Critique : Captain Marvel

Plus haut, plus loin, plus vite

Fiche

TitreCaptain MarvelTitre VO
RéalisateursAnna Boden, Ryan FleckScénaristesAnna Boden, Ryan Fleck, Geneva Robertson-Dworet
ActeursBrie Larson, Samuel L. Jackson, Ben Mendelsohn, Djimon Hounsou, Lee Pace, Lashana Lynch, Gemma Chan, Annette Bening, Clark Gregg, Jude Law
Date de sortie06 / 03 / 2019Durée2h 04
GenreAction, Aventure, Science fictionBudget152 000 000 $

Le film raconte comment Carol Danvers va devenir l’une des plus puissantes super-héroïnes de l’univers. Alors qu’une guerre galactique opposant deux races d’aliens atteint la Terre, la jeune femme se retrouve précipitée au cœur de la bataille, aidée de quelques alliés.

Le monde va tomber amoureux d’elle.

Critique

L’année super-héroïque 2019 démarre à la manière d’un Faucon Millenium faisant un saut dans l’hyperespace… Quoi ? Y a Glass qui était sorti avant ? Ah ouais, t’as raison… Mais, ça ne colle pas avec mon introduction donc tu fais jouer l’amnésie comme Carol Danvers et on attaque la critique. Ça te va ? Allez, je reprends : l’année super-héroïque 2019 démarre à la manière d’un Faucon Millenium faisant un saut dans l’hyperespace et c’est Captain Marvel qui ouvre la marche.

Par où commencer ? Dur de trouver un premier angle d’attaque tant j’ai à dire. Pourtant, le nouveau film de Marvel Studios n’a pas ce problème. En effet, dès l’ouverture (avec une magnifique surprise), j’ai été pris jusqu’à être relâché à la fin de la dernière scène post-générique. Captain Marvel brille particulièrement pour sa gestion du rythme. Aucune faiblesse durant les deux heures. Tout est géré à la perfection. Que ce soit l’action, les temps morts ou le développement des personnages et de l’univers. Si je dois être pointilleux, il reste quand même une introduction de certains éléments un peu trop rapide, à mon goût, pour les néophytes.

Pas une princesse Disney…

On va me taxer de Marvel boy voulant basher DC, mais, à mes yeux, cette version de Captain Marvel représente tout ce que Wonder Woman aurait dû être. L’un de mes principaux reproches au film de l’Amazone est que, malgré ses super pouvoirs et un contexte Première Guerre mondiale prononcé, Diana Prince reste une princesse Disney. « Quelle ironie ! », comme le disait si bien ce cher Palpatine. Comprendre par là qu’elle reste prisonnière d’une love story cucul la praline. En gros, Wonder Woman, même s’il y a le mérite de mettre en avant une femme et une réalisatrice dans un monde peuplé d’homme, restait dans la lignée du « les garçons jouent à la guerre, les filles à la poupée ».

Captain Marvel bouleverse ces enjeux, car il y introduit une femme faisant la guerre. Tout est fait pour que Carol Danvers ne soit pas une princesse Disney. Cela commence par un costume n’ayant rien de sexy (alors que la version comic…). Il y avait eu des mèmes qui ont circulé montrant que Spider-Man avait un bien plus joli cul en costume que Captain Marvel.

C’est qui qu’a les plus belles fesses ?

… mais un super-héros

Mais le meilleur reste son caractère. Avant de continuer, une petite pause sur un petit débat qui a eu lieu à la sortie de la bande-annonce. Certains ont reproché à Brie Larson de ne jamais sourire et d’être aussi expressif qu’une statue. Si j’en parle, c’est parce que je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en y repensant durant le visionnage. Car Brie Larson y est géniale. Elle multiplie les expressions, traits d’humour ou mimiques délicieuses et parfois hilarantes. Par exemple, gros coup de coeur pour ce petit souffle pour enlever la mèche de cheveux qui gêne son champ de vision alors qu’elle est en mode Terminator à bord du métro. La super-héroïne que j’attendais depuis des années est enfin là. Une capable de rivaliser avec les plus grands super-héros en offrant classe, humour, émotion et badassitude… N’oublions pas qu’elle est également pilote de l’Air Force (et ça donne des passages vraiment cools). Je crois qu’il va falloir que je le dise : je suis tombé amoureux de Captain Marvel. Dès lors, ne comptez pas sur moi pour être objectif.

