Critique : States of Grace

Mission : Éducateur Spécialisé

Fiche

Titre:States of Grace
Réalisateur(s):Destin Cretton
Scénariste(s):Destin Cretton
Acteurs:Brie Larson, John Gallagher Jr., Kaitlyn Dever, Rami Malek, Keith Stanfield, Kevin Hernandez
Titre original:Short Term 12Date de sortie:23 avril 2014
Pays:États-UnisBudget:
Genre:DrameDurée:1h 36

Sensible et déterminée, Grace est à la tête d’un foyer pour adolescents en difficulté. Parmi les jeunes membres de son équipe, diversement expérimentés, la solidarité et le bon esprit sont de mise. Jusqu’à l’arrivée soudaine d’une fille tourmentée qui ignore les règles du centre et renvoie Grace à sa propre adolescence… pas si lointaine.

Merde… Nemo ? Ah, mais non, je suis bête. Il est parti faire Le Monde de Dory.

Critique

Précédé d’une jolie réputation, States of Grace est le premier long-métrage de Destin Cretton qui transforme son court-métrage du même nom en long, un peu à la manière du réussi Mamá. Sauf qu’il n’est pas question d’horreur (ou si peu), mais d’une aventure humaine puisée directement dans l’expérience personnelle de son réalisateur et donc aussi scénariste.

Destin Cretton a été éducateur spécialisé en sortant de l’université et il a puisé dans lui-même pour construire le personnage de Grace (incarnée par une Brie Larson toujours aussi subjuguante) et son entourage. Dès lors, States of Grace bénéficie de personnages d’une incroyable justesse. Jamais too much, jamais fades, les enfants de l’unité 12 deviennent vite attachants même si on peut regretter que le film se concentre seulement sur certains au détriment d’autres. Fort heureusement, ceux qui restent sont très bons. Kaitlyn Dever bouleverse par son détachement et sa souffrance et Keith Stanfield est génial dans le rôle d’un jeune à la croisée des chemins.

States of Grace prouve qu’il n’est pas besoin de faire du mélodrame pour réussir à toucher.

Le génie de States of Grace est de commencer par une monologue où John Gallagher Jr. raconte une histoire, drôle au passage. Cette scène a le mérite de nous mettre directement dans le bain et provoque beaucoup de sympathies pour les protagonistes avec seulement quelques minutes au compteur. On s’évite alors une phase de « j’apprends à aimer les personnages » lourdingue, si ce n’est pas raté dans le pire des cas. Par contre, le film trouve des moments de faiblesse durant la vie privée de Grace. Car même si partagé avec le très bon John Gallagher Jr., difficile de ne pas s’ennuyer.

Pour le reste, le récit conte une étape charnière dans la vie de Grace où nous apprenons à découvrir son quotidien en tant qu’éducatrice spécialisé et surtout le lourd secret qu’elle cache. À lire comme ça, on peut considérer le film comme inoffensif, si ce n’est que les larmes que j’ai lâchées pendant le film (sur deux scènes différentes, en plus) témoignent de la force du long-métrage de Destin Cretton, capable de toucher sans forcément faire du mélo. Les acteurs jouent en toute retenue, ce qui dénote dans le genre où, au contraire, on essaie souvent de surjouer pour faire passer des émotions. On nous quitte sur une dernière séquence dont la maîtrise et la grâce laissent envisager le meilleur pour la suite concernant Destin Cretton.

« Pfut, non, mais ça va. Tu n’es pas obligée de t’accrocher à moi comme ça. Je veux bien que tu aies le vertige, mais pas à dix centimètres du sol. »

Conclusion

Film sans prétention sinon celui de nous faire découvrir un monde méconnu avec un point de vue intérieur, celui de l’éducateur spécialisé. On peut tout de même noter quelques instants de grâce comme l’histoire de la pieuvre Nina, preuve que States of Grace fait partie de ces films qui ont réussi à surmonter leur statut de petit film pour devenir des œuvres touchantes. De celles qui nous laissent avec un petit sentiment bizarre une fois le visionnage terminé.

+– Brie Larson
– Réaliste
– Touchant
– Des acteurs jouant en toute retenue
– La dernière séquence
– Parfois lent
7/10
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A propos de l'auteur : (2911 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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