Critique : Doctor Strange

My name is Doctor Stephen Strange

Fiche

Phase 3 du Marvel Cinematic Universe

TitreDoctor StrangeTitre VO
RéalisateurScott DerricksonScénaristesJon Spaihts, Scott Derrickson, C. Robert Cargill
ActeursBenedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams, Benedict Wong, Mads Mikkelsen, Tilda Swinton, Michael Stuhlbarg
Date de sortie26 / 10 / 2016Durée1h 55
GenreAction, Aventure, FantastiqueBudget165 000 000 $

L’histoire du Docteur Stephen Strange, talentueux neurochirurgien qui, après un tragique accident de voiture, doit mettre son égo de côté et apprendre les secrets d’un monde caché de mysticisme et de dimensions alternatives. Basé à New York, dans le quartier de Greenwich Village, Doctor Strange doit jouer les intermédiaires entre le monde réel et ce qui se trouve au-delà, en utilisant un vaste éventail d’aptitudes métaphysiques et d’artefacts pour protéger le Marvel Cinematic Universe.

« Euh, je demande parce que j’ai un doute, là. On n’est pas en train de subir une Inception ? »

Critique

Le 14ème film du Marvel Cinematic Universe, et accessoirement deuxième film de la Phase 3, marque une nouvelle avancée dans cet univers cinématographique pourtant déjà très dense, car avec Stephen Strange, nous ne sommes plus dans un monde de science. Nous sommes au-delà. Nous posons un pied dans la magie.

Après un visionnage accompagné d’un petit recul de quelques heures histoire d’assimiler la claque, c’est drôle de constater les similitudes entre ce film et un des meilleurs Marvel Studios : Les Gardiens de la Galaxie. Pourtant, ce n’est pas le premier auquel j’aurais pensé avant d’aller voir Doctor Strange, mais finalement si. Mais attention, on ne parle pas de plagiat, ni de copiage et encore moins de repompage. Ces similitudes sont ailleurs et dans le bon sens.

Déjà, comme pour le Marvel Studios cosmique, Doctor Strange dispose d’un réalisateur venu du monde de l’horreur. James Gunn avait commencé chez Troma avant de pondre le scénario de L’Armée des Morts de Zack Snyder (on l’oublie souvent celui-là) puis de réaliser Horribilis. Quant à Scott Derrickson, il avait une expérience plus solide avant d’être embauché car il nous avait offert deux sommets de l’horreur : L’exorcisme d’Emily Rose et son inoubliable exorcisme (évidemment pour un film qui parle d’exorcisme) et le terrifiant Sinister (le premier titre que je donne à chaque fois que quelqu’un me demande un film qui fait peur).

Visuellement, un truc de malade ! Probablement, les images les plus culottées pour un film live !

James Gunn nous avait offert des plans rarement vus au cinéma avec ses Gardiens de la Galaxie. Il avait pleinement accompli le pari de transposer une aventure cosmique à l’écran. Et je suis content de pouvoir dire que Scott Derrickson a réussi à en faire de même avec la magie. Il va même plus loin avec des séquences tout simplement… 😲, 😱 et 😵. La première incursion du Doctor dans le monde de la magie est une séquence culte ! Je n’ai pas peur de le dire, c’est culte ! Le genre de scène que tu extrais de ton Blu-ray pour pouvoir se la refaire en boucle.

Quand le comic et le film s’entrelacent…

À ceux qui ont déjà lu un comic du Sorcier Suprême (le titre honorifique de Doctor Strange), je vais le dire. Ils l’ont fait, ces cons. Ils ont eu le courage (ou l’inconscience) de mettre à l’écran tous les trucs de taré du comic comme la projection astrale et les balades dans le multivers. Depuis le temps que j’en rêvais. Doctor Strange l’a fait. Le Marvel Studios affiche sur la toile des images d’une audace visuellement très rarement égalée. La séquence d’Inception dans Paris t’a impressionné ? Dis-toi que dans Doctor Strange, c’est multiplié par mille.

Autre intéressante parallèle entre Doctor Strange et Les Gardiens de la Galaxie, un final d’une impressionnante amplitude marquée par une idée de génie totalement surprenante. Je n’en dis pas plus, car je trouve que j’en ai déjà trop dévoilé. Passons donc à des choses plus classiques.

Une trame Iron Maniesque portée par un Benedict Cumberbatch parfait

C’est peut-être le seul vrai défaut de Doctor Strange. Un scénario un poil trop classique dans sa structure, très Iron Man. Fort heureusement, on l’oublie facilement tant il nous amène dans des mondes inexplorés au cinéma. On n’aura jamais vu la magie traitée de manière aussi dantesque que dans Doctor Strange. Insaisissables ? Laissez-moi rire.

Surtout, cette trame est portée par un Benedict Cumberbatch impérial. L’acteur britannique EST Doctor Strange, le Doctor du comic. Point surprenant, il passe même pour un gros connard arrogant au début et en est presque détestable. Il n’y a pas grand-chose d’autres à dire. Encore une fois, le service casting de Marvel Studios a atteint la perfection. On l’oublie souvent, mais si leurs films sont souvent des réussites, c’est que le casting est monstrueux. Chaque acteur colle à son personnage. Au point qu’il devient difficile, voire impossible, d’imaginer quelqu’un d’autre dans le rôle.

