Test : Watch Dogs

Les aboiements d’un chihuahua

Fiche

Titre :
Watch Dogs
Éditeur :Ubisoft
Développeur : Ubisoft Montréal, Ubisoft Reflections
Plate-forme :PC, PlayStation 3, PlayStation 4, Wii U, Xbox 360, Xbox OneDate de sortie :27 mai 2014
Genre :Action, Aventure, InfiltrationTesté sur :PlayStation 4
Watch Dogs Image

« Le combat à mains nues est le combat roi… Qui compte sur une arme est un fou ! »

Critique

Après les chiens qui dormaient, voici les chiens de garde. Watch Dogs est le premier GTA-like de la nouvelle génération, mais plus que ça, il débarque avec la promesse d’un gameplay innovateur reposant sur le piratage informatique. Verdict de cette bombe annoncée ?

Franchement, la déception fut énorme lors de mes premiers pas dans le jeu. Plusieurs points n’étant pas franchement à la hauteur des promesses. Déjà, le piratage est peu addictif. Cela consiste la plupart du temps à sortir son portable et à maintenir Carré (pour les joueurs Playstation) ou à résoudre des petits puzzles pour accéder à des zones protégées. La seule « originalité » consiste à accéder aux caméras de surveillance, histoire de préparer l’infiltration. Au final, le piratage n’est qu’une simple plus-value. Il y a quand même un gadget marrant : le blackout qui coupe les lumières de toute une zone. Ah oui, le piratage permet de récupérer pas mal d’argent mais vu à quoi ce dernier sert…

L’autre gros problème du jeu, c’est son histoire. Je ne m’attendais pas à un truc énorme non plus, mais ça ? Le héros a le charisme d’une moule. Déjà, s’il se la jouait héros silencieux, ça pourrait passer, mais il n’arrête pas de jacasser et de partager ses états d’âme d’un ridicule. Au point même que je me suis demandé si je ne devrais pas envisager de couper le son (vu que je suis sourd, ce serait plutôt les sous-titres). Le jeu repose sur une morale ambiguë intéressante, mais l’utilise d’une très mauvaise façon, vraiment dommage. Le héros se fait passer pour un Justicier, rechigne à assassiner le tueur de sa nièce tout en assassinant plus de monde que le Punisher himself dans toute sa carrière. Le pire, c’est que le basculement du petit hacker vers un assassin de masse se fait presque instantanément. Quand ça passe pour un GTA grâce à l’humour très second degré et des personnages hauts en couleur (Trevor, quel magnifique fils de pute !), ça passe moins pour un jeu qui pose une trame aussi sérieuse qu’un croque-mort. Encore si ça s’arrêtait à ça, malheureusement, les personnages secondaires sont à loger à la même enseigne que ce soit la hackeuse clone de Lisbeth Salander (la saga Millenium) ou le « méchant » aussi casse-couille que le gamin qui te collait à l’école parce que tu as eu le malheur de le défendre une fois par pitié. Seul le personnage T-Bone s’en sort à peu près. Bref, l’histoire est une catastrophe.

Prêt à tout casser, Watch Dogs fait autant de dégâts que les poings d’un Muppet.

Concernant les graphismes, rien d’extraordinaire. Le jeu est très propre, ça, c’est sûr, mais n’a rien de franchement original. Les zones de Chicago qu’on traverse sont vite oubliables. Le plus gros problème réside au niveau des expressions faciales. On a évolué quand même et voir ces visages aussi expressifs que celui d’une femme botoxée nuit beaucoup à l’immersion. Sans oublier les animations peu naturelles semblant avoir une génération de retard.

Pour le reste, une fois la déception assimilée, le jeu finit par se révéler satisfaisant grâce à des missions intéressantes. Les phases de hacking peu originales au premier abord sont bien exploitées (l’infiltration de la cité à la Banlieue 13 est un bon moment). Néanmoins, quelle connerie d’avoir empêché Aiden (le héros) de pouvoir tirer à bord de son véhicule. Ça nous oblige à avoir recours à des phases de hacking sur la route (comme mettre les feux de circulation au vert pour gêner les poursuivants.). Original mais tellement scripté que ça devient redondant. Du coup, je me suis souvent retrouvé à chercher un petit coin relativement sécurisé pour pouvoir descendre du véhicule et buter les poursuivants. Notons aussi des véhicules surpuissants capables d’exploser presque tout sur la route avant de rendre l’âme. En moto, on peut même taper contre un 4×4 sans dommage.

