Test : L.A. Noire

La renaissance du film noir

Attention même si ce jeu est estampillé Rockstar, ça ne veut pas dire que ce sont les mêmes qui ont fait GTA 4 (Rockstar North) et Red Dead Redemption (Rockstar San Diego et Rockstar North). Le jeu du jour est l’œuvre de la Team Bondi fondée en 2003 par Brendan McNamara, ancien directeur de la Team Soho Studio (les mecs derrière The Getaway, le GTA à Londres). Du coup, on peut commencer à se poser des questions même si le fait de voir le label Rockstar suffit généralement pour appuyer la qualité du jeu, est-ce le cas pour ce projet diablement excitant ?

Allez, je vais vous emmener pour un voyage dans le Los Angeles juste après la seconde guerre mondiale. J’insère la galette dans ma PS3 et je lance LA Noire. Je vois un logo de plus bel effet : les lettres LA Noire en néons jaunes comme une enseigne de boite de nuit. J’appuie sur commencer, on arrive dans une ruelle sombre, le jeu a commencé ? Non, il s’agit du menu. Il pète bien la classe. Je lance une nouvelle partie.

Je fais la connaissance avec le héros de l’histoire, Cole Phelps. Première chose me traversant l’esprit : « Ben dis donc, ils nous ont pas refilé un beau gosse ». Cole Phelps est d’apparence plutôt simple, un monsieur tout le monde avec un air de fouine. Un certain pari qui va se révéler payant par la suite.

Je commence en étant un simple agent de circulation, on débarque sur un scène de crime et immédiatement le ton est donné : les films policier noir des années 40. Un environnement magnifique que la Team Bondi réussit à retranscrire. J’ai toujours rêvé d’être le héros d’un film noir, les jeux sur PC à l’époque comme Une Poupée pleine aux as (désormais abandonware donc libre en téléchargement, cliquez sur le lien pour télécharger le jeu) nous avaient mis dans la peau de ces détectives mais depuis, l’univers a complètement disparu de nos consoles.

Revenons à mes premiers pas, armé d’une lampe torche, je cherche les indices. Un gameplay bienvenu et puisant ses ressources dans les point & click comme Grim Fandango (pas abandonware malheureusement) toutefois cela reste assez simple grâce à une vibration qui survient lorsqu’on est à proximité d’un indice (une bonne idée évitant de tourner en rond surtout lorsque les scènes de crimes sont très grandes). La suite permettra de se faire la main sur toutes les différentes phases de gameplay qui seront proposées lors de l’aventure : la course poursuite, la filature, les combats à mains nues et armés et les interrogatoires… Je finis rapidement le didacticiel et je suis propulsé inspecteur.

Parlons des interrogatoires, une claque tellement la modélisation des visages, utilisant la technologie Motion Scan, est belle. La Motion Scan permet de capter les expressions faciales grâce à 32 caméras HD. C’est criant de réalisme (une belle avancée dans le monde inexpressif des jeux vidéos). Heureusement que c’est réaliste car les interrogatoires reposent dessus (on examine le faciès des interlocuteurs afin d’agir en conséquence). Le summun, c’est lorsque des « stars » jouent certains personnages. On rencontrera Greg Grunberg (le télépathe Matt Parkman dans Heroes), Ivari Limon (la bombe Kennedy dans la série Buffy contre les vampires) et John Noble (Denethor dans Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi ou encore Walter Bishop dans la série Fringe). Un véritable régal.

J’ai beaucoup aimé me balader dans Los Angeles pour résoudre des enquêtes. Chaque enquête débute avec un titre typique des années comme La Maison des Allumettes ou Le papillon d’Or. Plein de sujet y sont abordés : corruption, viol, pédophilie, pyromanie, traumatisme d’après guerre, trafic de stupéfiants, arnaque… La liste est longue, il devient donc difficile de résumer les 21 affaires que vous aurez à résoudre (j’ai mis 18h à tous les faire). On peut les diviser en trois parties : le serial-killer, le trafic de drogue et l’arnaque immobilière. Chacune des parties fait grosso modo 7 à 8 affaires (comptez 45 minutes par affaires).

