Critique : Terminator: Dark Fate

Bannière du film Terminator: Dark Fate avec Linda Hamilton, Arnold Schwarzenegger, Mackenzie Davis, Natalia Reye et Gabriel Luna

Le Réveil du Terminator

Fiche

TitreTerminator: Dark FateTitre VO
RéalisateurTim MillerScénaristesDavid S. Goyer, Justin Rhodes, Billy Ray
ActeursLinda Hamilton, Arnold Schwarzenegger, Mackenzie Davis, Natalia Reyes, Gabriel Luna
Date de sortie23 / 10 / 2019Durée2h 09
GenreAction, Aventure, Science fictionBudget185 000 000 $

De nos jours à Mexico. Dani Ramos, 21 ans, travaille sur une chaîne de montage dans une usine automobile. Celle-ci voit sa vie bouleversée quand elle se retrouve soudainement confrontée à 2 inconnus : d’un côté, une machine Terminator des plus évoluées, indestructible et protéiforme, un « Rev-9 », venue du futur pour la tuer ; de l’autre Grace, un super-soldat génétiquement augmenté, envoyée pour la protéger. Embarquées dans une haletante course-poursuite à travers la ville, Dani et Grace ne doivent leur salut qu’à l’intervention de la redoutable Sarah Connor, qui, avec l’aide d’une source mystérieuse, traque les Terminators depuis des décennies. Déterminées à rejoindre cet allié inconnu au Texas, elles se mettent en route, mais le Terminator Rev-9 les poursuit sans relâche, de même que la police, les drones et les patrouilles frontalières… L’enjeu est d’autant plus grand que sauver Dani, c’est sauver l’avenir de l’humanité.

Critique

Depuis Terminator 2 : Le Jugement dernier, la saga où le futur vient foutre le bordel dans la présent n’aura jamais réussi à offrir une suite à la hauteur. Malgré quelques bonnes idées, je pense surtout à Terminator Renaissance en disant ça, les suites n’auront jamais réussi à renouer avec l’esprit des chefs d’œuvre de James Cameron.

Retour (partiellement) aux affaires

Suite à une histoire législative, les droits de la franchise sont revenus au papa d’Avatar et son ex-femme, Gale Ann Hurd. Bref, la mise en chantier d’un nouvel épisode par son créateur change pas mal la donne. Malheureusement trop occupé par la suite des aventures de ceux qui ont des orgasmes avec leurs cheveux (des chevophiles ?), James Cameron se sera contenté de s’impliquer dans l’histoire.

Choix majeur, à la manière du nouveau Halloween, on oublie toutes les suites après T2. Ainsi, Terminator: Dark Fate s’impose comme la véritable suite du Jugement Dernier. Deuxième choix majeur (et encore une fois à la manière d’Halloween), le retour de Sarah Connor.

Visiblement, ça n’a pas été facile de faire revenir Linda Hamilton dans le rôle, car cette dernière ne voulait pas renouer avec la célébrité. Ben ouais, elle était tranquille et voilà qu’on lui demande de retrouver une forme athlétique (pour l’anecdote, l’actrice a essayé de faire passer l’idée d’une Sarah ayant grossi pour avoir moins de taf – bien tenté, mais non) pour casser du métal.

À la réalisation, on retrouve un Tim Miller auréolé par les succès de Deadpool et la série Netflix, Love, Death + Robots, respirant bon la Sci-Fi hardcore. Surtout, le bonhomme dispose d’une formidable expérience dans le domaine des images de synthèse. Sur papier, il a tout du bon choix.

Où sont mes gouttes pour les yeux ?

Résultat ? Je le dis tout de suite. J’ai kiffé. Malgré tout, Terminator: Dark Fate n’est pas exempt de défauts. J’ai regretté des effets spéciaux un peu poussifs. Beaucoup trop d’utilisation de doublures numériques, à mon goût. D’autant plus que celles-ci sont loin d’être réussies. Pour résumer, ça pique parfois les yeux.

L’explication de la doublure numérique s’explique par les « pouvoirs » du nouveau modèle de Terminator, le Rev-9. Des pouvoirs impossibles à retranscrire sans avoir recours aux images de synthèse. J’en veux bien, des doublures, mais il faut les soigner. J’ai eu l’impression d’avoir les Agent Smith de Matrix Reloaded pourtant sorti il y a plus d’une décennie.

Deuxième bémol, le film souffre de quelques problèmes de gestion de rythme. La fluidité de la narration du long-métrage qui se veut comme une course-poursuite sur 36 heures n’est pas exemplaire.

Le meilleur depuis T2

Pour le reste, ça a été l’éclate totale. C’est même mon Terminator préféré après le premier et le second (je ne pense pas qu’il soit possible de les détrôner). À la manière de Star Wars: Le Réveil de la Force (le choix du titre de la critique n’est pas anodin), on a une sorte de remake / suite avec une passation de pouvoirs entre l’ancienne et la nouvelle génération. Dès lors, Dark Fate renoue avec le rythme très nerveux des premiers épisodes et demeure une course-poursuite sur deux heures entrecoupée de scènes approfondissant les personnages. Pas beaucoup de surprise, mais quel kif de reprendre de la formule magique de James Cameron.

