Critique : Spider-Man : No Way Home (avec spoiler)

La trilogie Home s’achève en feu

Fiche

Titre Spider-Man : No Way Home Titre VO
Réalisateur Jon Watts Scénaristes Chris McKenna & Erik Sommers
Acteurs Tom Holland, Benedict Cumberbatch, Zendaya, Jacob Batalon, Marisa Tomei, Jon Favreau, Alfred Molina, Willem Dafoe, Jamie Foxx, Andrew Garfield, Tobey Maguire, J.K. Simmons, Thomas Haden Church, Rhys Ifans, Angourie Rice, Martin Starr, Benedict Wong, Charlie Cox, J.B. Smoove, Tony Revolori, Hannibal Buress
Date de sortie15 / 12 / 2021 Durée2h 28
GenreAction, Aventure, Science fiction Budget200 000 000 $

L’identité de Spider-Man étant désormais révélée, Peter demande de l’aide au docteur Strange. Lorsqu’un sort tourne mal, des ennemis commencent à apparaître, forçant Peter à découvrir ce que signifie vraiment être Spider-Man.

Critique

Comme d’habitude, on est ici dans une critique avec spoiler, donc je ne me retiens pas, je lâche tout. Dès lors, évitez à tout prix de la lire avant d’avoir vu Spider-Man : No Way Home. De toute façon, elle n’a pas grand intérêt à être lu sans l’avoir vu, car je m’exprime en considérant que c’est le cas.

La naissance de Spider-Man

Par où commencer ? Il y a tellement de choses à dire. J’ai envie de débuter ma critique par la fin. Ce sublime passage avec le costume classique de l’Araignée cousu main. Un costume affichant d’ailleurs des couleurs éclatantes. Jamais Spider-Man n’aura été aussi Spider-Man au cinéma.

Pour rappel, Spider-Man : No Way Home, comme ça a été dit par la productrice Amy Pascal, n’est pas le dernier film Spider-Man de Sony avec Marvel Studios. Néanmoins, il s’agit de la conclusion d’une trilogie.

La trilogie Home.

Avec le recul, ça a été une superbe trilogie. Celle où un jeune Peter Parker a été pris sous l’aile de Tony Stark au point de devenir une sorte d’Iron Boy jusqu’à sa mue en Spider-Man. C’est marrant, après la conclusion, de se rappeler que certains critiquaient trop rapidement le fait qu’il ne s’agissait pas d’un vrai Spider-Man. Sur ce dernier film, l’héritage d’Iron Man est pratiquement mis au placard sinon pour le costume à base de nanotechnologie et la séquence de l’utilisation de l’atelier de Stark. Bref, on sent qu’il y avait un plan de prévu depuis le début.

On notera également l’inspiration du comic de J. Michael Straczynski et Joe Quesada, One More Day (2007/08), où, à la fin, le monde entier oublie l’identité secrète du super-héros en collant. Si cette fin m’avait sacrément agacé dans le comic à cause du rétropédalage. Il faut avouer qu’elle convient parfaitement au Spider-Man du MCU. Une première trilogie bouclée et une voie ouverte vers un Spider-Man ayant quitté le lycée.

Seul (ça m’a brisé le coeur, la scène finale entre Peter et MJ tant j’adhère à leur love story) avec le Lego de l’Empereur. Fauché. Dans un appart’ pourri. Avec un loyer à payer. Mais avec le mantra suivant en tête.

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités

Preuve ultime de cette naissance. La mort, non pas d’oncle Ben, mais de tante May autour de la réplique culte : « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ». Bordel, j’ai morflé sévère sur ce passage. Surtout qu’on joue avec nos perceptions. Je me disais que Tante May allait mourir, puis finalement non. Elle ne semble pas si mal en point jusqu’à qu’elle s’écroule. La suite est un excellent numéro d’acteur de la part du duo Tom Holland et Marisa Tomei. J’étais tellement pas préparé à sa mort que je l’ai pris de plein fouet.

Quand même, pauvre Peter. Il a tout perdu. Son mentor est mort. Sa tante est morte. Sa petite-amie et son meilleur ami l’ont oublié. J’ai adoré le passage où Doctor Strange, alors en nature conflictuelle (l’arrogance du personnage va si bien à Benedict Cumberbatch) avec Peter jusqu’ici, lui rend hommage. Admiratif de son sacrifice. C’est le Spider-Man tel qu’on le connaît. Celui qui place le bien-être de tout le monde avant le sien.

