Critique : Dôme

Dôme
Faisons une expérience

 
Fiche

Écrivain:Stephen King
Traducteur:William Olivier Desmond
Editeur:Éditions Albin Michel
Titre original:Under the DomeDate de sortie:2 mars 2011
Genre:Drame, Horreur

La petite ville de Chester’s Mill, dans le Maine est soudain coupée du monde par un dôme transparent qui apparaît aux limites de la commune, causant plusieurs accidents mortels le temps que la situation soit connue. L’armée des États-Unis se révèle incapable de détruire ce dôme et les habitants de Chester’s Mill sont donc désormais livrés à eux-mêmes. Le deuxième adjoint municipal Jim Rennie profite de cette situation pour asseoir sa mainmise sur la ville grâce à son contrôle de la police, nommant policiers plusieurs jeunes gens particulièrement brutaux, dont son fils, Junior, qui est sujet à des accès de violence incontrôlables causés par une tumeur du cerveau non détectée. Dale Barbara, un vétéran de la guerre d’Irak désormais cuisinier à Chester’s Mill, se voit chargé par son ancien supérieur hiérarchique de découvrir l’origine du dôme. Avec l’aide des quelques habitants qui le soutiennent (dont la rédactrice en chef du journal local, le responsable médical et un trio de petits génies de l’informatique), il tente également de contrecarrer les plans de Jim Rennie.

Dôme

Dôme

Critique

Après avoir lu la saga fleuve La Tour Sombre dont le dénouement a été inoubliable de … perversité, je mis un peu de côté mes lectures me consacrant principalement aux comics, beaucoup plus efficace pour lire dans les transports en commun plutôt qu’un roman. S’arrêter à chaque changement est assez rébarbatif à la lecture d’un roman et le temps alloué est assez faible sauf pour ceux travaillant loin de leur domicile.

Mais il ne s’agit d’une piètre excuse comme pour m’excuser de m’être arrêté de lire des romans, l’homme/femme du 21ème siècle ne jure que par son Iphone/Blackberry avec l’internet connecté, il est loin le temps des voyageurs scotchés à son bouquin souhaitant parfois que le train prennent du retard afin de connaître le dénouement de l’intrigue. Petite pensée nostalgique pour un homme assez jeune mais bon, je ne vais pas vos refaire Minuit à Paris et déclarer qu’à l’époque, c’était mieux. Tout de même, accédez à L’équipe ou à Twitter sur son portable, c’est quand même magnifique.

Mais je divague, vous n’êtes pas ici pour lire mes pensées mais pour connaître mon avis sur le nouveau roman de Stephen King, Dôme. Une dernière parole avant de laisser la place au Marvelll critique, il faut savoir que je suis un gros gourmand de Stephen King, j’ai lu la plupart de ses romans et mes préférés restent de loin : Ça et Marche ou crève sans oublier mais c’est évident La Tour Sombre.

 
On connaissait de Stephen King son talent pour représenter l’horreur sous toutes ses formes que ce soit une araignée métamorphe (Ça), des espèces de Gremlins (Tommyknockers), des vampires (Salem), même des voitures (Christine) ou des créatures indescriptibles à la Lovecraft mais il ne faut pas oublier que ses créatures les plus monstrueuses sont souvent des humains. Qui oubliera la fana de Misery immortalisé sur le grand écran par Kathy Bates ou Jack Torrance de Shining (le plan désormais culte de Jack Nicholson transperçant l’ouverture de la salle de bain avec un rictus à faire pâlir la bête du Gévaudan).

Stephen King a toujours eu un talent pour parler de l’homme, de là a découlé ses plus belles histoires Les Evadés, La ligne verte ou Cœurs perdus en Atlantide. Même ses romans d’horreur les plus connus parlaient avant tout d’hommes et de femmes confrontés à l’horreur. Il pousse le vice avec Dôme en mettant en scène une expérience : que se passerait-il si on installait un dôme géant sur une ville du Maine (région où il vit actuellement et environnement de la grosse majorité de ses histoires) ?

Il n’y aura presque pas de fantastique mais une grosse histoire trépidante qui s’attache à suivre la destinée d’une trentaine de personnes sous ce dôme qui verra de multiples horreurs … humaines. Pas d’excuse à imputer à une quelconque créature maléfique. La seule présence du dôme est un catalyseur des évènements. En effet, les habitants de la ville coupée du reste du monde sont désormais isolés. L’armée ne peut plus y intervenir (et ce n’est pas faute d’essayer). Et il est fou, de voir ce que sont capables des hommes et des femmes livrés à eux-mêmes car désormais sous le dôme, seul la loi du plus fort y règne. Et surtout la plus grosse surprise, c’est la vitesse à laquelle les évènements s’enchaînent.

J’ai beaucoup apprécié de lire cette histoire malgré un début assez poussif. On peut prendre peur en voyant dans les premières pages la description de tous les protagonistes principaux mais on est réconforté par la découverte de cette carte de la ville qui nous permettra de nous situer sans problème et dieu sait que c’est important surtout devant la multitude d’intrigues parallèles se déroulant dans différents endroits. Pour revenir à la longueur, on peut même parfois être frustré par le nombre de personnages (on se dit qu’on n’arrivera jamais à s’y retrouver) mais c’est sans compter le génie de Stephen King déployant tous ses talents pour nous pondre des personnages attachants (donc facilement identifiable) et plus les pages défilent, plus il devient difficile de lâcher le roman. Les dernières pages défilent telle une voiture fonctionnant non pas à l’essence mais à la nitro.

A noter une explication de la présence du dôme plutôt agréable, loin des sempiternelles « Mouais, c’est moyen crédible » ou « Comme par hasard ». On pourrait aussi remarquer des similitudes entre Dôme et Le Fléau.

Conclusion

Encore un roman réussi de Stephen King sur une histoire d’hommes et de femmes coupés du reste du monde par un gigantesque dôme. Quoiqu’on se dise, il n’y a qu’un Stephen King et savourons chacune de ses histoires toujours portées par ce message : l’horreur n’est qu’humaine.
Trophée8/10
A propos de l'auteur : (1940 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.