Critique : SOS Fantômes : L’Héritage

De l’amour… pur

Fiche

Titre SOS Fantômes : L’Héritage Titre VOGhostbusters: Afterlife
Réalisateur Jason Reitman Scénaristes Gil Kenan & Jason Reitman
Acteurs Carrie Coon, Paul Rudd, Finn Wolfhard, Mckenna Grace, Logan Kim, Celeste O’Connor, Bill Murray, Dan Aykroyd, Ernie Hudson, Annie Potts, Sigourney Weaver, J.K. Simmons
Date de sortie01 / 12 / 2021 Durée2h 04
GenreAventure, Comédie, Fantastique, Science fiction Budget75 000 000 $

Une mère célibataire et ses deux enfants s’installent dans une petite ville et découvrent peu à peu leur relation avec les chasseurs de fantômes et l’héritage légué par leur grand-père.

Critique

Quitte à perdre en crédibilité (si, par miracle, j’en avais) dès le début de cette critique, je dois avouer que j’ai beaucoup aimé le S.O.S. Fantômes de 2016. On est d’accord, cet épisode est loin de rivaliser avec les deux d’origine. Néanmoins, au lieu de calquer la formule, son réalisateur, Paul Feig, et sa troupe ont tenté d’apporter quelque chose de nouveau.

On fait demi-tour

Pour ceux qui n’ont pas aimé la version de 2016 seront ravis d’apprendre que cette fois-ci, on fait carrément demi-tour pour se raccrocher aux premiers épisodes avec ce qui est tout simplement une suite directe, malgré un bond de plus de trente ans. On est en plein dans la formule qui marche du tonnerre, celle du reboot/remake maquillé en suite. Une formule dont le représentant le plus célèbre est le duo nous venant d’une galaxie lointaine, très lointaine, Le Réveil de la Force (2015) et L’Ascension de Skywalker (2019).

Comme si ça ne suffisait pas, on fait également revenir le fils du réalisateur des deux premiers, Ivan Reitman. Le coco nommé Jason n’est pas un novice, car il a aligné quelques beaux succès dans le cinéma indépendant notamment avec Thank You for Smoking (2005), Juno (2007) et In the Air (2009). Pour l’anecdote, le gaillard était même apparu dans SOS Fantômes 2 (1989) pour traiter les casseurs de fantômes de « full of crap » durant la fête d’anniversaire d’ouverture.

Beauté plastique

Malgré un budget divisé par deux par rapport à son prédécesseur, difficile de nier la beauté plastique du film. On sent le talent derrière la caméra. Les plans sont superbes. Les effets spéciaux se fondent dans le décor. Cerise sur le gâteau, on a recours à des effets spéciaux mécaniques. Surtout, ô grand surtout, on conserve l’aspect horrifique des originaux. Car, oui, SOS Fantômes fait un peu peur. C’est un mec encore marqué par le fantôme de la bibliothécaire qui parle.

Au niveau des acteurs, celui qui crève l’écran est sans hésiter la jeune Mckenna Grace. C’est simple, elle vole la vedette à tout le monde. Je m’attendais à succomber aux charmes de Carrie Coon (elle m’avait ébloui dans la série The Leftovers) et surtout mon chouchou Paul Rudd. Mais que nenni, je n’avais d’yeux que pour Mckenna. L’écriture de son personnage est vraiment excellente et permet de pallier à celle un peu paresseuse des autres personnages. Podcast est le rôle comique classique (quelques bonnes blagues à noter tout de même) tandis que le transfuge de Stranger Things semble jouer le même rôle que d’habitude.

Un poil trop prévisible

La grosse faiblesse du long-métrage de Jason Reitman à mes yeux concerne le fait qu’il s’agit d’un remake maquillé du premier film de la saga. De plus, les péripéties sont trop prévisibles. C’est simple, je n’ai eu aucune surprise. Heureusement, comme on dit, c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe. Car SOS Fantômes : L’Héritage a un énorme mérite. Celui d’avoir beaucoup de cœur, en plus de la nostalgie. Il s’agit d’une superbe déclaration d’amour au diptyque originel.

Mais pour en parler plus en détails, il faut croiser les effluves afin d’ouvrir la partie avec spoiler.

Hommage (partie avec spoiler)

Quand je disais que j’avais eu aucune surprise, ce n’est pas totalement vrai, en fait. Mea culpa. J’avais été très étonné de la place prise par Egon Spengler. Étant donné que son interprète, Harold Ramis, nous avait quitté le 24 février 2014, je m’attendais à un hommage discret. Mais pas du tout, en fait, pratiquement tout SOS Fantômes : L’Héritage est un hommage à Harold / Egon. C’est principalement flagrant par la place prise par la « nouvelle Egon » jouée par Mckenna Grace.

Mais ce qui m’a mis sur le cul et ému jusqu’aux larmes, c’est le Goku/Gohan face à Cell. La beauté et le symbole de ce plan m’émeuvent encore quand j’écris ces lignes. La combinaison parfaite entre le titre original, Afterlife, et le titre français, L’Héritage. J’ai encore plus chialé quand ils ont rassemblé, une dernière fois, l’équipe original dans un plan magnifique. On sentait Bill Murray particulièrement ému. Lui qui s’était brouillé avec Harold Ramis sur le tournage d’Un jour sans fin (1993) avant de se réconcilier juste avant sa mort.

Quant à l’idée de faire revenir Gozer, bon, je n’ai jamais été spécialement fan du personnage, lui préférant largement le Bibendum géant ou Vigo la Tristesse de Moldavie. Mais, l’effet est plutôt cool. En plus, ça permet d’avoir un caméo improbable de J.K. Simmons. Vu l’extrême brièveté de son apparition, j’ai cru que c’était un sosie. Mais la fiche IMDb me confirme que c’est bien lui.

Par espérant qu’une suite sera mise en chantier.

Conclusion

Prenant totalement à contre-courant le SOS Fantômes de 2016, L’Héritage se raccroche aux deux premiers films en leur offrant une suite respectant l’esprit de la saga. Un peu trop, car il en devient prévisible. Néanmoins, il a le mérite d’avoir beaucoup de cœur. Au point que j’ai été particulièrement ému plusieurs fois.

+

  • Hommage émouvant
  • Mckenna Grace
  • Esprit totalement respecté
  • Réalisation superbe

  • Un peu trop prévisible quand même
8/10

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