Chloé Zhao rend Hamnet éternel
Fiche
| Titre | Hamnet | Titre VO | – |
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| Réalisateur | Chloé Zhao | Scénaristes | Chloé Zhao & Maggie O’Farrell, d’après le roman de Maggie O’Farrell |
| Acteurs | Jessie Buckley, Paul Mescal, Emily Watson, Joe Alwyn | ||
| Date de sortie | 21 / 01 / 2026 | Durée | 2h 05 |
| Genre | Biographique, Drame, Historique, Romantique | Budget | 30 000 000 $ |
Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel.
Critique
Chloé Zhao est enfin de retour. Même si on n’avait plus vraiment de nouvelles d’elle depuis Les Éternels (un Marvel clairement sous-estimé), la cinéaste n’a pas chômé. Elle est, par exemple, impliquée dans la nouvelle série Buffy contre les vampires (dont le titre officiel est Buffy the Vampire Slayer: New Sunnydale) pour laquelle elle a réalisé le pilote. Toutefois, j’attendais avec impatience son nouveau long-métrage. Il est arrivé avec Hamnet, un projet que Sir Sam Mendes devait à l’origine réaliser avec Tom Holland dans le rôle principal.
Bienvenue au royaume du Danemark
À la base de Hamnet, il y a le roman de Maggie O’Farrell qui nous invite à découvrir l’histoire derrière la création du chef-d’œuvre de William Shakespeare : La Tragique Histoire d’Hamlet, prince de Danemark (Hamlet, une fois passé à la moulinette Abrège Frère). Même sans bien connaître l’œuvre, tout le monde connaît la réplique « Être ou ne pas être », tandis que les fans de Last Action Hero se souviendront de : « Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. » Il convient tout de même de souligner que le roman d’O’Farrell est une œuvre de fiction, même si elle s’appuie sur les événements connus de la vie du dramaturge.
Pour cette adaptation, Chloé Zhao a coécrit le scénario avec Maggie O’Farrell. Au niveau de la réalisation, on reconnaît instantanément son amour pour les paysages, tant la réalisatrice multiplie les plans larges avec un rythme contemplatif pour mieux nous immerger dans l’environnement. On parle tout de même d’une cinéaste qui a poussé Marvel Studios à tourner en décors naturels à une époque où le studio abusait des fonds verts. En cela, Hamnet est une réussite majeure : la forêt semble habitée tandis que la reconstitution historique est superbe, qu’il s’agisse de la maison familiale ou du théâtre.
Le séisme émotionnel de ce début d’année
Elle peut aussi compter sur deux excellents stars, même si Jessie Buckley survole clairement les débats avec sa performance magistrale. Je dois avouer qu’après un début sympathique, je commençais à m’ennuyer un peu tant le récit patinait (le rythme contemplatif a ses défauts). Mais avec le recul, ce n’était que pour mieux prendre de l’élan avant de nous asséner une baffe émotionnelle d’une puissance inouïe.
Quand arrive la séquence charnière, j’ai fondu en larmes pendant plusieurs minutes. Pas des petites larmes, hein : la gorge serrée et les joues trempées. Sur cette scène, Jessie Buckley livre une prestation d’une force folle. Son cri de rage m’a laissé pantois. À noter également la performance géniale du jeune Jacobi Jupe.
Une fois la violence de cette scène passée, Hamnet s’engouffre dans un tourbillon émotionnel éprouvant jusqu’à un final où les larmes font leur retour. Pour l’anecdote, le rôle d’Hamnet est tenu par Jacobi Jupe, tandis que l’acteur jouant Hamlet dans le film n’est autre que son propre frère, Noah Jupe (vu dans la saga Sans un bruit). Quand on connaît ce lien fraternel, la puissance du climax s’en retrouve démultipliée (même s’il n’en a pas besoin).
Je suis ressorti de la salle estomaqué. On dit que le cinéma permet de vivre d’autres vies ; celle vécue dans Hamnet est d’une intensité rarement vue. Autant dire qu’il vaut mieux être bien préparé psychologiquement avant d’entrer dans la salle obscure.
Par Christophe Menat encore un peu traumatisé.
Conclusion
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Je suis ressorti de là estomaqué, les yeux rouges et le cœur en miettes. Hamnet, c’est la preuve que Chloé Zhao n’a besoin d’aucun effet spécial pour mettre K.O. C’est du grand cinéma, viscéral et sublime. Alors oui, il faut être ‘chaud patate’ pour encaisser un tel tourbillon, mais le voyage en vaut la peine. |
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| 9/10 | |