Évidemment, cela ne peut fonctionner qu’en la présence :

  • de scènes d’action spectaculaires,
  • de personnages attachants.

Me concernant, je coche ces deux éléments.

Pour l’amour de l’action et des femmes

Pour le premier point, si on met de côté les doublures numériques de mauvais goût, Tim Miller et son équipe envoient du pâté. C’est sans aucun doute l’épisode le plus spectaculaire de la saga avec de sacrés morceaux de bravoure. Le tout se concluant sur un climax très réussi où les instants épiques sont nombreux. On retrouve cette philosophie de montrer des images puissantes. Autre point positif, une variété dans l’action. Malgré le grand nombre de séquences, je n’ai jamais eu l’impression de revoir la même chose.

Pour le second, je craignais l’aspect « on veut des femmes puissantes parce que c’est à la mode » qui peut, comme tout phénomène de mode, être agaçant. Mais pas du tout. Au contraire même. Les nouvelles venues en imposent. Mackenzie Davis est absolument géniale dans le rôle de Grace. Un personnage badass comme il faut, avec des faiblesses la rendant attachante. Si j’étais dubitatif concernant la nouvelle Sarah Connor, Natalia Reyes, une séquence m’a fait changer d’avis. Quant au nouveau Terminator, Gabriel Luna, sans atteindre le niveau inatteignable d’un T-800 ou d’un T-1000, il demeure toutefois assez marquant en offrant une partition différente de ce qu’on peut attendre d’un Terminator classique.

I’m back

Malgré tout, les stars de cet épisode sont, et de très loin, Linda Hamilton et Arnold Schwarzenegger. La première était un élément qui a été trop souvent oubliée au profit de John Connor. Eh ouais, le héros de James Cameron n’était pas John, mais sa mère, Sarah. Elle revient enfin et le charme a immédiatement opéré chez moi. Dès qu’elle a posé le pied au sol. Comme à son habitude, elle arrive à être à la fois badass, mais aussi humaine.

Le second est revenu à chaque épisode donc ce n’est pas une surprise qu’il soit encore une fois la star. Sauf que cette fois-ci, j’ai été pris au dépourvu par sa prestation. Arnold Schwarzenegger y livre une de ses meilleures prestations depuis un sacré moment même si je l’avais beaucoup aimé dans Maggie.

La dynamique du quatuor fonctionne très bien et se paye même le luxe de m’avoir offert des moments émouvants. Pour moi, Terminator: Dark Fate est un rappel que la clé du succès de la saga demeure dans ses personnages. Un point que les autres suites n’avaient jamais réussi à accomplir.

L’heure de spoiler…

… et de se dire au revoir si tu n’as pas encore vu Terminator: Dark Fate.

Jusqu’ici, je suis resté assez vague pour ne rien dévoiler de l’intrigue, mais maintenant, j’ai besoin de me lâcher sur les moments qui m’ont marqué donc j’ouvre la partie avec spoilers.

Je suis obligé de commencer par le commencement. Premier choc. La mort de John… Dommage que la scène n’ait pas été assez puissante que j’aurais aimé après coup. En effet, j’ai été déstabilisé par les rajeunissements numériques pas aussi réussis que sur Captain Marvel. Néanmoins, elle a eu son impact. Je m’attendais à voir Edward Furlong revenir dans le rôle, car ça avait été confirmé. Mais je n’aurais jamais imaginé ça. BOUM !

Pour John

J’ai adoré cette scène, car en plus de son impact émotionnel, elle permet de comprendre que le futur a été sauvé. John Connor n’a plus besoin de devenir le leader de la résistance contre Skynet, car ce dernier n’existe plus. En plus, cela permet d’offrir un joli background à Sarah Connor. Notamment, pour sa relation avec Carl.

Cela m’a également permis d’être sacrément ému sur le « Pour John. ». Une formule classe. Sans oublier la formidable sortie offerte au chêne autrichien en repensant le T-800 via un « What if ? » tout con, mais diaboliquement efficace : Et si le Terminator avait tué John Connor ?

Celui qui était extrêmement drôle

En plus d’accentuer la menace du Terminator, car, après tout, on parle quand même d’une machine qui n’aura jamais été capable de faire son taf, cela offre à Arnold la possibilité de creuser une nouvelle piste pour son rôle légendaire. Il avait commencé comme machine à tuer, puis avait mué comme protecteur de John Connor. Il finit désormais en tant que Carl. Un Terminator ayant accompli sa mission puis qui a eu une famille et un travail, qui a élevé un fils et surtout qui est « extrêmement drôle ». Il pose aussi une réflexion intéressante sur l’IA.

