Critique : Star Wars: Épisode VII – Le Réveil de la Force

Le jour est enfin arrivé

Fiche

Titre:Star Wars: Épisode VII – Le Réveil de la Force
Réalisateur(s):J.J. Abrams
Scénariste(s): Lawrence Kasdan, J.J. Abrams, Michael Arndt
Acteurs: Daisy Ridley, John Boyega, Adam Driver, Oscar Isaac, Andy Serkis, Lupita Nyong’o, Gwendoline Christie, Crystal Clarke, Pip Andersen, Domhnall Gleeson, Max von Sydow, Harrison Ford, Carrie Fisher, Mark Hamill, Anthony Daniels, Peter Mayhew, Kenny Baker
Titre original:Star Wars: Episode VII – The Force AwakensDate de sortie:16 / 12 / 2015
Pays:États-UnisBudget:
Genre:Action, Aventure, Fantastique, Science FictionDurée:2h 16

Dans une galaxie lointaine, très lointaine, un nouvel épisode de la saga « Star Wars », 30 ans après les événements du « Retour du Jedi ».

La Force s’est réveillée.

Critique

Tout a commencé le 30 octobre 2012. Ce jour-là, Disney avait officialisé le rachat de LucasFilm et annoncé la mise en production de Star Wars: Le Réveil de la Force. Quelques mois plus tard, J.J. Abrams était annoncé comme le réalisateur. Après avoir ressuscité la franchise intergalactique Star Trek, le geek devait s’attaquer à une mission encore plus périlleuse. Pour l’anecdote, J.J. Abrams avait d’abord refusé, car le bonhomme est un fan absolu de Star Wars (alors que Star Trek…) et il voulait découvrir l’épisode VII comme tout le monde. Ce n’est qu’après l’insistance de la présidente de LucasFilm, Kathleen Kennedy, qu’il s’est laissé convaincre. Un choix payant ?

Évidemment, avant la sortie du film, je me suis refait l’intégrale de la saga et j’ai gardé le dernier, Le Retour du Jedi, pour la veille. Alors que le générique final défilait, je me suis rendu compte que demain… Demain, j’allais enfin avoir droit à la suite. Je me rappelle avoir vu les films pour la première fois à l’âge de 8 ans et depuis, annuellement, et c’est même devenu une tradition, je me refais la trilogie. À chaque fois, c’était avec un pincement au cœur que je rangeais les K7 DVD Blu-Ray de Star Wars. Sauf que cette fois-ci, une vraie suite allait voir le jour et c’était pour demain…

Moi, au réveil, ce mercredi matin.

Mercredi matin, au réveil, j’étais alors tétanisé. Et si je revivais La Menace Fantôme ? Les minutes avant la séance paraissaient alors longues, mais plus la séance approchait, plus j’étais apaisé. Comme si la Force me parlait pour me dire de ne pas m’inquiéter. Oh, la dernière phrase fait quand même un peu pitié, mais je la laisse, ça illustre bien le ridicule de la situation – se mettre dans des états pareils pour un film… Cinq minutes avant la séance, les lumières s’éteignent et l’écran devient noir. C’est alors que des étoiles se mettent à défiler, comme sur l’écran de veille culte de Windows, accompagnées d’un immense compte à rebours jaune reprenant la police de Star Wars. Le compte à rebours annonce le temps restant avant la séance. Alors que je m’attendais à ce qu’ils semblent une éternité, ils sont passés à la vitesse de l’éclair. L’excitation montait, montait. Et puis l’apparition de…

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…

C’est bon, j’y étais. Une bonne partie de la planète y était et s’apprêtait à découvrir le nouvel épisode.

Je fais avance rapide jusqu’à la fin.

Voilà que je sors de la séance. Je suis chamboulé. Je ne sais plus quoi penser. Je n’ai déjà qu’une seule hâte. Revenir ce soir pour un nouveau visionnage, l’esprit apaisé. Mais que vais-je bien pouvoir dire ? Que vais-je pouvoir mettre dans ma critique ? C’est alors qu’une idée a trotté dans ma tête. Et si je mettais juste « Me faites pas chier, allez le voir, point barre. » ? Que dire d’autre ? Puis le temps a passé. J’ai repris mes esprits et je peux désormais prendre le clavier pour transformer mes pensées en binaire. Je vous préviens, je parlerais avec le cœur, pas avec la raison. Parce que la raison, on l’emmerde. Parce que c’est Star Wars, bordel !

