Sectes, écorchements et Heavy Metal
Fiche
| Titre | 28 ans plus tard : Le temple des morts | Titre VO | 28 Years Later: The Bone Temple |
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| Réalisateur | Nia DaCosta | Scénariste | Alex Garland |
| Acteurs | Ralph Fiennes, Jack O’Connell, Alfie Williams, Erin Kellyman, Chi Lewis-Parry | ||
| Date de sortie | 14 / 01 / 2026 | Durée | 1h 49 |
| Genre | Drame, Horreur | Budget | 63 000 000 $ |
Dans ce nouveau volet de la saga, le docteur Kelson noue une relation aussi troublante qu’inattendue dont les répercussions sont susceptibles de bouleverser notre monde. De l’autre côté, la rencontre entre Spike et Jimmy Crystal tourne au cauchemar.
Critique
Tourné dans la foulée du premier volet (en back-to-back), et bien qu’Alex Garland soit toujours à l’œuvre au scénario pour ce qui devrait former une trilogie, 28 Ans Plus Tard : Le Temple des Morts se distingue par un changement de réalisateur. Danny Boyle cède ici sa place à Nia DaCosta, dont la trajectoire rappelle celle de Chloé Zhao : après une parenthèse chez Marvel (The Marvels pour DaCosta, Les Éternels pour Zhao), elle revient à ses habitudes. Pour DaCosta, il s’agit d’un retour à l’horreur après Candyman (2021).
Quand la mise en scène rentre dans le rang
Ce second opus reprend l’intrigue là où le précédent l’avait laissée. Il est donc fortement conseillé d’avoir vu le premier film, d’autant que le récit approfondit plusieurs de ses sous-intrigues en déplaçant le focus vers de nouveaux protagonistes : le Dr Kelson (Ralph Fiennes) et Jimmy (Jack O’Connell).
Le premier point frappant du changement est la mise en scène. On bascule vers un style plus académique que celui de Boyle, une évolution esthétique due en grande partie au changement de directeur de la photographie. De mon point de vue, ce choix est regrettable : la « patte » de Boyle conférait au film précédent un charme unique et une identité visuelle qui le distinguait du tout-venant du genre, sans oublier l’efficacité de ses scènes d’action.
Dans Le Temple des Morts, si l’intention de DaCosta d’éviter de singer le style de Boyle est louable, le résultat déçoit par une réalisation presque télévisuelle, où rien ne ressort véritablement. Aucune scène d’action n’est mémorable, et les moments d’émotion ou de tension ne s’élèvent jamais, malgré la présence de séquences gores. Le film semble comme empreint d’un certain détachement émotionnel (à cause de l’humour noir omniprésent ?). À titre d’exemple, une séquence où un infecté arrache la tête d’un personnage est traitée comme une sorte de « Fatality » ludique, mais sans provoquer le moindre choc.
The Number of the Fiennes
Heureusement, l’intérêt subsiste grâce au destin du rescapé du film précédent, au mystère entourant l’Alpha Samson et à un échange savoureux entre Kelson et Jimmy. Ce dernier culmine d’ailleurs en une performance mémorable de Ralph Fiennes sur The Number of the Beast d’Iron Maiden. La scène finale, tout aussi accrocheuse que celle de l’épisode précédent, donne envie de voir la suite, tandis que la « secte des Jimmy » apporte une touche d’originalité, même si elle manque de noirceur.
Cependant, l’avenir de la franchise est incertain. Bien que les deux films aient été produits à la suite, le troisième volet ne verra le jour que si les résultats suivent. Cillian Murphy a beau encourager le public, les nouvelles ne sont pas bonnes : malgré une réception critique et publique honorable, le film n’a récolté que 46 millions de dollars en deux semaines pour un budget de 63 millions (hors marketing). Un score décevant qui sonne comme un nouvel échec commercial pour DaCosta après celui de The Marvels.
Par Christophe Menat espérant tout de même qu’un troisième se fasse.
Conclusion
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28 ans plus tard : Le temple des morts n’est pas un mauvais film, c’est un film qui manque de fièvre. Si la volonté de Nia DaCosta de s’approprier l’univers est louable, elle livre une copie trop propre pour un monde post-apocalyptique censé nous prendre aux tripes. Reste le kif de voir Ralph Fiennes hurler du Iron Maiden. |
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| 6/10 | |