Critique : Cruella

Cruelle, cruelle diablesse

Fiche

Titre Cruella Titre VO
Réalisateur Craig Gillespie Scénaristes Dana Fox, Tony McNamara
Acteurs Emma Stone, Emma Thompson, Joel Fry, Paul Walter, John McCrea, Emily Beecham, Mark Strong
Date de sortie23 / 06 / 2021 Durée2h 14
GenreComédie, Crime Budget100 000 000 $

Londres, années 70, en plein mouvement punk rock. Escroc pleine de talent, Estella est résolue à se faire un nom dans le milieu de la mode. Elle se lie d’amitié avec deux jeunes vauriens qui apprécient ses compétences d’arnaqueuse et mène avec eux une existence criminelle dans les rues de Londres. Un jour, ses créations se font remarquer par la baronne von Hellman, une grande figure de la mode, terriblement chic et horriblement snob. Mais leur relation va déclencher une série de révélations qui amèneront Estella à se laisser envahir par sa part sombre, au point de donner naissance à l’impitoyable Cruella, une brillante jeune femme assoiffée de mode et de vengeance…

Critique

Disney aurait-il trouvé un autre bon filon (toujours dans les bons coups, le studio aux oreilles paraboliques) ? Après Maléfique (2014), c’est au tour d’un autre de leurs méchants iconiques de faire connaissance avec la gloire du film solo : la terrifiante Cruella. Ouais, la grosse la tarée qui veut son manteau en peau de dalmatiens. Pour remplacer Glenn Close, la Cruella des films live Les 101 dalmatiens (1996) et 102 dalmatiens (2000), officiant désormais au poste de productrice exécutive, la fille de La La Land été choisie.

Sincèrement, je m’attendais à un film très moyen et me préparais à m’ennuyer vu qu’on atteint une durée atteignant d’un poil de fesse les 2 heures et 15 minutes. Heureusement, comme avec Maléfique, j’ai été agréablement surpris. Même encore plus, tant l’ambiance est absolument géniale.

Cri de cœur du punk londonien

Loin d’un univers coloré, on est dans une atmosphère légèrement dark dirigé par les codes du punk londonien des années 70. Les décors très réussis permettent une immersion palpable. La caméra du Craig Gillespie de Moi, Tonya (2017) n’hésite jamais à s’envoler, bercée par une BO donnant un sacré rythme grâce à des choix musicaux pêchus. Toutefois, la grosse mandale vient sans hésiter des costumes.

Bordel, c’est un régal de chaque instant. Disney a eu un très bon flair (donc loin de celui de Joachim Löw) en embauchant la costumière Jenny Beavan, oscarisée deux fois (Chambre avec vue et Mad Max Fury Road). Je ne suis pas spécialement fan de mode (« Pas du tout même. », dirait ma compagne, « T’as vu un peu comment tu te fringues ? Heureusement que je suis là pour t’aider à choisir les bons vêtements. ») et généralement pas trop réceptif aux costumes dans les films, mais là, j’ai été totalement bluffé. Chaque présentation de robe par Cruella est un show. D’autant plus satisfaisant que ça sert parfaitement l’histoire en mettant en avant le choc des générations entre Cruella et la Baronne. Franchement, si elle ne gagne pas encore un Oscar, je serais choqué.

Deuxième gros point fort. Emma Stone. Alors que je m’attendais à la voir galérer pour remplacer Glenn Close, elle l’a tout simplement pulvérisé dans mon cœur. Bordel, quand elle devient Cruella, c’est un spectacle à elle seule. Rien que la façon dont elle se meut est subjuguant. L’actrice a parfaitement réussi à unifier deux mondes. Celui sérieux et celui cartoonesque, sans jamais que l’un ne prenne le pas sur l’autre. En gros, c’est la fusion ultime entre le déprimant Joker de Joaquin Phoenix et l’excentrique Cruella de Glenn Close. Un gros bravo.

Parce qu’il faut un méchant

L’important aussi dans un film du genre, c’est d’avoir un bon méchant. Problème, la méchante devient le personnage principal, donc l’héroïne. Comment faire ? Facile, on fait un personnage encore pire : la Baronne. Une autre Emma, dont le nom est identique à celui du pistolet-mitrailleur des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale (Thompson pour ceux qui sont nuls au Trivial Pursuit), nous sort une prestation digne de Meryl Streep dans Le Diable s’habille en Prada. Détestable par toutes ses pores, la Baronne est un personnage qu’on décrit comme « on adore la détester ». Pour finir avec le casting, un petit mot pour le duo Jasper/Horace. Dans un style cartoonesque, ils sont très amusants. Surtout Horace et ses nombreuses blagues.

À noter pas mal d’easter eggs très sympathique à droite et à gauche dont une délicieuse scène mid-générique et les paroles de la chanson culte. Bref, je me suis éclaté du début jusqu’à la fin. Le seul bémol, même si je ne le considère comme tel, c’est de voir Cruella, à la manière de Maléfique, devenir un personnage pas si méchant que ça en fait. Du coup, on ne peut pas considérer le film comme étant le véritable préquel des 101 dalmatiens, mais plus comme une nouvelle œuvre. À moins qu’il s’agisse du multivers ? Loki, qu’est-ce que tu as foutu ? Par contre, j’ai adoré la façon dont ils ont retourné le rapport de force entre elle et les dalmatiens. L’autre point moyen, ce sont les twists. On les sent un peu trop venir à des kilomètres.

Par avec une envie inattendue de le revoir.

Conclusion

Alors que je m’attendais à un film très moyen, j’ai été soufflé par Cruella. Toutes les cases attendues pour une bonne histoire d’origine sur un vilain emblématique de Disney sont cochées. Dans le Londres des années 70, on assiste à la naissance d’une Cruella n’ayant jamais été aussi au top. D’une part, grâce à la prestation énorme d’Emma Stone (son meilleur rôle à mon goût). D’autre part, pour le sublime déluge de costumes tous plus beaux les uns que les autres. Alors quand, en plus, on lui met dans les pattes l’ancêtre du Diable qui s’habillait en Prada. Il y a tout pour kiffer.

+

  • Emma Stone en Cruella, c’est époustouflant
  • Cruella feat Le Diable s’habille en Prada
  • Costumes splendides
  • Londres entre l’ancienne garde et le mouvement punk
  • Easter eggs 101 dalmatiens judicieusement placés

  • Twists trop prévisibles
8/10

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