Star Wars: Épisode VII – La critique par Marvelll

Un seul vrai défaut m’est apparu. Un seul. Mais en même temps, difficile de le considérer comme un vrai défaut. Ce défaut est… Hum, je laisse durer le suspense pour le fun… Ce défaut est que cet épisode est presque un remake de Star Wars: Épisode IV – Un Nouvel Espoir qui aurait pioché dans le meilleur des autres épisodes. Si ce défaut m’a légèrement agacé, difficile de faire autrement. Il y a eu, mine de rien, 32 ans depuis Le Retour du Jedi. Rendez-vous compte. 32 ans. Il faut donc prendre en compte un nouveau public qui n’aura peut-être jamais vu les épisodes précédents (d’où, sans doute, la disparition du numéro de l’épisode du titre officiel). Il faut donc, pour lui, synthétiser les plus grandes idées de l’hexalogie afin de repartir sur des nouvelles bases et reproduire le succès du Marvel Cinematic Universe comme le prouve la présence des spin-off. Toutefois, il faut aussi faire plaisir aux fans de la veille.

Bon, on reprend.

Dans ce numéro de trapéziste, J.J. Abrams s’en est finalement sorti à merveille. Il a réussi à équilibrer les deux enjeux et faire un Star Wars en bonne due et forme. Un Star Wars qui est une véritable extension de l’ancienne trilogie tout en reprenant des éléments de la nouvelle (même si ces dernières sont assez dérisoires).

Le plus surprenant, du moins, ce qui m’a le plus surpris, c’est de retrouver un style finalement très proche des anciens (cette fameuse volonté de George Lucas de vouloir faire un documentaire sur des évènements se déroulant dans une galaxie lointaine). Le même rythme est aussi présent. Tout va très vite. Les temps morts sont inexistants. Quand une scène perd de son intérêt, on bifurque directement sur une autre. À tel point que les deux heures et quart passent en 12 parsecs. Arrivé vers la fin, je cherchais à tout prix le frein à main. Afin de l’actionner. Je ne peux pas attendre un an et demi avant d’avoir la suite. Non. Et ça, c’est la marque des très grands films. S’avérer trop court, malgré une durée tout de même conséquente.

Ça va trop vite !

Néanmoins, le plus impressionnant, et c’était déjà entrevu dans les bandes-annonces, concerne la qualité des effets spéciaux. C’est monstrueux. C’est magnifique. Et voilà, le coup de génie : supprimer le point qui est mon principal reproche à la nouvelle trilogie. J.J. Abrams a réhabilité les décors et costumes fait-main. Et ça se ressent. Je n’arrivais plus à différencier ce qui était né d’un ordinateur ou d’une main. Le tout se mélangeait à la perfection. Dès lors, j’étais totalement immergé. Il ne me restait plus qu’à suivre l’histoire.

Et quelle histoire. Si on peut regretter son aspect remake, elle apporte tout de même beaucoup de nouveautés et aussi de nouvelles questions. La Galaxie a changé. Et il est difficile d’en saisir toutes les nuances dans les deux heures qui nous sont offertes (enfin, offert, offert, pour le prix d’un billet, quoi). La principale question concerne l’aspect de la Nouvelle République.

Côté émotions, j’ai été servi. Plusieurs fois, les larmes ont coulé. Attention, et c’est exceptionnel, c’était des larmes de joie. Retrouver Han Solo, Chewie, Leia, R2-R2 et C-3PO. Ça n’a pas de prix… Bon techniquement, le prix d’un billet (comique de répétition). Avec ce film, Han Solo pète le feu. Il est LA star de cet épisode. Rien à dire de plus.

Une flopée de nouveaux personnages charismatiques

La vraie curiosité concernait les nouveaux venus : Rey, Finn, BB-8, Poe Dameron, Maz Kanata sans oublier Kylo Ren et le Général Hux accompagnés du Suprême Leader Snoke. Ils sont tous excellents. À ma grande surprise, j’ai immédiatement accroché. Rey (Daisy Ridley) est une héroïne vraiment attachante, une Luke Skywalker nouvelle génération. De l’autre côté de l’affiche, Finn (John Boyega, que j’ai découvert dans Attack The Block) est génial. Le successeur d’Han Solo. Toujours la réplique sarcastique qui va bien. Il est le personnage le plus drôle de cet épisode, mais arrive toujours à garder son sérieux dans les scènes dramatiques. C’est pourquoi, je le considère comme le Han Solo 2.0.

Au premier abord, je n’étais pas vraiment convaincu par le look de BB-8. Sérieusement, c’est quoi ce ballon de basket ? Puis finalement, au-delà de l’apparence ridicule, j’ai découvert un personnage très attachant. Le R2-D2 nouvelle génération. J’imagine que tu commences à saisir cette sensation de remake 😛 . Poe Dameron est malheureusement sous-exploité dans cet épisode. Mais de ce qu’on en voit, ça promet pour la suite. Maz Kanata est un personnage surprenant, car ne ressemblant à rien de connu (sauf… je me risque, Yoda ?). Je l’aime beaucoup.