Nick Fury et Carol Danvers entrent dans un buddy movie

Symbole absolu de l’affranchissement du statut « princesse Disney » pour devenir un véritable super-héros. L’absence de love story. À la place, on bifurque intelligemment vers le buddy movie dont les années 90 en étaient extrêmement friandes. Dans le rôle du pote, Nick Fury. Un Nick Fury pas encore la légende du SHIELD qu’on connait et c’est tout simplement génial. Détail qui tue : on oublie très vite qu’il s’agit d’une version jeune tant la qualité des effets spéciaux est époustouflante (ne l’oubliez pas pour les Oscars de l’année prochaine). On l’avait découvert avec Michael Douglas, mais là, c’est sur tout un film. Anecdote amusante, le responsable du rajeunissement a dit que son boulot sur Samuel L. Jackson et Clark Gregg a été facilité par le fait que les deux acteurs ne font pas leur âge. C’est vrai qu’ils vieillisent bien.

Toujours pour rester dans les années 90, j’ai été ravi de ce saut dans le temps. Pendant de longues minutes, j’ai pu déguster plusieurs madeleines de Proust (oh, le goinfre). Car ces années-là sont celles de mon enfance. Internet moche et qui rame. Le vidéo-club. Street Fighter II. Ils ont su taper là où ça fait du bien. Sans oublier une partie dont le style n’étant pas sans rappeler celui d’un de mes films préférés of all time : Terminator 2 : Le Jugement dernier. Quant au duo Larson/Jackson (déjà leur troisième film ensemble), il fait des étincelles (parfois au sens littéral 😛 ). Les répliques fusent et font très souvent mouche comme sur l’hilarant passage à la The Thing. Bref, le retour aux années 90 est parfaitement accompli, car le buddy movie est une réussite majeure. Quel kif itou de découvrir une nouvelle tranche du MCU.

Dis donc, t’as pris un sacré coup de… jeune.

La formule Marvel Studios : humour et émotion

L’humour est toujours autant soigné. Ça reste dans la pure traduction des Marvel Studios. Toujours les bonnes répliques et les évènements cocasses au bon moment. Résultat, je me suis marré plusieurs fois et j’ai en redemandé. À ce jeu, je ressors deux MVP : Brie Larson et… Goose. Goose, c’est qui ? Le chat. Je n’en dis pas plus.

Qui dit Marvel Studios, dit des moments d’émotion. La plupart d’entre eux arriveront avec Maria Rambeau jouée par l’épatante Lashana Lynch. En quelques minutes, elle aura réussi à m’arracher quelques larmes. Sans oublier, le magnifique dernier flash-back. On pouvait le voir dans la bande-annonce, mais ça ne l’empêche pas de demeurer toujours aussi efficace en plus d’être superbement monté.

Encore une fois, dans la tradition du studio, on va chercher des réalisateurs méconnus ayant fait leurs armes dans le cinéma indépendant. Ici, le duo Anna Boden et Ryan Fleck. Niveau réalisation, ils envoient pas mal de jolis plans. J’en ai particulièrement adoré un avec l’Intelligence Suprême. Ce qui compte pour Marvel Studios, ce sont des réalisateurs qui s’attachent aux personnages avant tout et pour le coup, comme je l’ai dit au-dessus, je trouve qu’ils ont parfaitement réussi à faire de Captain Marvel, une super-héroïne badass. Elle représente l’avenir du Marvel Cinematic Universe et je suis prêt à la suivre jusqu’à l’autre bout de la galaxie.

La plus puissante du MCU ? Approved !

