Critique : Jurassic World

Jurassic Parks and Recreation

Fiche

Titre:Jurassic World
Réalisateur(s):Colin Trevorrow
Scénariste(s): Rick Jaffa, Amanda Silver, Colin Trevorrow, Derek Connolly
Acteurs: Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Vincent D’Onofrio, Jake Johnson, Nick Robinson, Lauren Lapkus, Katie McGrath, Irrfan Khan, Ty Simpkins, BD Wong, Brian Tee, Omar Sy, Judy Greer
Titre original:Date de sortie:10 / 06 / 2015
Pays:États-UnisBudget:150 000 000 $
Genre:Action, Aventure, Science-fiction, ThrillerDurée:2h 10

L’Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d’attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.

« Ne bouge pas, petit soldat. J’aimerais faire une expérience avec toi. Vérifier si j’arrive à te gober entièrement. »

Critique

Jurassic Park est sans aucun doute un de ces rares films à avoir bouleversé l’industrie cinématographique, notamment via l’utilisation des dinosaures en images de synthèse, même si paradoxalement, ce sont les animatroniques de Stan Winston qui ont davantage marqué les esprits. Certes, Jurassic Park n’est pas le premier film à utiliser des images de synthèse, mais il est le premier à avoir éclaté la gueule du public avec (merci, Pixar). 20 ans plus tard, sa suite débarque.

On s’en doutait tous, mais après visionnage, la preuve est là. Jurassic World ne bouleversera pas le paysage cinématographique comme l’avait fait son ainé. Il n’empêche qu’il reste un très bon blockbuster se permettant quelques excentricités qui feront gravement plaisir aux fans (en tout cas, personnellement, j’ai kiffé). En écrivant cette phrase, j’ai principalement en tête ce délicieux climax. Je n’en dis pas plus, mais j’ai été agréablement surpris, surtout après le train-train des scènes d’action précédentes, correctement emballées, mais manquant cruellement d’originalité. Sans oublier les images de synthèse sacrément fluctuantes en terme de qualité.

Une suite déguisée en remake, mais qui s’en affranchit lors du climax

Jurassic World est une séquelle assez bizarre, car elle refait quasiment tout le premier, ne s’en affranchissant uniquement lors du climax (ce qui rend ce passage encore plus excitant). En fait, je soupçonne une volonté de vouloir relancer la saga en repartant de zéro, car la nouvelle génération n’a pas forcément vu Jurassic Park (sacrilège, fouettez-moi ces enfants indignes, ces hérétiques), d’où l’intérêt de balancer la même sauce, tout en évitant le « Encore un remake ! Décidément, Hollywood ne sait faire plus que ça. ». Au bout de compte, ceci implique naturellement un remake à la puissance bien moindre que l’original, sauf que Jurassic World joue justement avec ce côté Bigger, Better, Faster, Harder, Louder jusqu’à en faire le cœur de l’intrigue où notre génération est désormais désabusée par le spectacle proposé. Dès lors, on a deux niveaux de lecture, un pour les nouveaux venus et l’autre pour les fans de la veille.

Parmi les bonnes idées, on peut compter sur la relation entre Owen Grady (Chris Pratt) et ses raptors avec un sidekick bien frenchie en la personne d’Omar Sy qui récupère un rôle bien plus intéressant que celui de Bishop dans X-Men: Days of Future Past, triste personnage atteint du foudroyant syndrome, le Homo superior figurantus. Cette relation est sublimée lors du climax (encore lui) et apporte une petite touche d’émotion qui aurait mérité d’être davantage approfondie.