Je ne vais pas le cacher. J’ai aimé Carl. Surtout, durant le climax, où je l’ai trouvé absolument rayonnant jusqu’à son « Pour John. » final. Le rôle aura permis à Arnold de combiner son talent pour la badassitude et la comédie et lui offre une magnifique porte de sortie. Franchement, pas la peine de revenir après ça.

Tripes prises

J’ai apprécié également l’aspect viscéral de ce Terminator qui m’a fait renouer avec les deux premiers. Avec cette incessante course-poursuite où le rapport de force est toujours à la faveur du Terminator, j’ai eu à nouveau une tension palpable. Surtout que j’avais la sensation que n’importe qui pouvait mourir (sauf Dani, vu que c’est l’avenir de la franchise – et encore, on n’est pas à l’abri). Dès lors, quand un personnage prenait un coup, j’étais un peu crispé. La suite m’a donné raison avec un 2/4.

Pour couronner le tout, le final est absolument splendide d’un point de vue visuel où l’aspect mécanique des machines est ressorti. J’ai du mal à expliquer ce que je veux dire, car c’est un truc où je n’arrive pas à mettre les mots, mais, encore une fois, ça m’a renvoyé aux deux premiers Terminator. Les autres suites n’avaient jamais réussi à me faire raviver cette partie.

C’est accentué grâce au R. Il y a du sang qui gicle. La violence est visible. Coup de cœur pour le plan où Grace retient le Rev-9 grâce à sa corde enroulée autour de sa bouche. C’est désespéré et puissant. Bref, un exemple parfait de l’aspect qui m’a pris aux tripes dans Dark Fate.

Objectif infiltration

Pour le Rev-9 de Gabriel Luna, l’aspect infiltration demeure bien plus crédible qu’auparavant. Ce Terminator-là fait preuve de courtoisie et d’humour. Il s’agit clairement d’une version améliorée du T-1000, car d’un point de vue stratégique, il passe bien plus inaperçu. Légion a même été jusqu’à respecter l’ethnie.

Après, évidemment, d’un point de vue cinématographique, il est moins marquant que le T-800 ou le T-1000 qui étaient flippants grâce à leur inhumanité apparente. C’est heureusement contrebalancé par ses formidables capacités. Bonne idée d’avoir combiné le T-800 et le T-1000 au sein d’une même machine.

Concernant Grace, Mackenzie Davis est magnifique dans tous les sens du terme. J’ai adoré les passages flash-backs du futur. Il y avait un aspect Starship Troopers que j’ai bien kiffé. Surtout, c’est nihiliste comme il faut. Les Rev-9 y sont d’ailleurs particulièrement flippant. Toujours dans les flash-backs du futur, j’ai été agréablement surpris par celui mettant en scène la Dani du futur. J’avais du mal à la voir en nouvelle John Connor, mais cette scène m’a convaincu.

Opération canardage

J’ai beaucoup aimé la diversité des scènes d’action. Aucun sentiment de répétitivité malgré le fait que le film soit une immense course-poursuite. Gros coup de nostalgie lors de la course-poursuite sur l’autoroute au Mexique. Une scène dans l’avion assez folle. Un passage amusant avec la voiture militaire (j’ai zappé le nom) sous l’eau. Pour couronner le tout, un climax généreux.

Pour finir, j’ai fait exprès de garder Linda Hamilton pour la fin. Outre sa magnifique coiffure. Quel régal de la retrouver dans le rôle de Sarah Connor. Surtout que l’aspect tragique du destin de son fils a permis d’étoffer le background émotionnel. J’ai été ému aux larmes par son monologue quand elle dit ne plus se rappeler du visage de son fils. J’ai pleuré un peu quand elle regarde Carl mourir avec une pointe de reconnaissance malgré son acte impardonnable. Bref, Sarah Connor est de retour et quel retour !

Par encore sous le charme de la coiffure de Sarah.

Conclusion

Je m’attendais à être déçu par Terminator: Dark Fate comme je l’avais été par toutes les autres suites. Seul motif d’espoir, le retour de James Cameron, mais bon, il ne faut pas oublier que le gars s’est juste contenté de penser à l’histoire sans aller plus loin. Malgré tout, le film du jour est une grosse réussite renouant avec l’esprit des deux premiers épisodes. Bref, de l’action bien lourd comme il faut, une violence et un aspect graphique marquants, des pointes d’humour pince-sans-rire et surtout de l’émotion. Bref, le meilleur épisode de la saga depuis T2.

+

  • Le meilleur depuis T2
  • Scène d’ouverture
  • Retrouver l’esprit de la saga
  • Personnages principaux
  • Moments émouvants
  • Action viscérale et pas répétitive
  • Humour avec Carl
  • Plans respirant la Sci-Fi hardcore

  • Doublures numériques
  • Rythme pas parfait
8/10

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