Critique : True Legend

Encore une légende chinoise…

 
Date de sortie cinéma : 28 septembre 2011

Titre original : Su Qi-Er

Écrit par Chi-long To (Le Maître d’armes)

Réalisé par Woo-Ping Yuen (coordinateur de combats dans Kill Bill Volume 2, réalisateur de Les Griffes d’acier, Tai Chi Master et prochainement pour le Marvel : The Hands of Shang-Chi, voir dossier).

Avec Man Cheuk Chiu (The Blade, Another Meltdown), Andy On (Mad Detective, Election 2), Xun Zhou, David Carradine (Kill Bill, Kung-Fu) et Michelle Yeoh (Tigre et Dragon, Demain ne meurt jamais).

Long-métrage américain, chinois, hong-kongais
Genre : Action, Arts martiaux, Historique
Durée : 1h55
Distributeur : Universal Pictures International France

Date de sortie Blu-ray UK (attention pas de FR, ni de VOSTFR mais sous-titres facilement trouvables sur le net) : 25 octobre 2010

Lotus « Action Asia » : Festival du Film Asiatique de Deauville 2011

Toute sa vie durant, Su Can a cherché à atteindre les sommets des arts martiaux. Il chérit deux choses plus que tout au monde : le rêve de créer une forme d’art martial unique qui se transmettrait de génération en génération, ainsi que sa femme bien aimée. Su mène une vie de famille heureuse et sa femme est la lumière de sa vie. Mais suite au retour de son beau-frère, la vie idyllique de Su est bouleversée.

Un film de combats

Chouettos, on va pouvoir voir des chinois se latter la gueule avec des techniques ayant le don de faire tomber nos mâchoire tel le loup de Tex Avery. Je vous préviens que j’ajouterais une petite touche de perso dans cet article, non pas pour raconter ma vie mais surtout pour essayer de vous faire comprendre la note finale (non, non, ne la regardez pas), gardez la surprise. Quoi ? Vous l’avez déjà regardé, ce n’est pas bien ! Vous m’ferez 100 lignes : « Je ne dois pas regarder la note avant de lire la critique ».

Vous avez fini vos lignes ? On peut commencer ? Alors je regarde le film avec mon frère (information importante pour la fin de l’article), ça commence avec le héros qui veut libérer le prince à l’aide de son groupe de ninjas. Ils se planquent mais se font vite remarquer (ben oui sinon on se fait chier). Et paf, bagarre. On comprend d’office qu’il faudra mettre la crédibilité de côté. Il y a des mecs tirés par des cordes à chaque plan (ceux qui n’aiment pas les combats du genre Tigre et Dragons, n’essayez même pas de voir le film, vous allez en prendre plein la gueule). Continuons, si ça se trouve ça peut être pas mal. Horreur et damnation: le premier effet spécial, un ninja lance des kunais (petites dagues) et qu’est-ce que c’est moche ! Ça m’a fait penser à la balle du film (de merde) Snipers et je peux déjà vous dire que ce n’est pas le pire effet spécial (ça empire après).

Le combat s’éternise et finit enfin avec les héros qui s’enfuient accompagnés du prince. On se dit que ça commence mal, c’est plutôt très moche et filmé de façon très classique (aucune innovation). J’ai du mal à comprendre le « Opens with one of the best action sequences I’ve ever seen » de l’affiche (heureusement qu’on ne voit pas bien le nom du gars sinon il devient la risée de sa ville). Continuons quand même, si ça se trouve ça va s’améliorer comme Slice.

Un super méchant

Les enjeux se mettent en place mais il n’y a rien qu’on a pas déjà vu et en plus, ça me fait furieusement penser à Ip Man (la classe de Donnie Yen en moins). Su Can, le héros du film est devenu un prof d’écoles d’arts martiaux, il s’éclate avec sa famille mais son beau-frère (joué par un Andy On absolument génial) revient en tant que gouverneur. Il bute le papa de Su Can et enlève sa femme (qui est donc la sœur d’Andy On pour ceux qui n’ont pas suivi) et son fils.