Il est intéressant aussi de voir comme le gameplay change subtilement selon la division auquelle on est rattaché (Criminelle, Stups ou Incendie). Plutôt bien vu et permettant d’éviter de tomber dans une certaine monotonie. On sera aussi appelé en renfort pour résoudre des crimes urgents. Ce sont des phases de jeu secondaire dont la durée ne dépasse pas cinq minutes. Il y en a 40 et elles se résument souvent à des courses poursuites et à des fusillades (c’est marrant au début mais ça finit par lasser).

Abordons la ville de Los Angeles, il s’agit d’un open world (la plus grande conçue par Rockstar après celle de GTA San Andreas) aux détails ébouriffants. Les textures sont magnifiques et le gros avantage de LA Noire est de proposer des intérieurs modélisés avec de multiples détails, un véritable travail d’orfèvre.

L’histoire est très intéressante, Cole Phelps est un personnage assez torturé. On le présente comme un héros de guerre mais grâce à de flash-back ingénieux entre chaque enquête, l’histoire de Cole se révèlera plus profonde (et notre attachement au personnage grandira). On pourrait résumer LA Noire comme étant une saison de série à savoir une trame de fond qui a ses répercussions sur les enquêtes principales. Au fur et à mesure qu’on résout les crimes, la trame de fond s’épaissit avant d’être achevé par un final assez génial.

Spoiler

J’étais vraiment surpris que Cole meurt. Je m’étais dit que Rockstar n’allait pas nous refaire le coup de la mort de Red dans Red Dead Redemption. Eh ben si ! Que dire aussi de ce salaud de flic qui prend la parole pour faire l’éloge de Cole lors de son enterrement. LA Noire se finit par la plus belle note : NOIRE.

Au rayon des défauts, on pourrait lui reprocher une certaine monotonie une fois la moitié du jeu passé, le gameplay commence à trouver ses limites et à se répéter (comme tous les GTA et compagnie). Aussi l’histoire reste très classique à cause d’une grosse prévisibilité qui gâche un peu l’intrigue (la première partie est géniale, la deuxième un peu moins). En gros, Team Bondi ne réussit pas à effacer les défauts inhérents à tous les GTA-Like.

Spoiler

Un truc m’a beaucoup choqué dans ce jeu. Lors de l’enquête sur le Dahlia Noir, on arrête des innocents alors qu’on sait pertinemment qu’ils sont innocents. Du coup lorsqu’il faut inculper quelqu’un, on n’a pas envie de choisir. C’est plutôt choquant mais c’est complètement calqué à l’esprit de l’époque où le résultat primait sur la vérité.

Graphisme : 8/10 – Le jeu n’est pas magnifique mais on sera soufflé par la force des détails de la ville de Los Angeles et l’animation des visages (une avancée).

Gameplay : 9/10 – Tous les ingrédients d’un GTA/Red Dead avec en supplément des phases Point & Click pour les enquêtes. Un savant mélange qui évite toute monotonie.

Durée de vie : 9/10 – A peu près 15h pour finir l’histoire, comptez 15h de plus pour boucler le jeu à 100%.

Histoire : 8/10 – De multiples enquêtes parfois passionnantes. Des trames de fond avec de multiples rebondissements. On regrettera seulement une certaine prévisibilité surtout lors des enquêtes (toutefois ça permet d’éviter de tourner en rond).

Succès/Trophées : 6/10 – 38% en finissant le jeu tranquillement mais le platine est faisable à condition de prendre son temps et de s’armer d’une soluce ^^.

Son point fort – Après les gangsters (GTA), les écoliers (Bully), les cowboys (Red Dead Redemption), l’univers des films noir. De loin mon préféré.

Note : 9/10 – Team Bondi réussit son pari. Transposer la mécanique de GTA avec un soupçon de Point & Click dans un film noir était évident mais il fallait y penser. Un beau retour pour le genre qui a fait le bonheur des PCistes dans les années 90. Le meilleur jeu de cette année (pour l’instant).

PS: je garde quand même une préférence pour Heavy Rain dans le style enquête sur un Serial-killer grâce à des rebondissements par légion et une fin de fou.

affiche L.A. Noire

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