Critique : The Marvels (sans spoilers)

Cosmiquement fun

Fiche

Titre The Marvels Titre VO
Réalisateur Nia DaCosta Scénaristes Nia DaCosta et Megan McDonnell et Elissa Karasik
Acteurs Brie Larson, Teyonah Parris, Iman Vellani, Samuel L. Jackson, Zawe Ashton, Park Seo-joon, Gary Lewis, Zenobia Shroff, Mohan Kapur, Saagar Shaikh
Date de sortie08 / 11 / 2023 Durée1h 45
GenreAction, Aventure, Fantastique, Science-fiction Budget274 800 000 $

Suite du film « Captain Marvel ».

Critique

L’horrible Captain Marvel

Pour certains, voir une femme blanche en tête d’affiche d’un film super-héroïque passe mal. Surtout quand elle a été présentée comme étant la plus puissante du MCU. La sensibilité de certains fragiles a été heurtée. Finalement, Captain Marvel est sorti et a fait un carton mondial en amassant plus d’un milliard de dollars au box-office. Certains ont attribué ce succès à une sortie entre Infinity War et Endgame, mais pourtant, Ant-Man et la Guêpe, également sorti entre les deux, n’a récupéré « que » 622 millions.

Bref, il était amusant de constater qu’une des critiques revenant souvent sur Captain Marvel était que Brie Larson ne souriait presque jamais. « Allez, faut sourire, ma petite dame ». Un reproche que j’ai trouvé plutôt malsain. Quoiqu’il en soit, c’est sûr que Wonder Woman n’a pas ce problème vu que tous ses caméos consistent principalement à afficher le magnifique sourire de Gal Gadot.

Bref, en mode balek, Marvel Studios remet ça et, comme des kamikazes, multiplie la mise par trois. On a donc trois femmes en tête d’affiche, dont une afro-américaine (accompagnée d’une réalisatrice l’étant également) et une américaine musulmane. Arrivé à ce niveau, Marvel Studios s’est sûrement dit « allez, soyons fous » et a ajouté encore une femme comme grande méchante. Au final, les seuls rôles masculins visibles sur l’affiche sont secondaires avec l’inévitable Samuel L. « Nick Fury » Jackson (profitant de l’occasion pour ajouter un 15ème projet MCU à son tableau de chasse) et Park Seo-joon, apparemment une grosse star en Corée du Sud (je dis « apparemment », car je n’en avais jamais entendu parler).

Une genèse malsaine

Très vite, des rumeurs ont commencé à germer autour de The Marvels. Des rumeurs évidemment pas élogieuses comme des projections test mitigées. Les personnes dont je parlais au début se sont évidemment régalées avec ces infos s’attachant soigneusement à diffamer le long-métrage sur chaque post des réseaux sociaux. Jamais compris cet intérêt, mais, la haine, on fait avec. Il n’empêche que certaines réactions sont parfois hilarantes.

J’ai un excellent exemple. Un jour, j’ai posté un post indiquant que le budget de The Marvels était un des plus faibles du MCU, estimé à 100 millions de dollars. Les réactions de ces fragiles étaient sur le ton de la moquerie, raillant ce faible budget. Finalement, un démenti est arrivé plus tard dans la journée avec un nouveau budget beaucoup plus élevé car il était de plus de 270 millions de dollars (pour l’histoire, des subventions ont permis aux studios de baisser la note à 219,8 millions) en faisant donc un des plus chers du MCU. Ces fragiles ont donc été totalement pris de court. Mais ça n’a pas empêché certains de faire la girouette pour railler ce budget trop élevé qui ne sera jamais rentabilisé.

L’histoire ne s’arrête pas là, car, ensuite, la bande-annonce est sortie et elle a récupéré un joli petit trophée, celui de la bande-annonce MCU la plus dislikée sur YouTube. Très vite, des critiques se sont prononcées sur la qualité des effets spéciaux discutables sur certains plans. Même si on sait pertinemment qu’entre une bande-annonce et la sortie, il y a encore de la post-production. Le film Sonic en est un exemple parfait. Mais bon, cette leçon a du mal à rentrer chez certains.

La réalisatrice se barre

Ce n’est toujours pas fini, car après, il y a eu l’histoire de la durée. Avec 1 heure et 45 minutes, The Marvels est le film le plus court du MCU et un des Marvel les plus courts devant Les 4 Fantastiques et le Surfer d’Argent (2007, 1h31) et Morbius (2022, 1h44).

Pour enfoncer le clou sur le cercueil préparé par les fragiles et la presse avide de clics donc remontant en priorité les informations négatives avec des titres putaclics (seul problème, les gens ne cliquent pas pour s’en rendre compte), il y a eu l’article de Variety (à la couverture très sympa, il faut reconnaître) s’interrogeant sur le déclin du MCU. On pouvait y lire que des sourcils se sont levés lorsque la réalisatrice Nia DaCosta a commencé à travailler sur un autre film, un drame avec Tessa Thompson, alors que The Marvels était encore en post-production. Ajoutant même qu’elle a déménagé à Londres plus tôt cette année pour ce projet. Pire, ils ont invoqué la fameuse source proche du dossier avec un « Si vous réalisez un film de 250 millions de dollars, c’est un peu bizarre que le réalisateur parte alors qu’il reste quelques mois ».

