencontres entre la quête du merveilleux et l’expérience cauchemardesque.

La critique

Devant la purge Alice au Pays des Merveilles 2 de Tim Burton, il fallait que je revoie l’original afin de me réconforter. On retrouve bien dans ce dessin animé la magie de Carroll à savoir une logique absurde (voir le joyeux non-anniversaire du Chapelier fou et du lièvre de Mars) alors que le long-métrage du réalisateur de Beetlejuice est désespérément creux.

Même 60 ans après sa sortie, l’œuvre de Disney conserve toute sa magie grâce à un ingénieux schéma dénué de toute logique (les évènements s’enchaînent sans aucune raison et surtout sans vraiment de lien entre eux si ce n’est Alice et sa quête du lapin blanc) et des personnages depuis devenus cultes. Chaque plan est doté d’une plastique parfaite écrasant les plans artificielles des récents Disney (La Princesse et la Grenouille et Raiponce en tête). L’histoire fascinera autant les petits (une aventure dans le merveilleux et les cauchemars) que les grands (les réalisateurs Disney ont-ils pris du LSD ?).

En regardant Alice au pays des merveilles, j’ai été pris d’un sentiment de panique tellement Disney a perdu de sa superbe : ses dessin animés ne sont devenus que des comédies infantiles et infantilisant dénuées de charme et ses films ne s’en sortent pas mieux, ils font même pire selon certains (Tron l’héritage, Le monde de Narnia). Même Tim Burton n’y arrive pas, son catastrophique Alice au pays des merveilles fait penser à un Narnia (avec un final aberrant où Alice affronte le Jabberwocky) mélangé à une volonté de ressembler à Pirates des Caraïbes (Depp oblige). Mais où est donc passé l’âme de Disney ? A-t-il disparu en même temps que Walt? Heureusement, les studios Disney ressortent ses classiques dans des conditions optimales (même si on se doute que c’est plus une question d’argent).

Alice au pays des merveilles qui avait un flop critique et public lors de sa sortie en 1951 est depuis devenu un des plus grands classiques Disney. C’est avec bonheur que j’ai refait un voyage dans ce pays où Alice grandit et rétrécit au fil des péripéties, où Tweedle Dee et Tweedle Dum nous racontent l’histoire de monsieur Morse, où Alice poursuit le lapin blanc, où elle fait la rencontre de Dodo (un oiseau bizarre qui l’invitera à danser autour de lui pour sécher) sans oublier le mille patte fumeur (A E I O), ni le chat de Cheshire (sa chanson comporte des paroles complètement loufoques et fascinantes). Que dire de sa reine des cœurs bien plus terrifiante que la femme de Tim Burton (pitoyable) ?

Finissons avec des anecdotes : Dinah, le chat d’Alice a le même nom que celui d’Alice Liddell, la fille qui a inspirée Alice à Lewis Carroll. Le Dodo évoque l’auteur lui-même. Souffrant d’un bégaiement, lorsqu’il se présentait sous son vrai nom, il disait : « Do-Do-Dodgson ».

Le Blu-ray

Un sans-faute techniquement. On a du mal à croire en voyant le dessin animé qu’il date de 1951. Comment le croire tellement les couleurs sont resplendissantes (rivalisant sans peine avec les dessins animés les plus récents). C’est des films comme ça qui nous font souhaiter plus de restaurations en HD pour disposer d’un visionnage épuré des défauts de nos veilles VHS et de surcroît bien plus beaux que nos DVD.

Un achat à effectuer pour tous les fans du film et pour les parents qui veulent faire découvrir les plus beaux Disney à leurs enfants (nourris par les effroyables Winx ou encore Totally Spies).

Le dessin animé est présenté en mode d’affichage Disney View : le format original 1.33:1 (façon format 4/3 de nos anciennes télévision) est respecté. On a un visionnage avec un fond configurable couvrant les bandes noires latérales.

Du côté des bonus, c’est un pur régal autant chez les petits que chez les grands (relativement rare pour être souligné).

Les gosses s’éclateront avec Repeignons les roses en rouge qui proposent des jeux et des activités.

Les gosses et les adultes regarderont ensemble la présentation en couleurs de Walt Disney à la télévision juste avant sa diffusion du film à Noël en 1959, le clip I’m Odd (chanson récemment retrouvée du chat de Cheshire, durée 4 minutes) et surtout le court métrage avec Mickey : A travers le miroir (excellent court métrage sur le thème d’Alice au Pays des merveilles, 8 minutes).

Les adultes se documenteront avec Par le trou de la serrure, un documentaire sur les coulisses de la production, les prises de vue de référence et des tests crayonnés, avec les matériels abandonnés : des scènes coupées, l’évolution d’une chanson, des story-boards et les chansons originales et avec Une comédie d’Alice (bandes-annonces originales).

Vous avez vu, vous en aurez pour un moment pour faire le tour.

Un classique qui n’a pas pris un ride et qui se paie le luxe d’enterrer sa suite (l’Alice de Tim Burton) malgré les 59 ans qui les séparent. Comme quoi, les films, c’est parfois comme le vin, ça se bonifie avec le temps.

Sa scène culte : le film en lui-même est une scène culte.

Film : 10/10

Un excellent blu-ray pour l’anniversaire des 60 ans (déjà) d’Alice au pays des merveilles avec restauration parfaite et une pelletée de bonus.

Image : 9/10

Son : 9/10

Bonus : 9/10

PS : il s’agit de mon premier double trophées (pour le film et pour le blu-ray) soulignant la qualité de ce blu-ray.

PS 2 : j’attends beaucoup la sortie du blu-ray Le Roi Lion qui proposera le film en 3D (très curieux de voir le résultat sachant qu’il s’agit d’un dessin animé). Sortie prévue le 24 août 2011.

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A propos de l'auteur : (2770 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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  • Chouchi27

    Toujours aussi inoubliable, c’est vraiment un disney incroyable.

  • Il est étonnant qu’un demi-siècle plus tard, le film n’a toujours pas vieilli. C’est même les dessins animés les plus récents qui paraissent plus vieux 😆

  • Une belle restauration. Par contre je fais partie des irréductibles qui préfèrent le cachet qu’avait le film sur vieille pellicule avec ses traits un peu épais et son grain particulier.

    Note importante: je sais pas si t’as beaucoup de visiteurs canadiens (moi j’en ai pas mal en tout cas) mais « gosse » en québécois ça veut dire « couille ». Voilà pourquoi tu n’entendras (enfin verra dans les sous-titres pour toi) jamais parler de « gosse » dans les films francophones (mais les traducteurs noobs font souvent l’erreur 😆 )
    Je précise parce que la phrase « Les gosses s’éclateront avec Repeignons les roses en rouge qui proposent des jeux et des activités. » devient à mourir de rire 😆

  • NB: voilà pourquoi Honey, I Shrunk the Kids s’appelle « Chérie, j’ai réduit les enfants » et pas « Chérie, j’ai rétréci les gosses » (voilà un exemple de belle bourde française rendant le film impossible à exporter s’il n’y en avait plus au Canada…)

  • 😆 😆 😆 , j’essaierais d’éviter le terme à l’avenir, mouarf 😆