Au niveau des missions secondaires, j’ai vite fait le tour, très vite même. Franchement, je n’y vois aucun intérêt si ce n’est pour faire les trophées/succès. Ça la fout mal après ceux superbes d’Infamous Second Son ou GTA V (ah, le tennis et le golf).

Watch Dogs Image

Watch Dogs, le jeu préféré des serial violeurs. Famille de France est sur le coup.

Test

Graphisme : 7/10 – Le jeu est très propre, par contre, c’était obligé de faire des visages aussi figés et des animations aussi rigides ?

Gameplay : 7/10 – Du GTA pur et simple avec un soupçon de hacking n’apportant pas grand-chose au final.

Durée de vie : 7/10 – Une quinzaine d’heures pour boucler l’histoire, correct.

Histoire : 4/10 – Un héros antipathique, des personnages secondaires peu inspirés, une intrigue sans surprise (d’ailleurs, le début m’a fait croire à un remake de Heavy Rain), une thématique exploitée catastrophiquement et des cinématiques plates. La coupe est pleine. Au moins, y a une histoire.

Son : 7/10 – Beaucoup de musiques disponibles, mais des voix françaises moyennes.

Son point fort – Des missions plaisantes à jouer.

Son point faible – L’histoire.

« Oh, je suis à Pawnee. Tiens, je vais en profiter pour aller voir Leslie Knope. »

Conclusion

Au final, Watch Dogs est une grosse déception. Ses promesses ne sont que des vulgaires artifices permettant à peine d’améliorer le gameplay rodé propre aux GTA-likes. Surtout, il souffre de la comparaison avec GTA V qui lui est supérieur dans tous les domaines. Finalement, c’est Infamous Second Son, le meilleur open world de la nouvelle génération.

+– Des missions agréables à faire
– Gunfights nerveux
– Le hacking pour préparer l’infiltration
– Le hacking tant loué n’est qu’un pétard mouillé
– Visages figés
– Le héros
– Histoire
– Impossible de tirer depuis une voiture ou une moto
– Missions secondaires inintéressantes
6/10
Watch Dogs Poster

Poster

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A propos de l'auteur : (2787 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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  • Bolivian

    J’ai comme l’impression que j’ai bien fait de ne pas l’acheter celui là… J’ai du sentir la cartouche arriver ! J’ai évité de me ruer dessus en me disant qu’ils allaient nous ressortir un assassin’s creed des temps modernes et j’ai bien fait à en croire tout ce que j’ai pu lire sur le net. Sinon, on va avoir le droit à des jeux sympa sur notre ps4 un jour ? Parce que là y a pas grand chose à lui donner à manger.

    Hors sujet: Je ne sais pas si je suis le seul, mais la bande annonce de Mortal Kombat X m’a fait plaisir. Vivement qu’il sorte et qu’on voit du Real in-game.

    • Avec l’E3, j’espère que tu en as pris plein la gueule. En tout cas, moi, j’ai dégueulassé mon pantalon et j’ai du mal à tout enlever. Non, mais le bond graphique est tout juste hallucinant. Après, reste à voir manette en main.

      Pour Mortal Kombat X, j’en avais parlé dans la Semaine Marvelll, et c’est franchement un gros kif (même si les animations étaient bizarres, on aurait dit des pantins désarticulés).

      PS : pour Watch Dogs (parce qu’il faut en parler quand même), au début, j’ai foncé droit dans un immeuble pour le grimper avant de me planter lamentablement. Saleté de réflexe Assassin’s Creed. À la place, il faut se démener pour trouver un chemin pour grimper jusqu’en haut. Frustrant au départ, mais après, c’est assez sympa de se creuser les méninges pour trouver une piste.