Critique : La Grande Aventure Lego

Madeleine de Proust cubique

Fiche

TitreLa Grande Aventure Lego
RéalisateursPhil Lord, Chris Miller
ScénaristesPhil Lord, Chris Miller
Voix (VO):Chris Pratt, Will Ferrell, Elizabeth Banks, Will Arnett, Morgan Freeman, Alison Brie, Charlie Day, Liam Neeson, Nick Offerman, Channing Tatum, Jonah Hill, Cobie Smulders, Will Forte, Dave Franco, Shaquille O’Neal, Billy Dee Williams
Titre original:The Lego MovieDate de sortie:19 février 2014
Pays:États-Unis, Australie, DanemarkBudget:60 000 000 $
Genre:Action, Animation, Aventure, Comédie, FamilleDurée:1h 40

Emmet est un petit personnage banal et conventionnel que l’on prend par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Il se retrouve entraîné, parmi d’autres, dans un périple des plus mouvementés, dans le but de mettre hors d’état de nuire un redoutable despote. Mais le pauvre Emmet n’est absolument pas prêt à relever un tel défi !

La Grande Aventure Lego
« Non, n’entrez pas ! On n’est pas encore prêt pour la Justice League au cinéma ! Revenez en 2016 ! »

Critique

Comme pour une majorité des gens (du moins, j’imagine), les Lego ont toujours représenté pour moi un univers si vaste et si ouvert qu’ils ont réussi à matérialiser une partie de mon imagination infantile. Au point de faire péter un câble à mes parents quand ils ne pouvaient plus rentrer dans ma chambre, la faute à un sol rempli de Lego. Puis au fil des années, ils ont fini par faire partie du passé avant de revenir en force avec les jeux vidéo à succès puis ce film. Les Lego sur les traces des super-héros Marvel et DC ?

J’ai touché à quelques jeux vidéo estampillés Lego en ayant réussi l’exploit personnel à n’en finir aucun (ce qui a fort surpris mon entourage au courant de ma condition à finir tout jeu que je débute, même si ce sont des grosses daubes). En fait, même si j’adore l’humour Lego, le gameplay si enfantin et si redondant m’horripile. Au point que même quand il s’agit des Lego version Marvel, je n’ai pas réussi. Ça n’empêche que j’étais déçu car j’aimais bien mater les cinématiques. Du coup, la venue de ce film était une véritable aubaine. Surtout précédé d’une réputation plus que flatteuse outre-Atlantique.

Prenez garde, les Lego sont partout désormais ! S’ils décident de prendre vie et de conquérir le monde, on est dans la panade.

La première chose qui frappe dans La Grande Aventure Lego, c’est l’emploi de véritables Lego pour faire le film au lieu de passer par les images de synthèse comme c’est le cas pour les jeux vidéo. Après un temps d’adaptation principalement pour accepter cette sorte de « saccade », j’ai fini par adhérer. Les gunfights et les effets naturels, comme l’eau ou la fumée, deviennent des moments de prouesse visuelle. Les destructions des bâtiments sont jouissives et drôles. Toutefois, le plan qui m’a le plus épaté, c’est sans hésiter celle à la surface de l’eau où on peut admirer des vagues en Lego. Un truc tellement riche en détails que la durée de la séquence ne m’a pas permis de l’apprécier jusqu’au bout.

La Grande Aventure Lego
Emmet est traumatisé. Il vient de se rendre qu’il est encore plus fort que Jésus. Le fils de Dieu marchait sur l’eau. Emmet, sur l’air. Who is the boss ?

Le deuxième point, c’est le nombre de références cinématographiques. Il y en a tellement qu’en faire une liste serait fastidieux. Parmi les plus faciles, on peut compter sur Terminator et Matrix. Le tout avec un casting de guest-star à tomber même pas par terre mais jusqu’en enfer : Batman, Superman, Green Lantern, le Shaq, … En fait, les éléments les plus connus du catalogue de la Warner. Voilà ce qui explique l’absence des Lego Marvel dont les droits sont possédés par Disney. Dommage pour mon petit cœur de fanboy.

Un long-métrage répondant parfaitement au souhait des réalisateurs : « On voulait un film imaginé par un enfant de 8 ans ! ».

Pour le reste, pas de surprise. La Grande Aventure Lego conserve l’humour déployé dans les jeux vidéo. D’où ma petite pointe de déception lors du visionnage. Les critiques étaient tellement flatteuses que je m’attendais à un truc énorme et finalement, je me disais : « Mouais, rien de transcendant non plus. Ça sonne même comme un déjà-vu des cinématiques des jeux. ». Fort heureusement, la grosse majorité du public n’a probablement pas joué aux jeux vidéo et pourra apprécier sans cet arrière-goût d’amertume. Si seulement, j’avais réussi à m’en débarrasser.

Niveau humour, c’est plutôt marrant même si aucune blague ne sort vraiment du lot. Tout de même, au début, j’ai pris peur devant l’humour gamin avant d’être rassuré, car il s’agissait d’un passage prévu. Niveau action, c’est plutôt efficace avec notamment un remake de la scène culte de la bataille de New-York d’Avengers. De plus, le pouvoir de construction des personnages permet des prouesses inédites. Quant à l’histoire, ça sonne classique, lorgnant sur Matrix, mais le twist de malade est juste… Superbe ! Il fallait oser.

Spoiler : le twist

C’est très intelligent (et drôlement culotté) de mettre comme thème principal, cette lutte entre les Lego figés (commercial) et les Lego des enfants en la matérialisant par ce combat pratiquement œdipien (sauf qu’il n’y a pas d’inceste dedans) entre un père psychorigide et son fils. Ça m’a foutu un gros coup de nostalgie, car je me suis rappelé de mon père qui faisait les gros yeux en voyant mes Lego mélangés n’importe comment, sans prendre en compte leur univers respectif (des pirates avec des cosmonautes pour affronter des chevaliers). Je me rappelle aussi de mon énorme vaisseau spatial où j’avais cumulé tous les Lego que j’avais. Un vaisseau bien classe que je n’ai jamais réussi à soulever… Prends-ça, le Faucon Millenium !

La Grande Aventure Lego
Cool, le méchant a son propre T-1000. Tremble, Skynet !

Conclusion

La Grande Aventure Lego n’est pas le film familial de la décennie, mais un divertissement efficace bourré d’idées géniales et passionnant à suivre. Seul bémol, ceux ayant pratiqué les jeux vidéo auront une impression de déjà-vu.

+– Visuellement attrayant
– Humour
– Références cinématographiques
– Une foule de guest-stars
– Twist
– Rien d’original comparé aux jeux vidéo
– Petit temps d’adaptation pour cette « saccade »
7/10

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