On sent une volonté de rendre les choses dramatiques au vu de la réponse de la réalisatrice de Candyman : « Ils ont déplacé la date du film à quatre reprises. Au lieu d’un processus de deux ans, auquel j’étais profondément attachée, c’est devenu un processus de trois ans et demi… et ils savaient pendant tout ce temps que j’avais une obligation, un film prévu avec des gens qui m’attendaient. ». Tout en ajoutant que « au moment où je suis partie à Londres pour préparer mon prochain film, tout le monde avait une idée très claire de ce qu’était le film, de ce que nous voulions ». Pour appuyer ces propos en mode mic drop, Brian Lynch sur X a rappelé que Steven Spielberg est allé travailler sur La liste de Schindler (1993) alors que Jurassic Park (1993) était en post-production.

Des effets numériques au top

Je ne vais pas mentir en disant que ces rumeurs ne m’ont pas atteint. Même en essayant de prendre du recul, difficile de ne pas m’inquiéter surtout au vu du dernier Marvel Studios, Ant-Man et la Guêpe : Quantumania (en mettant volontairement l’excellent troisième volume des Gardiens de la Galaxie de côté, parce que James Gunn). S’il n’est pas la catastrophe industrielle décrite par certains, force est de constater qu’il est décevant au vu des attentes et des promesses.

Finalement, tous les éléments déclarés comme étant des faiblesses, à savoir les effets spéciaux, le budget et la durée sont les plus grosses forces de The Marvels. Et ouais.

Commençons déjà avec les effets spéciaux. Pour avoir vu le film dans une salle IMAX Laser, je peux dire que c’est d’une beauté renversante tout en corrigeant un des points que je reprochais à Captain Marvel, l’aspect cosmique peu prononcé. Là, on est dans de la pure aventure cosmique digne d’un épisode des Gardiens de la Galaxie. Les passages terrestres se comptent des doigts de la main. Qui dit aventure cosmique, dit effets numériques à gogo. Pour le coup, ils sont très soignés (les multiples reports ont dû bien aider). Observer la présence des fonds verts est une tâche ardue. Y a un ou deux passages faisant légèrement tiquer, mais c’est négligeable. Surtout, on nous balade un peu dans la galaxie, enrichissant l’univers cosmique du MCU.

Bref, on sent clairement les 274 millions de dollars de budget. Après, est-ce un bon pari de la part de Marvel Studios ? Seul le box-office le dira, mais en tant que spectateur, c’est un kif.

Une aventure cosmique spectaculaire

Toujours en restant dans le domaine des effets spéciaux, tout en parlant de la durée du film, il faut évoquer les scènes d’action. L’intrigue offre une particularité autour de ses super-héroïnes. Cela offre des scènes de combat amusantes jouant dessus. Pour le coup, j’ai été sous le charme des chorégraphies. On y sent clairement la puissance de toutes les Marvels. En plus, c’est dynamique, bourrés des bonnes idées et fun à suivre. Un peu comme Shang-Chi. Une très agréable surprise.

S’il y a un autre gros point positif à adresser à The Marvels, c’est son rythme. Avec 1h45 au compteur, ça va vite. Avec zéro temps mort. Comme un team-up des comics. On a juste quelques brèves scènes pour introduire les super-héroïnes, celle de Kamala Khan est géniale (un coup de cœur), puis, hop, on est plongé dans le bain.

Les temps mort sont astucieusement gérés. Ils servent à faire avancer l’intrigue et évoluer les personnages avant la prochaine scène d’action sans trop traîner. On a donc le temps de reprendre notre souffle sans être gonflé. Du pur film pop-corn comme on les aime, ce n’est pas du grand cinéma, mais ça fait le job promis : nous divertir.

Un trio marvelous

Toutefois, il faut reconnaître que l’intrigue présente un cas de figure basique avec un vilain et son plan machiavélique menaçant l’univers. Elle sert plus de prétexte aux scènes d’action et à l’évolution de Carol Danvers qu’autre chose. Au moins, comme souvent chez Marvel Studios, la méchante a un background solide à défaut d’être mémorable. Perso, j’adore sa dentition, ça lui donne un côté badass.

Au final, l’histoire est surtout un gros kif de team-up entre les trois super super-héroïnes. Un trio apportant humour et émotion où il est difficile de dégager un MVP tant les trois sont énormes, chacune dans son registre. Je me répète, mais ça sonne vraiment comme un team-up des comics. Le team-up, c’est d’ailleurs une chose qui manquait un peu dans les derniers Marvel Studios alors que c’était un de ses grandes forces. Il y avait bien les Gardiens dans Thor : Love and Thunder, mais c’était clairement sous-exploité.

Si on veut en savoir plus sur le personnage, il suffit de s’intéresser à son film / série d’origine, Miss Marvel pour Kamala Khan, Captain Marvel & WandaVision pour Monica Rambeau et Captain Marvel pour Carol Danvers. À noter également la série Secret Invasion qui est un petit bonus (dispensable) pour Nick Fury et les Skrulls.

N’oubliez pas la scène mid-générique (pas de scène post-générique). Elle m’a décontenancé.

La critique se poursuit dans celle avec spoilers (à venir lundi prochain).

Par avec la banane aux lèvres pendant toute la séance.

Conclusion

Un Marvel Studios renouant aux origines, à savoir proposer une aventure spectaculaire, fun et émouvante autour de personnages attachants. Le tout sans temps morts. Bref, un team-up digne des comics en mode « plus haut, plus loin, plus vite ». À noter un aspect cosmique prononcé et des effets spéciaux impeccables.

+

  • Trio attachant
  • Marvel Studios à l’ancienne, sans prise de tête
  • Aventure cosmique
  • Scènes d’action fun
  • Rythme et durée impeccables
  • Effets spéciaux soignés
  • Scène mid-générique

  • Intrigue basique
  • La famille de Kamala Khan un peu lourde
8/10
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