« Hé, petite princesse des étoiles, tu sais qui je suis ? Do you know my name ? I am Wilson Fisk ! »

Par ailleurs, Chris Pratt (mon acteur préféré actuellement, je deviens hystérique à l’évocation de son nom) récupère un rôle assez sympathique, même si son Star-Lord reste un cran au-dessus. Je trouve que le film n’exploite pas assez son talent comique et le rend un peu trop lisse, un simple beau gosse de film d’action. Par contre, j’ai été agréablement surpris par l’interprétation de Bryce Dallas Howard en Claire Dearing, une héroïne digne d’Ellen Ripley. Ce qui rend la polémique impliquant le réalisateur d’Avengers d’autant plus savoureuse. Pour info, après avoir vu un extrait de Jurassic World, Joss Whedon s’est exprimé via Twitter pour s’indigner du sexisme de la séquence où il jugeait Claire Dearing comme une héroïne digne d’un film des années 70. Une femme soumise, quoi. Bref, il s’est pris un énorme vent comme Owen dans la séquence où Claire et lui tentent d’échapper à l’Indominus Rex. Par contre, respect au réalisateur Colin Trevorrow qui, au lieu de démonter Joss Whedon, a tenté de le défendre en précisant qu’il s’agissait d’un extrait marketing hors contexte.

Et un costume alternatif pour le T-Rex, un !

Bref, j’en profite d’avoir cité l’Indominus Rex pour en parler. Présenté comme le grand méchant loup de l’épisode, il est une créature assez sympathique, même si au final, il n’y a rien de franchement d’extraordinaire. Dans un jeu de combat, on aurait parlé de costume alternatif pour le T-Rex. Je sentais un potentiel pour cet hybride et j’ai terminé avec un sentiment d’une créature pas assez bien exploité. Rien que la séquence de son évasion… Il faut dire que pour rivaliser avec la première apparition du T-Rex, il fallait faire fort. Et visiblement, la marche était trop haute. Allez, rendez-moi ce verre qui tremble.

On mettra ça sur le compte de l’expérience du réalisateur Colin Trevorrow, novice dans ce genre de cinéma et en plus, il ne compte qu’un seul long-métrage à son compteur (si on excepte le téléfilm Gary: Under Crisis) : Safety Not Guaranteed avec Aubrey Plaza (d’ailleurs, compagne de Chris Pratt dans Parks and Recreation, le monde est petit) et Jake Johnson qui reprend ici, grosso modo, le rôle de Samuel L. Jackson. Pour rivaliser avec Steven Spielberg, il aurait fallu faire preuve d’un peu plus d’audace, mais sans doute qu’on ne lui a pas laissé beaucoup de latitude. Au moins, on aura eu droit à une flopée de situations comiques dont certaines sont franchement poilantes, comme la séquence de « Donnez-vous la main » avec le gamin d’Iron Man 3, Ty Simpkins.

Par Christophe Menat, le , en direct depuis le parc du Jurassique.

PS : ce titre de génie n’est pas de mon fait, mais d’Epice. Rendons à César ce qui est à César.

Et dans l’espace, on entendît crier.
C’était Ellen Ripley qui criait au plagiat.

Conclusion

Jurassic World est la meilleure suite de Jurassic Park (juste un poil au-dessus de Le Monde Perdu), mais elle reste évidemment en dessous de l’original. Là où le premier avait bouleversé le cinéma, Jurassic World ne se contente que d’être un blockbuster classique, même si bien emballé, avec un joli casting, de l’humour à dose de répliques marquantes et un climax jouissif. Il n’empêche qu’on se sent face à un remake déguisé en suite qui va servir de rampe de lancement pour une nouvelle saga estampillée Jurassic World (d’ailleurs, une suite serait déjà en préparation, sans Colin Trevorrow toutefois), la preuve avec cette sous-intrigue à la fin complètement ouverte impliquant InGen.

+

  • Le parc est à nouveau ouvert
  • Climax
  • Fan service sympathique
  • Le casting dans son ensemble
  • A tout ce qu’on demande d’un blockbuster estival : de l’action, de l’humour et un peu d’émotion

  • Indominus Rex, finalement moins accrocheur que prévu
  • Remake pas mal le premier Jurassic Park
  • Certains dinos en images de synthèse sont trop visibles
  • Scènes d’action (hors climax) peu originales
7/10
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A propos de l'auteur : (2854 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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