Purée, j’ai déjà écrit pas mal de paragraphes, mais j’ai encore des choses à dire. C’est très bon signe. Passons à l’action et aux pouvoirs de Captain Marvel. Alors là, Kevin Feige avait dit qu’elle serait le personnage le plus puissant du MCU. J’attendais de voir… Je n’ai pas été déçu du voyage. Wow. Il y a une scène d’action que j’avais toujours rêvé de voir avec Superman. Je l’ai eu. Mais avec Captain Marvel dans le rôle principal. Maintenant, je veux bien croire le Feige. Elle est incroyablement puissante. La cerise sur le gâteau ? La représentation de ses pouvoirs est fantasmagorique. Je vais être vulgaire, mais PUTAIN, QU’EST-CE QU’ELLE EST CLASSE QUAND ELLE Y VA À FOND. Les yeux qui s’illuminent. Je raffole de cet effet. Tout comme les cheveux qui volent comme si elle était sous l’eau. Après tout, c’est ce que j’adorais chez Mar-Vell. Surtout dans la saga X (Earth X, Universe X, Paradise X).

Sangoku, je t’attends !

On arrive à un point qui m’a déçu. Même si je trouve que Marvel Studios a réussi à adoucir cette déception. Je vais ouvrir une petite balise spoiler.

Spoiler

Je voulais tellement avoir mon Mar-Vell dans le MCU. J’attendais ça depuis tellement longtemps. Je l’ai eu, mais pas sous la forme que j’attendais. Néanmoins (et bizarrement), ça me va quand même, car c’est bien foutu. Cf. le paragraphe suivant.

Manipuler le public et les fans

N’empêche que niveau marketing, Marvel Studios, ce sont les meilleurs. Encore une fois, ils ont joué avec la connaissance des fans en les introduisant en erreur. J’adore ça, car ça sonne comme un clin d’œil. On sait que vous êtes fans et que vous connaissez beaucoup de l’univers Marvel. Mais nous aussi. C’est donc pour ça qu’on va jouer avec cette connaissance pour mieux vous surprendre. Après Ragnarok et Infinity War, c’est encore une mission réussie.

Dernier point, l’histoire. Encore une origin story ? Sauf que grâce à l’amnésie de sa super-héroïne, on change de structure et on zappe la phase découverte des pouvoirs. Cette phase est souvent cool, mais on en a déjà eu pas mal avec tous ces films de super-héros. Au final, on prend le récit en cours de route dans un contexte de guerre entre les Krees et les Skrulls (je ne veux pas approfondir pour ne pas spoiler d’où l’omission de la Starforce et Talos dans cette critique). Résultat, je n’ai pas subi les « rails » qu’on pouvait parfois ressentir sur les films Marvel Studios et j’ai été de surprise en surprise. Petit coup de cœur pour les métamorphoses des Skrulls.

Par parti acheter la figurine Funko de Captain Marvel, le5 mars 2019.

Ouais, Marvelll, il est chaud.

Conclusion

Avant Avengers: Endgame, on a droit à l’amuse-bouche Captain Marvel. Surprise, c’est bien plus qu’un simple apéritif. Il y a tout pour kiffer sans fausse note. Du voyage (que ce soit la partie cosmique ou terrestre). Une guerre Kree-Skrull plus profonde qu’il y paraît. De l’action spectaculaire. Un génial duo Carol/Fury. De l’émotion via Maria Rambeau. Un MVP sorti de sa litière. De la surprise (même pour les fans). Un humour délicieux. De la nostalgie « années 90 ». Mais tout ça n’est rien devant Captain Marvel. Brie Larson est exceptionnelle et a ravi mon cœur. Elle est désormais un de mes super-héros préférés. Notez l’utilisation du genre masculin pour ne pas cloisonner Carol Danvers dans un registre lié à son sexe. Et ça veut beaucoup dire.

+

  • Captain Marvel, désormais un de mes super-héros préférés
  • Buddy movie avec Captain Marvel et Nick Fury
  • Narration atypique
  • Action spectaculaire
  • Années 90
  • Goose
  • Contexte guerre Kree-Skrull
  • Drôle et émouvant
  • Certains plans stylés
  • Double hommage à Stan Lee dont une qui arrache un sourire tout en fendant le cœur

  • Un point que je ne peux pas divulguer sous peine de spoiler, mais c’est dans la critique
9/10

Advertisements
A propos de l'auteur : (3026 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

Tu kiffes l'auteur ? Suis-le sur : Twitter ou Facebook.