Pour parler du Sorcier Suprême, j’ai apprécié ce moment où Stephen (« Bizarre, mais je l’accorde. ») Strange se rend compte que, malgré toutes ses aventures, Peter Parker reste un adolescent. C’est une manière subtile de mettre en évidence le caractère juvénile du personnage, pas encore devenu un Spider-Man accompli.

Les Sinister Five

Le plus grand événement de Spider-Man : No Way Home est sans aucun doute l’arrivée des personnages emblématiques des sagas précédentes. Évidemment, il y a toujours cette pointe de regret qu’une telle surprise ait été divulguée par la promotion. Mais c’est le jeu, ma pauvre Lucette. On va donc faire avec.

Malgré tout, impossible de ne pas kiffer. Commençons avec les ennemis. Quel régal de découvrir les Sinister Five à l’écran avec une mention spéciale pour Willem Dafoe. J’ai été amusé de voir que le casque a rapidement été détruit. Un peu comme si on reconnaissait que le costume avait été foiré et qu’il fallait vite s’en débarrasser.

La suite donnera raison. Le Bouffon Vert n’est jamais aussi terrifiant qu’au naturel. Le rictus de Willem Dafoe m’a fait froid dans le dos. Du Bouffon Vert, j’ai également adoré son premier combat à mains nues. Le coup où il fait passer Peter au travers de plusieurs étages. Quel plaisir. De même pour le combat final où le regard de Tom Holland est puissant.

Je trouve qu’ils ont bien amené l’aspect équipe. Les interactions entre les vilains sont bien présentes et intéressantes. Apportant un peu de profondeur. J’ai particulièrement kiffé la scène où le sens de l’araignée de Peter claironne sans qu’on ne sache quelle est la menace. Un aspect paranoïa très réussi. J’ai aussi apprécié que l’Homme-Sable et le Lézard aient une vraie présence. Je m’attendais tellement à ce qu’ils soient anecdotiques, du coup, j’ai été agréablement surpris.

Une histoire d’araignées pleine de nostalgie

Même si j’ai beaucoup aimé les méchants. Mon gros coup de cœur va sans aucun doute pour les anciens Spider-Man. Bordel, la scène où Ned ouvre le portail et qu’on aperçoit l’Amazing Spider-Man… Je m’attendais à leurs arrivées, mais pas de manière aussi anodine. L’impact en a été décuplé.

Ça fout un choc quand même de les revoir des années après. C’est là qu’on se rend compte de l’intérêt à ne pas montrer une telle chose dans la promotion. Si Andrew Garfield n’a pas trop changé, Tobey Maguire a pris un coup de vieux qui lui va tellement bien. Il apporte un aspect Old Man Spider lui conférant une classe totale. Et c’est un détracteur de son Spider-Man qui parle.

Surtout, l’aspect fan service est activé à fond avec beaucoup de traits d’humour. Si jusque-là, beaucoup de blagues n’ont pas fonctionné chez moi. Dès l’arrivée des deux autres Spider-Man, je n’ai pas arrêté de rire. Les passages dans le laboratoire et avant le combat final sont hilarants. Tous les délires de fans y passent. Mention spéciale à Peter Tobey encourageant Peter Andrew en lui disant qu’il est « amazing ».

Quoiqu’il en soit, si j’aimais beaucoup Spider-Man : No Way Home, quand les deux sont arrivés, on a passé un cap. Je me rends compte que je ne savais pas à quel point, ils m’avaient manqué. Ah, mais j’y pense, si on se marre bien avec eux, il ne faut pas non plus oublier l’émouvante scène où les deux retrouvent Peter Tom pour la première fois et discutent du deuil. C’était magnifique. Des frissons et des larmes.

Je boucle cette partie en rendant hommage au sauvetage de MJ. Les mèmes vont enfin pouvoir s’arrêter.

Un multivers maîtrisé

Un autre point positif concerne la maîtrise du multivers. Je craignais que ça parte en couille dans tous les sens. Un peu comme dans les comics. Finalement, le tout est superbement contrôlé.

