Test : Metal Gear Solid V : Ground Zeroes

Un prologue à double tranchant

Fiche

Titre :
Metal Gear Solid V : Ground Zeroes
Éditeur :Konami
Développeur :Kojima Productions
Plate-forme :PC, PlayStation 3, PlayStation 4, Xbox 360, Xbox OneDate de sortie :20 mars 2014
Genre :Action, InfiltrationTesté sur :PlayStation 4

Critique

Metal… Gear… Solid… Trois mots qui, associés, suffisent pour mettre mon corps en émoi. Je me rappelle encore du jour de mes premiers pas dans l’univers de Kojima sur cette boîte grise. C’était la première fois que je voyais la fusion entre le cinéma et les jeux vidéo. Ce n’est pas pour rien que je considère la saga comme étant la quintessence du dixième art.

Allez trêve de nostalgie. Il est temps de parler du dernier épisode de la saga qui a davantage défrayé la chronique pour sa durée de vie que pour ses qualités. Ridicule, le nombre de médias qui ont voulu faire le buzz en s’offusquant de la durée de vie… Un débat stérile, car déjà, le jeu ne coûte pas 70 euros (soit le prix d’un jeu « complet »), et de deux, on était déjà prévenu qu’il ne s’agissait que d’un prologue.

Après évidemment, on peut discuter de l’intérêt. Mais personnellement, je suis pour. Je me rappelle, à l’époque de Metal Gear Solid 2, il existait un prologue prenant place sur un bateau et jouable avec Solid Snake (on incarnait uniquement Raiden par la suite). Si ce prologue avait fait l’objet d’une sortie à la Ground Zeroes, je n’aurais pas craché dessus. Surtout, ça permet de patienter gentiment tout en soutenant l’effort des développeurs parce que mine de rien, The Phantom Pain sort dans un an. Après 30 euros, ça me paraît un peu beaucoup, mais vu qu’il n’est pas difficile de l’avoir à 20/25…

Dès le lancement, on est happé par l’univers de Kojima. La scène d’ouverture (malheureusement, sans surprise, car déjà diffusée un sacré nombre de fois) et la scène de fermeture sont deux instants prouvant le talent de Kojima pour la réalisation, alimentant à nouveau le fantasme que le Japonais fasse un film à gros budget (pourquoi ne pas lui laisser les rênes de l’adaptation du jeu ?). D’ailleurs pour se remettre dans le bain (pas un mal, vu la densité de la mythologie Metal Gear), je vous conseille de lire le menu « Histoire » avant de lancer le jeu. Graphiquement sur PS4, le jeu n’est pas moche, certains effets sont vraiment cools. Mais, parfois des textures immondes (ou très moyennes, pour être plus politiquement correct) viennent prouver que le jeu a été prévu sur l’ancienne génération de console. J’espère que ce ne sera pas le cas pour The Phantom Pain, ce serait vraiment dommage.

Snake est de retour, mais ne reste pas longtemps.

En prenant en main Snake, j’ai vite retrouvé mes marques et j’ai apprécié cette ouverture au niveau de la map. Même si petite, elle nous laisse pas mal de champs pour choisir comment boucler les objectifs qui nous sont alloués. Évidemment en mode normal, il devient très vite tentant de privilégier l’approche bourrinne surtout si on s’en tape du scoring. D’un, parce que Snake est puissant. De deux, parce que l’intelligence artificielle n’est pas top. De trois, parce que les ennemis ne sont que de simples soldats, bref du breakfast pour Snake. Pour le reste, je n’ai pas trop vu de différences au niveau de la maniabilité (après, mes souvenirs du 4 sont un peu flous) sinon une meilleure fluidité au niveau de l’enchainement des positions du héros (il passe plus naturellement de la station debout à allongé). J’ai apprécié le fait de pouvoir interroger les soldats afin de récupérer des indices et aussi conduire les véhicules (surtout le tank, bien pratique pour l’approche sans finesse). Ça a l’air de rien, mais ça rajoute du réalisme et ça donne une sensation de pouvoir tout faire. Par contre, bémol : ne pas pouvoir rentrer dans la plupart des bâtiments ou simplement les détruire à la Battlefield Bad Company.

Pour le reste, ce prologue se boucle rapidement (deux heures est effectivement une bonne moyenne), mais l’existence des missions secondaires n’est pas négligeable. J’ai adoré celle où Kojima fait un clin d’œil (drôle) aux fans et celle où on doit aider un allié à s’échapper en mitraillant tous ses poursuivants depuis un hélicoptère (que voulez-vous, j’aime quand ça pète de partout). Rien qu’en faisant la mission principale et les missions secondaires, on atteint déjà presque quatre heures de durée de vie. Ce qui est parfaitement convenable par rapport au prix. Et surtout les missions ont une fort potentiel de rejouabilité grâce à la liberté absolue. On ne peut en dire de même pour la plupart des jeux.

Test

Graphisme : 8/10 – Si je suis convaincu dans l’ensemble, difficile de pardonner certaines textures tout simplement indignes de la nouvelle génération.

Gameplay : 8/10 – Snake devient maniable et les combats dynamiques. Toutefois, quelques bugs de collision et une IA pas toujours finaude à noter.

Durée de vie : 6/10 – En ligne droite, la mission principale peut être très courte. Néanmoins, les missions secondaires et le scoring permettent de prolonger le plaisir, surtout avec la liberté allouée au joueur. Rapport qualité/prix, ce n’est pas génial, mais ce n’est pas aussi honteux qu’on veut nous faire croire.

Histoire : 8/10 – Deux cinématiques qui portent la patte de Kojima, une écriture soignée, une réalisation virtuose, des petites notes d’humour dont le Japonais est si friand et déjà, les premières prémices d’une histoire ambitieuse. Évidemment, il ne s’agit que d’un prologue donc, plein de choses restent en suspens. Bordel, The Phantom Pain, c’est pour 2015.

Son : 7/10 – Franchement, rien ne m’a vraiment captivé même si la voix de Kiefer Sutherland en VO fait sourire.

Son point fort – Metal Gear Solid en monde ouvert. Une idée culotté, mais pas si surprenante au bout du compte, les anciens Metal Gear Solid avait tous cet aspect sans toutefois autant de liberté.

Son point faible – Un simple prologue.

Conclusion

Ground Zeroes est un prologue satisfaisant, car il permet de se faire la dent sur une mission finalement assez jouissive grâce à la liberté donnée au joueur. Évidemment, il est difficile de ne pas être frustré à la fin avec la bande-annonce de The Phantom Pain (qui n’arrivera qu’en 2015 🙁 ). Mais bon, estimons-nous heureux d’avoir pu jouer avec Snake. Je ressortirai probablement le jeu de temps en temps, histoire de me faire un petit plaisir.

+– The Snake is back !
– Les cinématiques
– Une maniabilité plus souple qu’auparavant
– Liberté
– IA
– Mission principale trop courte
– Frustrant
– Quelques bugs de collision
7/10

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A propos de l'auteur : (2971 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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