Critique : A Knight of the Seven Kingdoms – Saison 1

Le jour où Game of Thrones a ressuscité

Fiche

TitreA Knight of the Seven Kingdoms Titre VO
CréateursGeorge R.R. Martin, Ira Parker
Acteurs Peter Claffey, Dexter Sol Ansell
Saison1 Nombre d’épisodes6
Date de sortie23 / 02 / 2026 Durée31 à 42 mn
GenreAction, Aventure, Drame, Fantastique ChaîneHBO Max

Du monde de Westeros nous vient une histoire improbable centrée sur les aventures d’un duo inattendu : le chevalier Ser Duncan et son écuyer l’Œuf.

Critique

Le 28 avril 2019 est le jour où la série Game of Thronesest morte.

Pour ceux qui n’ont pas la mémoire des dates, cela correspond à la sortie de l’épisode 3 de l’ultime saison : The Long Night. C’est à partir de ce moment que la série a dégringolé jusqu’à un final désastreux. Le traumatisme fut tel que je n’ai eu ni le courage, ni l’envie de regarder le spin-off, House of the Dragon. Si la première saison avait reçu de très bons retours, ce fut nettement moins le cas pour la saison 2. La raison ? Difficile à dire vu que je ne l’ai pas vue, mais quand on découvre que G.R.R. Martin s’est fâché avec le showrunner, il y a de quoi s’inquiéter.

Entendre que l’auteur s’agace de voir ses remarques ignorées par le showrunner est un signal d’alarme étourdissant. Quand on comprend que le « divorce » a réellement débuté sur la saison 2, le raccourci est facile à prendre. Bref, ce sont des histoires qui ne me regardent plus de toute façon : j’ai abandonné Westeros.

Mais… il y avait un chevalier. A Knight of the Seven Kingdoms.

Le retour du Roi Chevalier

Chronologie de séries Game of Thrones, The House of the Dragon et A Knight of the Seven Kingdoms.

Dès sa première affiche, j’ai été attiré. Puis, j’ai été conquis par la bande-annonce. Stupeur, j’avais de nouveau envie de retourner à Westeros, chose que je n’aurais jamais crue possible. C’est ensuite une déclaration qui a fait mouche : le co-créateur, Ira Parker, a indiqué que G.R.R. Martin était pleinement impliqué.

En découvrant le résultat, l’auteur barbu a d’ailleurs déclaré : « A Knight of the Seven Kingdoms est une adaptation de Le Chevalier errant [NdM : The Hedge Knight en VO, publié en 1998], la première des nouvelles que j’ai écrites à leur sujet [Dunk & l’Œuf]. C’est une adaptation aussi fidèle qu’un homme raisonnable pourrait l’espérer (et vous savez tous à quel point je pèse mes mots quand je m’exprime sur ce sujet). »

Et si c’était là le secret ? Après tout, ce n’est pas pour rien que les livres ont connu un succès planétaire. Je me demande bien pourquoi certains s’obstinent à vouloir changer ce qui fonctionne — la série The Witcher en est un triste exemple. Mais revenons à nos moutons.

Un Westeros à hauteur d’homme

A Knight of the Seven Kingdoms se présente avec plusieurs particularités. La première est de n’offrir que six épisodes d’environ 30 minutes, ce qui permet d’appréhender l’ensemble comme un film de trois heures (le souhait originel de Martin pour le projet était un film).

Cela s’explique par le second point fort : on épouse (presque) exclusivement le point de vue du chevalier, Dunk. La nouvelle d’origine faisant une centaine de pages, le showrunner Ira Parker a privilégié la fidélité plutôt que de rallonger artificiellement l’intrigue. Pour moi, c’est un excellent choix : la saison ne se regarde pas, elle se dévore grâce à un rythme impeccable.

Dès le premier épisode, j’ai été happé par l’humour de la série. Elle marque une rupture avec ses « grandes sœurs » via une blague légèrement scato et un générique ultra sobre, signalant d’emblée que nous ne sommes pas dans une épopée majestueuse. Nous suivons simplement un jeune homme. J’ai même eu l’impression de voir un genre de Forrest Gump à Westeros, tant sa candeur désarçonne dans ce monde cynique. La réaction de Ser Lyonel Baratheon me reste encore en tête.

Photo du tournage de la saison de la série A Knight of the Seven Kingdoms où Dexter Sol Ansell présente son cadeau pour George R.R. Martin afin de le remercier.

Quant au reste, c’est du pur GoT : réalisation au poil (le combat de l’épisode 5 est un bijou visuel), décors impressionnants et costumes géniaux. Mentions spéciales au costume d’Aerion et à l’impressionnante prothèse de Ser Arlan de L’Arbre-sous. J’ai adoré ce réalisme accru ; par exemple, quand un personnage demande simplement à Dunk où il peut aller chier. Ce n’est pas glamour, mais cela ancre la série dans un terreau humain inédit pour cet univers. Je doute qu’on parle de ces détails dans House of the Dragon. Cela m’a rappelé Kaamelott, qui inscrivait ce même réalisme dans les dialogues et les réactions.

Dunk et l’Œuf : Un duo de légende est né

Le plus fort, c’est que la série dispose d’un budget bien moins élevé que ses aînées, forçant le showrunner à des choix malins pour éviter le côté « cheap ». Le brouillard renforcé lors du combat de l’épisode 5 pour pallier les contraintes budgétaires en est la preuve : cela ne se voit pas et donne même un charme onirique à l’affrontement.

Photos de la saison 1 de la série A Knight of the Seven Kingdoms avec la réplique « Get up ».

Mais la série ne fonctionnerait pas sans ses deux stars : Peter Claffey (Dunk) et Dexter Sol Ansell (l’Œuf). Ils ont frappé un grand coup. Les deux sont ultra attachants et l’alchimie de leurs interactions réchauffe le cœur. On n’a qu’une envie : les suivre jusqu’à la fin du monde. Autour d’eux, HBO oblige, le casting est solide et les personnages mémorables.

Je voulais finir cette critique en saluant l’idée géniale du changement de titre final (avec la scène post-générique qui va avec) et la fabuleuse séquence du « Get up » qui m’a donné des frissons et les larmes aux yeux. Cette séquence résume tout le charme de la série.

Maintenant, j’espère simplement que cette production (et Martin) suivra le conseil de Ser Arlan…

Par qui n’en revient pas d’être de nouveau sous le charme de Westeros.

Conclusion

A Knight of the Seven Kingdoms est bien plus qu’une série dans l’univers de George R.R. Martin : c’est ma réconciliation avec Westeros. Je ne pensais pas pouvoir oublier un jour le traumatisme de 2019, mais Dunk et l’Œuf ont accompli ce miracle. Désormais, j’attends la suite avec une impatience que je croyais perdue, en espérant que le showrunner n’oubliera jamais la leçon de Ser Arlan : « A true knight always finishes a story ».

+

  • Fidélité à l’œuvre
  • Format « film »
  • Duo Claffey / Ansell
  • Réalisme terre à terre
  • Fabuleux épisode 5
  • Réalisation créative
  • Retomber amoureux de Westeros

10/10
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