La voie du trône
Fiche
| Titre | Stranger Things | Titre VO | – |
|---|---|---|---|
| Créateur | Matt Duffer & Ross Duffer | ||
| Acteurs | Winona Ryder, David Harbour, Millie Bobby Brown, Finn Wolfhard, Gaten Matarazzo, Caleb McLaughlin, Noah Schnapp, Sadie Sink, Natalia Dyer, Charlie Heaton, Linda Hamilton | ||
| Saison | 5 | Nombre d’épisodes | 8 |
| Date de sortie | 01 / 01 / 2026 | Durée | 2h 08 |
| Genre | Drame, Fantastique, Horreur, Mystère, Science-fiction, Thriller | Chaîne | Netflix |
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Novembre 1987. La bande berne les militaires pour entrer dans le monde à l’envers et chercher Vecna… sans s’apercevoir qu’un danger menace quelqu’un de proche. | |||
Critique
La voie royale du trône. Tel est le destin qu’a embrassé le phénomène Stranger Things. Après trois premières saisons excellentes, jouant astucieusement sur les références eighties tout en conservant une atmosphère horrifique du plus bel effet, la série semble avoir souffert du syndrome qui a touché l’autre phénomène télévisuel : Game of Thrones. À cette exception près que la chute de qualité avait déjà débuté lors de la saison précédente, là où celle de GoT ne s’est observée qu’à partir de son épisode pivot : The Long Night.
Des Oscars aux Razzies
Après un premier volume plutôt sympathique, marqué par le sommet du chapitre 4 où Will sortait un tour de passe-passe digne d’un shonen, le deuxième volume ne fait que dégringoler sans jamais remonter la pente, jusqu’à une scène absolument cringe au chapitre 7 : la conférence de presse du « I… am… gay ! » (on est loin de l’uppercut du « I… am… Iron Man » de Tony Stark). Le plus amusant reste que cette scène implique à nouveau Will. Cela me fait penser à un acteur nommé à la fois aux Oscars et aux Razzies la même année — on en profite pour faire une dédicace à Sandra Bullock qui, en 2010, remportait l’Oscar de la meilleure actrice pour The Blind Side et le Razzie de la pire pour All About Steve. Bref, j’ai préféré faire l’impasse sur la critique du deuxième volume afin de garder mes dernières forces pour le final.
Pour revenir à la scène du coming-out, elle illustre en majeure partie tout ce qui cloche dans cette dernière saison de Stranger Things : des épisodes à rallonge pour du vide, une pléthore de personnages dont je n’avais plus rien à foutre, des dialogues indigestes et du spectaculaire (moche, qui plus est) dénué de tension. Les ficelles scénaristiques sont devenues si grosses qu’elles masquent le cœur de l’histoire. De série formidable, la création des frères Duffer est devenue une simple machine à engranger des nouveaux abonnés.
Rambo Nancy au pays des Nanars
L’intrigue s’est tellement étirée qu’elle est devenue ce que Hot Shots! 2 (1993) est à Rambo 2 : La Mission (1985). Ce qui m’amène à une question existentielle : le cosplay de Nancy est-il un indice en ce sens ? Dans la même logique, il y a ce doigt d’honneur. Celui que Derek adresse à Vecna m’a rappelé celui de Richie dans Ça : Bienvenue à Derry. Mais là où chez HBO, on en tire une séquence générant frissons et larmes, chez Netflix, on en fait une note d’humour puérile (même si Derek est le MVP de cette saison). Du coup, ce rachat m’inquiète.
Toutefois, mon sentiment diffère de celui ressenti devant le final de Game of Thrones. Là où GoT m’avait rendu furieux, je n’ai rien ressenti devant celui de Stranger Things. De l’indifférence… même pas polie, tant j’avais hâte de tourner la page. Il faut dire que ce final choisit la facilité, tout en ouvrant des pistes pour de futurs spin-offs (ou machines à abonnés ?). Aucun mort notable, à l’exception d’une Kali ressortie du placard (pas celui de Will, je précise) pour donner un coup de pouce à un twist risible avant de repartir dans l’indifférence totale.
La machine Netflix a fini par broyer Hawkins
Quant à Vecna, je ne l’ai jamais trouvé convaincant. Il me fait davantage penser à un « vilain de la semaine » qui enchaîne les défaites face à Spider-Man qu’à un véritable Bouffon Vert. Bref, Vecna et le Shocker : même combat. Reste le twist nous apprenant qu’un type encore plus méchant tirait les ficelles. Sauf qu’il s’avère encore plus naze, puisqu’il se fait laminer par « Rambo Nancy » et ses copains. Il n’inflige même pas un point de dégât ! On nous sert du spectaculaire, mais notre suspension consentie de l’incrédulité a déserté depuis un bon moment. Bref, du nanar à se tordre de rire !
Allez, on arrête les frais et on ferme le livre. J’aurais pu évoquer le jeu d’acteur catastrophique (sauf pour David Harbour, et Finn Wolfhard qui est étrangement mis sur la touche — a-t-il fait une connerie dans les coulisses ?), mais cela me fatigue et la série ne mérite pas plus d’efforts.
Ah oui, Linda Hamilton… Euh… Non, rien en fait.
Par Christophe Menat qui craint le pire pour le futur spin-off.
Conclusion
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Là où David Benioff et D.B. Weiss avaient réussi l’exploit de transformer une ferveur mondiale en une colère noire, les frères Duffer ont accompli l’exploit inverse : transformer une icône de la pop culture en un simple produit d’appel destiné à promouvoir la plateforme Netflix. Game of Thrones s’est crashée contre un mur à 200 km/h ; Stranger Things s’est simplement dégonflée comme un ballon de baudruche oublié après une fête d’anniversaire… des années 80 évidemment. |
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| 4/10 | |