Critique : The Amazing Spider-Man: Le Destin d’un Héros

Affiche du film The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un Héros réalisé par Marc Webb en 2014 avec Spider-Man et Electro en combat
La fin de l’innocence

Fiche

D’après le comic Marvel
TitreThe Amazing Spider-Man: Le Destin d’un Héros
RéalisateurMarc Webb
ScénaristesAlex Kurtzman, Roberto Orci, Jeff Pinkner
ActeursAndrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx, Dane DeHaan, Colm Feore, Felicity Jones, Paul Giamatti, Sally Field, Embeth Davidtz, B.J. Novak, Chris Cooper
Titre original:The Amazing Spider-Man 2Date de sortie:30 avril 2014
Pays:États-UnisBudget:200 000 000 $
Genre:Action, Aventure, FantastiqueDurée:2h 21

Ce n’est un secret pour personne que le combat le plus rude de Spider-Man est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Mais Peter Parker va se rendre compte qu’il fait face à un conflit de bien plus grande ampleur. Être Spider-Man, quoi de plus grisant ? Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville. Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui. Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.

The Amazing Spider-Man: Le Destin d’un Héros Photo

Le combo ultime : Spider-Man + Pompier. Les enfants vont défaillir.

Critique

Si on avait pesté devant l’intérêt de faire un reboot quelques années à peine après Spider-Man 3, on avait fini par constater que le reboot était réussi. The Amazing Spider-Man offrait une aventure dans l’air du temps, une aventure « Ultimate » pour rester dans le jargon des comics, là où la trilogie Raimi restait désespérément coincée sur la version classique de Spider-Man, celle de la tranche des années 60-80 : un Spider-Man sérieux comme un rat mort, qui enlève son masque à chaque scène dramatique et surtout doté d’une des plus belles têtes à claques du monde. Néanmoins, le premier Amazing souffrait d’un syndrome de déjà-vu car il récitait à nouveau (et avec peu de variations) les origines de l’Araignée. Cette suite continue sur sa lancée et devrait s’affranchir des défauts du premier donc être meilleur. Est-ce le cas ?

Commençons avec le plus réussi : Emma Stone. Oui, je suis totalement sous le charme. L’actrice fait des merveilles dans le rôle de Gwen Stacy et offre beaucoup de crédibilités à l’histoire d’amour qu’elle partage avec Peter Parker. Malgré des scènes ultra-classiques, la pétillante (fausse) blonde a réussi à me charmer avec ses beaux yeux et je ne suis pas le seul vu qu’Andrew Garfield n’a pas l’air complètement insensible (la preuve dans la vraie vie, ils sont en couple – ce qui explique pourquoi l’alchimie est aussi palpable). Fort heureusement qu’on peut compter sur Emma Stone, car difficile de me montrer convaincu par le reste des scènes à enjeux dramatiques.

Gwen Stacy <3

On a commencé avec le meilleur, parlons maintenant du pire : Jamie Foxx. Non, mais là, c’est juste… Ridicule. Son personnage est tellement lourdingue, tellement too much, tellement Georges du Huitième jour. Plus débile que ça, tu meurs. Fort heureusement, sa transformation en bad guy est réussie. Affichant des pouvoirs piqués au Docteur Manhattan des Watchmen, Electro offre une vraie résistance à l’homme araignée tant ses pouvoirs sont impressionnants. Néanmoins pour chipoter (un peu), on peut pester qu’ils fassent un poil trop Docteur Manhattan…

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Tiens Jamie Foxx joue Rex, le requin des Dents de la Mer et essaie de mourir en mordant un câble de haute tension électrique. Vraiment touche-à-tout, cet acteur. A genius.

Par contre, tout en restant chez les vilains, Dane DeHaan est excellent en Harry Osborn, éclipsant sans peine James Franco. L’acteur a peu de scènes à l’écran, mais réussit rapidement à imposer la psyché fragile de son personnage et montrer une évolution convaincante vers des sentiers plus sombres (à l’inverse justement d’Electro où la justification de son orientation vers le Côté Obscur est risible). Il faut dire que l’acteur incarne un personnage pas si éloigné de celui qu’il incarnait dans Chronicle.

Quant à Peter Parker, Andrew Garfield fait dans le classique. Jamais trop, mais pas assez pour que son personnage se révèle plus attachant que ça. Fort heureusement, on soulignera sa souplesse qui donne corps à son Spider-Man là où Tobey Maguire, aussi souple qu’un balai, marquait une fracture dérangeante avec sa doublure numérique. Spider-Man lui est une grosse réussite, on retrouve bien l’esprit du personnage du comic. Celui parfois irritant à balancer des blagues durant les combats.

Le vrai Spider-Man, c’est celui de Marc, pas celui de Sam.