Su Can, il pète un plomb et façon shonen (donc façon Naruto, Bleach et compagnie), il fonce droit vers le méchant et commence à latter la gueule de ses gardes. Bien sûr, il se fait exploser lors de son duel contre le bad guy (on n’en est qu’à la première demi-heure). S’ensuit une demi-heure de lamentation où il tente de retrouver sa maîtrise du wu-chu. Le plaisir, c’est qu’on y voit brièvement Michelle Yeoh (pour vendre le film à l’international, c’est toujours mieux d’avoir un nom connu sur l’affiche même si la star n’apparaît que 5 minutes comme ici). La fin, je vous la laisse deviner. Je ne vais pas spoiler non plus. Enfin juste un truc. Alors qu’on pense que le film est fini, paf ! Ça continue encore pour une demi-heure avec un dérivé d’Ip Man 2 (Su Can affronte dans un grand tournoi des étrangers super balèzes, ben ouais un film chinois sans voir le héros battre un étranger dopé, c’en est pas un).

Mais bon, ça n’a pas la classe du combat d’Ip Man 2, je préfère encore mater Bloodsport (surtout le passage où t’as le petit black qui explose le crâne d’un sumo). Le seul point positif, c’est d’y retrouver une dernière fois Bill (David Carradine a été retrouvé mort en juin 2009 apparemment d’un accident de masturbation, avec une corde attachée autour de son cou et une autre sur son organe sexuel).

La critique super critique saupoudrée d’un peu de perso

Déjà avec mon frère, on a pas arrêté de se foutre de la gueule du film PENDANT le visionnage (ce qui est très surprenant de ma part). Faut dire qu’il donne sans cesse le bâton pour se faire battre. L’histoire est d’un classique mélangeant tout les clichés du genre, le héros super fort qui se fait trahir par son ami puis qui revient pour le latter après s’être entraîné. Tiens les gamins, ça ne vous rappelle pas Naruto ça ? On est loin des excellents Fist of Legend, Fighter in the Wind, L’honneur du dragon et Ip Man qui arrivaient à innover un peu et surtout à proposer des combats ô combien tripants.

Les combats, oui parlons-en. Il faut croire que le ridicule n’a parfois pas de limite. Le fond a été atteint lorsque les deux ennemis se battent dans un puits, difficile de ne pas rire lorsqu’ils se mettent à sauter comme des grenouilles pour remonter (même si on imagine que ça n’a pas dû être évident à réaliser). Et puis comment prendre on sérieux le méchant albinos lorsqu’on voit le soufre (sûrement l’effet spécial le plus pourri du film) s’échapper de ses mains pour symboliser ses poings venimeux (so shonen donc so ridiculous).

Un seul fight est potable (la première fois que Su Can maîtrise la boxe de l’ivre qui fera sa légende), le reste n’est qu’un plagiat de ce qui a été vu à droite et à gauche. Le pire, c’est que les combats se prolongent parfois pendant un sacré bout de temps au lieu de faire court et efficace. Non seulement c’est foiré mais des fois, on a l’impression de regarder du Bleach ou du Naruto (je ne cite que ça parce que c’est les seuls Shonen que je connaisse avec Dragon Ball). On est bien loin de la maestria de Hero, Fist of Legend ou L’honneur du Dragon.

Après la fin du visionnage du film s’enchaîne un débat avec mon frère pour la note du film. Il me dit « Mets-lui 1/10, c’est vraiment trop de la merde, ce film ! ». Je lui réponds : « Non, c’est vache, ce serait insulter le travail fourni par le réalisateur et son équipe. Ils ont bossé pour obtenir ça. Je pensais lui mettre 4 ». « Quoi ? Mais tu t’es tellement fait chier que t’as mis le film en Avance Rapide, une première depuis que je regarde les films avec toi. (donc depuis vingt ans) ». Avec cet argument, mon frère m’a achevé, que pouvais-je lui rétorquer ?

Un film d’arts martiaux qui multiplient les défauts : un scénario ultra cliché, des combats mous et trop long, des effets spéciaux faisant penser au film Anaconda sorti en 1997 (dans le film, il y a des serpents et je pense qu’ils sont presque aussi mal fait que l’anaconda).

Un seul point positif : un méchant très classe (uniquement physiquement parce que mentalement, il est très con mais il nous chie une pendule toutes les cinq minutes et il bute ses gardes parce qu’il est pas content, on dirait Bison dans Street Fighter le film).

Sa scène culte : les combattants qui sautent comme des grenouilles dans un puits. A mourir de rire !

Note : 3/10

affiche True Legend

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