En plus, Benedict Cumberbatch était vraiment attaché au rôle et à respecter le personnage. En effet, il a refusé de garder son accent britannique pour jouer Doctor Strange alors qu’on lui avait proposé de le faire. Il voulait respecter les origines new-yorkaises du Sorcier créé par Stan Lee et Steve Ditko. C’est la petite anecdote qui fait vraiment plaisir.

« Encore ton coup de la cuillère dans Matrix, je veux bien. Mais là, ça devient difficile à croire que ça n’existe pas. »

Whitewashing ou choix artistique ?

Évidemment, impossible de parler casting sans faire l’impasse du « scandale » de whitewashing pour le personnage de l’Ancien avec Tilda Swinton dans le rôle au lieu d’un acteur asiatique. J’ai toujours trouvé ça un peu ridicule, car les films Marvel ont toujours voulu apporter de la diversité. N’allons pas nous avoir un film sur un super-héros africain en solo en Afrique ? N’allons pas nous avoir droit à un film en solo sur une super-héroïne (et non, Elektra et Catwoman ne comptent pas) ? Surtout, l’un des personnages de Doctor Strange (Mordo) n’a-t-il pas changé de couleur de peau pour devenir noir alors qu’il est blanc à la base ? De plus, Tilda Swinton est excellente dans le rôle. Dès sa première apparition, elle m’a foutu des frissons. Pour moi, la voir à l’écran (meilleur personnage après le Doc) suffit pour éteindre cette polémique vraiment là pour polémiquer.

Concernant le reste du casting, les rôles sont moins marquants. Mordo (Chiwetel Ejiofor) reste assez classique, toutefois, il explore de belles pistes. De même pour Christine (Rachel McAdams), simple love interest, même si c’est un peu plus compliqué que ça.

Par contre, petit coup de cœur pour le Wong de Benedict Wong. Il faut savoir que ce Doctor Strange n’a pas beaucoup d’humour. C’est assez sombre dans l’ensemble, dans la lignée de Captain America: Civil War en omettant la bataille de l’aéroport. Juste quelques blagues par-ci et par-là qui font beaucoup de bien. Et pratiquement à chaque fois, Wong était là. J’attends déjà d’en voir plus du duo Wong/Strange, car leur première rencontre est réellement marquante.

Enfin un vilain mémorable pour le MCU ?

C’est l’un des reproches qu’on adresse souvent aux films du Marvel Cinematic Universe, des méchants peu notables. Je trouve ça un peu sévère étant donné qu’on a eu droit à Loki, Ronan, Crâne Rouge, Ultron et le Soldat de l’Hiver. Sans oublier un Zemo que j’aime beaucoup. Ça ne m’empêche tout de même pas de reconnaître que la moitié des films de l’univers manque d’un vilain d’ampleur. Au point même de ressembler à des alter-egos maléfique du héros. Le méchant du premier Iron Man est un sosie, pareil pour Ant-Man.

« POURQUOI ? Mais pourquoi ne suis-je pas le meilleur vilain du MCU ? »

Malgré l’immense Mads Mikkelsen dans le rôle de Kaecilius, je ne vais pas mentir en disant que j’ai été emballé. Néanmoins, un méchant se cache dans l’ombre et, celui-là, il est vraiment marquant. Il est à mon avis le premier d’une lignée de vilains plus impressionnants à venir.

Première incursion dans la magie selon Marvel

C’était le plus gros pari. Comment rendre la chose crédible ? Sachant que les précédents films, Thor compris, se basait sur de la science-fiction. C’était même un des reproches que j’adressais à Thor. Être davantage un film SF plutôt que de mythologie. Doctor Strange l’introduit d’une manière maligne qui fait que j’y ai adhéré de manière insouciante, sans remettre quoi que ce soit en question.

Le détail que j’ai beaucoup aimé, en plus des audaces visuelles déjà abordées, c’est le soin apporté aux chorégraphies des mains pour souligner chaque sort magique. Alors que dans Harry Potter, il se base sur le phrasé (normal vu que ça vient d’un roman), dans le film du jour, c’est vraiment la forme et le positionnement de la main avec les mouvements qui amènent les sorts. Un truc vraiment cool, n’étant pas sans rappeler le légendaire Kaméhaméha.

Allez, je vais même avouer que j’ai tenté de reproduire certains sorts en sortant de la salle. Mais visiblement, je ne suis pas un Sorcier, car rien n’est sorti… 😅

Par qui n’arrive toujours pas à redescendre sur Terre, le23 octobre 2016.

Quoi , c’est déjà fini ? Non, ne pars pas ! Reviens ! REVIENS !

Conclusion

Je m’attendais à un bon film, mais certainement pas à une réussite de ce niveau. Doctor Strange est sans hésiter le Marvel Studios le plus audacieux visuellement avec des trucs qui n’ont jamais été vus au cinéma. C’est le Marvel qui nous amène dans un tout nouveau monde, celui de la magie, d’où on en ressort avec qu’une seule envie : y retourner. Et c’est d’ailleurs que je vais faire.

+

  • Visuellement, ça a surpassé mes rêves les plus fous
  • Impérial Benedict Cumberbatch
  • L’Ancien de Tilda Swinton
  • Une solide mise en place de la magie dans le MCU
  • Cette scène culte, tudieu
  • Le réalisateur n’a pas pu s’empêcher de foutre des jump scares
  • Wong

  • Trame un peu trop classique
  • On en veut encore plus
9/10

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A propos de l'auteur : (2914 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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