Si The Amazing Spider-Man 2 en met plein la gueule grâce à des scènes d’action réellement spectaculaires et des effets spéciaux d’un très haut niveau (pas évident de faire la distinction entre le personnage réel et numérique), difficile de ne pas rager en voyant qu’elles étaient déjà présentes, à presque 85 %, dans les différentes vidéos promotionnelles. C’est complètement con d’en montrer autant. Non seulement, ça provoque un sentiment d’avoir déjà vu le film avant de l’avoir vu, mais en plus, ça fout une indigestion (au lieu de me montrer de plus en plus excité au fur et à mesure que la date de sortie approchait, j’attendais ça comme un film normal).

C’est moche ce que je vais dire, mais j’espère que le film va se casser la gueule au box-office. Juste ce qu’il faut pour faire comprendre quelques principes de marketing à Sony sans pour autant remettre en question les deux films à venir. Par contre, j’ai bien aimé les ralentis permettant de mettre en scène le Sixième Sens de l’Araignée et observer ses réflexions en mouvement (beaucoup trop rapides pour la compréhension des pauvres citoyens lambda que nous sommes). Dommage que la fameuse séquence en vue subjective, désormais marque de fabrique du Spider-Man de Marc Webb, soit révélée aussi tôt. Pour la partie dramatique, on peut regretter que le film se perde parfois à trop multiplier les intrigues (notamment celle, inutile, impliquant les vrais parents de Peter) au lieu de se concentrer sur les plus importantes (Peter/Gwen, Electro et Harry), diluant donc son efficacité et donnant une durée trop longue.

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« Non mais Gwen, il faut que tu comprennes. Je suis Spider-Man. Je ne peux pas m’engager dans une relation exclusive, j’ai des groupies qui m’attendent partout dans le monde. Sans rancune, hein ? »

Je vais désormais aborder la séquence phare du film :

Spoiler

Si The Amazing Spider-Man 2 restera un épisode phare de la saga cinématographique du Tisseur, ce sera pour la mort de Gwen Stacy. La séquence est une pure reprise du comic qui a fait couler beaucoup d’encres à l’époque, à la différence près que c’est Harry l’assassin et non pas Norman (de toute façon, éjecté comme un vulgaire vilain de seconde zone). Je m’y attendais, mais je ne pensais pas qu’elle allait arriver aussi tôt. Bordel, nous ne sommes qu’au deuxième épisode.

Personnellement, je trouve que cette décision de la faire mourir est arrivée trop vite. L’histoire d’amour entre elle et Peter n’ayant pas suffisamment murie à mon goût, elle m’a laissé avec un arrière-goût d’inachevé. Car malgré la beauté de certains plans de la mort notamment celle laissant voir le « snap » (fameux bruit retranscrit textuellement dans le comic pour illustrer le choc provoquant la mort de Gwen), cette scène ne m’a fait ni chaud, ni froid, là, où normalement j’aurai versé une petite larme (que voulez-vous, j’ai la corde sensible).

De plus, j’ai trouvé ça dangereux de se passer d’un des éléments les plus réussis du reboot. Certes, il n’y a désormais plus de doutes qu’on aura droit à Mary-Jane dans le prochain épisode mais l’actrice qui incarnera la plantureuse rousse partira avec un énorme handicap qu’il sera difficile de combler : l’ombre de Gwen Stacy/Emma Stone. En plus, j’ai du mal à croire qu’on retrouvera une alchimie aussi palpable que celle entre Emma et Andrew.

D’un autre côté, le malaise que je ressens encore à l’heure d’écrire ces lignes illustre que cette séquence a fonctionné. Mais je me demande si ce n’est pas plus le fait de revivre à nouveau la mort de Gwen Stacy qui me met dans cet état.

Revenons à une partie moins spoiler. On peut voir compter dans Le Destin d’un Héros, trois vilains. Mais aussi, la présence en filigrane de trois nouveaux à venir : le Vautour, Octopus et le Caméléon (j’ai un doute pour ce dernier). Des vilains qui devraient donc former à terme les Sinister Six, équipe de vilains que Spider-Man affronte souvent. Il faut dire que deux nouveaux épisodes sont déjà prévus pour la franchise sans oublier le spin-off consacré aux Sinister Six. Sony a bien l’intention de concurrencer le Marvel Cinematic Universe.

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Mince, on ne peut plus sortir cette excuse pour faire ranger les chambres : « Tu crois vraiment que Spider-Man ne range pas sa chambre ? ». « Ben oui, t’as vu sa chambre dans Spider-Man 2 ? ».

Conclusion

The Amazing Spider-Man: Le Destin d’un Héros est un film de super-héros tout à fait classique comme son héros. Ni plus, ni moins. Ça tombe bien, c’est tout ce qu’on demandait.

+– Gwen Stacy
– L’histoire d’amour
– Les effets spéciaux
– Les scènes d’action
– Les blagues de Spidey
– Max Dillon
– Overdose promotionnelle
– Trop long
– Des problèmes de rythme dû aux trop nombreuses sous-intrigues
7/10
The Amazing Spider-Man: Le Destin d’un Héros Affiche

Affiche

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A propos de l'auteur : (3030 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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