Le Côté Obscur dans l’obscurité.

Du côté Obscur. Kylo Ren (Adam Driver) réserve une belle surprise et est le… Eh oui, ça ne manque pas… Dark Vador 2.0. Un statut revendiqué par le personnage. Malgré tout, j’ai un peu de mal à comprendre ses motivations. J’y reviendrais dans la partie spoiler. Pour le Général Hux (Grand Moff Tarkin 2.0), je retrouve un acteur que j’aime beaucoup, Domhnall Gleeson. Le mec m’a épaté par sa froideur très Empire. Un personnage à approfondir. Quant au Suprême Leader Snoke (l’inévitable Andy Serkis), l’Empereur 2.0, sa première apparition… Juste wow.

Un sans-faute au rayon du casting au-delà de l’aspect remake, sauf un. Le capitaine Phasma (pour l’anecdote, le nom est un hommage au film de Don Coscarelli, Phantasm) est le Boba Fett 2.0, et exactement comme lui, il a acquis un statut de personnage culte dès la bande-annonce alors que dans le film… Petite déception aussi pour les deux stars de la saga The Raid, Iko Uwais et Yayan Ruhian. Les deux n’ayant finalement que des rôles très secondaires.

Je commence à m’essouffler. À ne plus rien avoir à dire hormis des spoils. C’est donc l’heure d’ouvrir la partie spoiler.

Spoiler : Mais où est Luke ?

L’un des aspects que j’ai adoré dans le film, c’est l’intrigue « Where in the Galaxy is Luke Skywalker ? ». Surtout, car il s’agit d’une intrigue inédite et en plus, elle est fascinante. Elle provoque l’envie de retrouver le dernier des Jedi. Positionner le moment des retrouvailles à la toute fin du film est une excellente idée. On en devient fou. On se dit que ça va être long avant l’épisode VIII et surtout, l’esprit entre en fusion et semble véritablement déboussolé. Que va nous réserver la suite ? Car on devrait cette fois-ci quitter l’aspect remake pour découvrir une toute nouvelle histoire. Du moins, je l’espère, car ce défaut peut-être pardonné une fois, pas deux.

Concernant les motivations de Kylo Ren, j’avoue avoir été déstabilisé par un point. Le gamin semble vouloir suivre la voie de son grand-père, mais ne sait-il pas que ce dernier est revenu du Côté Obscur pour sauver son fils ? Aussi, mais à qui parle-t-il quand il est tout seul dans la pièce et en proie aux doutes (Anakin a accédé à l’immortalité et parle à Ben ?). Évidemment, il va falloir attendre la suite pour le découvrir, mais voilà, une intrigue diablement excitante.

Pour terminer, LA scène marquante de ce septième épisode. La mort d’Han Solo. Si elle était prévisible, elle reste néanmoins déchirante. C’est rageant de le voir mourir de la main de son fils. Plus triste encore. Voir son corps tomber dans le vide et se dire que c’est sur ce plan qu’Han Solo nous quitte. Que c’est la dernière fois qu’on voit ce bon vieux brigand. Mon dieu. Non. C’est trop tôt ! Pas déjà !

Par Christophe Menat, le , depuis une galaxie lointaine, très lointaine.

Ça va être long avant l’épisode VIII.

Conclusion

J.J. Abrams l’a fait. Si Star Wars: Le Réveil de la Force souffre d’un vrai défaut, son aspect remake, il n’en reste pas moins qu’il réveille la franchise en renouant avec la magie de l’Ancienne Trilogie. C’était la véritable nouvelle trilogie qu’on attendait. Il va même plus loin en livrant un blockbuster parfait, car contenant tout ce qu’on attend du genre : de l’action, du spectaculaire, du rythme, de l’humour, de l’émotion (beaucoup, pour un fan de la vieille) et surtout des nouveaux personnages attachants. Que demander de plus à part l’épisode VIII ? Rien.

+

  • Retrouver les héros de l’Ancienne Trilogie
  • Les nouveaux personnages sont géniaux
  • Les monstrueux effets spéciaux avec un subtil mélange entre le numérique et le réel
  • Très rythmé
  • Narration impeccable et envoûtante
  • J’en ai pleuré de joie

  • L’aspect remake, même si compréhensible
10/10

Affiche de Star Wars: Episode VII – Le Réveil de la Force

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A propos de l'auteur : (2883 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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