Symbole de cet aspect : Venom. Durant la scène post-générique de Venom : Let There Be Carnage (2021), Eddie Brock et son symbiote débarquaient dans le MCU. Vu tout le mal que je pensais du personnage (malgré Tom Hardy), j’étais donc ravi de le voir repartir illico presto (après, tout de même, une scène assez marrante). Par contre, le petit morceau de symbiote restant, miam, miam. Quoiqu’il en soit, je suis ravi que l’univers de Sony reste dans son coin et ne pollue pas le MCU.

Bref, après les séries de Marvel Studios, on se rend compte que finalement le multivers n’a pas d’aussi grandes conséquences dans l’univers du MCU en fait. Juste des impacts épisodiques. Ce qui n’est pas plus mal. M’enfin, je dis ça, mais quand on voit l’excellente deuxième scène post-générique. Popopopo, c’est du lourd. Puis aussi, il y a un certain Kang à gérer également. Bref, qui vivra verra.

Marvel Knight

Naturellement, il va sans dire qu’il faut parler du plus grand héros Marvel de Netflix, j’ai nommé Matt Murdock alias Daredevil. Au calme, l’homme sans peur vient de débarquer dans le MCU et même pas besoin de faire appel à Darcy Lewis pour dire qu’il a été recasté. Car Charlie Cox is back ! Quel kif. Surtout avec l’excellent gag de la brique. J’ai hâte de voir ce que Marvel Studios va faire avec Daredevil.

Au rayon des défauts pour Spider-Man : No Way Home. Je dirais sans doute une première partie trop dévoilée par le marketing. Du coup, pendant longtemps, j’étais là à me demander quand les nouveautés marquantes (Daredevil mis à part) viendraient.

Une réalisation manquant de souffle épique

Toujours du côté des défauts. La réalisation. Si je retiens deux très beaux plans. Celui semblant sortir du cinéma de Zack Snyder où Peter Parler est sous la pluie face à l’écran géant où J. Jonah Jameson (génialement détestable) lui fait des reproches. Le second, c’est quand il se balade à la recherche du Bouffon Vert avant de finalement tomber sur Electro. En passant, Electro, je ne peux pas m’empêcher d’esquisser un sourire à chaque fois que je pense à la blague sur le Spider-Man noir.

Bref, je digresse. Pour revenir à la réalisation, malheureusement, Jon Watts a du mal à proposer un équivalent au rayon de l’action par rapport à ce qu’il propose pour l’émotion. Les combats sont sympathiques, mais n’offrent rien de particulièrement épique (ce n’est pas Infinity War ou Endgame, quoi). Le passage dans la dimension miroir lors du combat Spidey / Strange est vraiment fun, mais il n’y a pas de réelles nouveautés par rapport au film Doctor Strange (2016).

Malgré tout, je suis ravi que Jon Watts, comme Sam Raimi en son temps, ait pu boucler une trilogie sur le Tisseur avec sa patte ayant permis d’apporter une fraîcheur juvénile à ce Spider-Man là. Sa réalisation a gagné en maturité au fil des films, permettant d’avoir ce côté « je grandis avec le personnage » pas dégueu.

Par ayant furieusement envie de voir où va aller la saga.

Conclusion

Même si de (trop ?) nombreuses suprises ont été dévoilées par la promotion (sans oublier les fuites) et que la réalisation manque de souffle épique, Spider-Man : No Way Home reste une conclusion de trilogie exceptionnelle. Ce qui m’a marqué, c’est qu’il m’a le plus impressionné là où je l’attendais le moins : en étant émouvant. C’est aussi un énorme fanstasme de fan.

+

  • Conclusion maligne pour la trilogie Home
  • La scène du « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités », superbement déchirante
  • La réunion des Spider-Men
  • Retrouver les vilains des anciens Spider-Man, en équipe
  • Willem Dafoe, terrifiant
  • Tom Holland au top
  • Love story entre Peter et MJ
  • Caméo de Daredevil
  • Merci, ce Venom-là ne va pas polluer le MCU
  • La magnifique scène « Snyderesque »

  • Pas de moment épique au rayon de l’action
  • Humour moyen dans la première partie
9/10

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