Critique : Real

Plongée dans l’abîme de l’inconscience

Fiche

D’après le roman Kanzen naru nagakubiryū no hi de Rokurô Inui
TitreReal
RéalisateurKiyoshi Kurosawa
ScénaristesKiyoshi Kurosawa, Sachiko Tanaka
ActeursTakeru Sato, Haruka Ayase, Jô Odagiri , Shôta Sometani, Miki Nakatani, Yutaka Matsushige
Titre original:Riaru: Kanzen naru kubinagaryû no hiDate de sortie:26 mars 2014
Pays:JaponBudget:
Genre:Drame, Romance, Science-fictionDurée:2h 07

Atsumi, talentueuse dessinatrice de mangas, se retrouve plongée dans le coma après avoir tenté de mettre fin à ses jours. Son petit-ami Koichi ne comprend pas cet acte insensé, d’autant qu’ils s’aimaient passionnément. Afin de la ramener dans le réel, il rejoint un programme novateur permettant de pénétrer dans l’inconscient de sa compagne. Mais le système l’envoie-t-il vraiment là où il croit ?

Real Photo
La Belle au bois dormant version nippone avec un pincée de Minority Report.

Critique

Il y a de ces films comme ça que tu n’as pas trop envie de voir, mais les critiques sont si élogieuses donc tu finis par tenter le coup et finalement, tu as un petit coup de cœur. Real en fait partie.

Pourtant, c’était très mal parti. Durant les premières minutes, j’avais les yeux écarquillés comme si je venais de voir Captain America dans la vraie vie (pas un cosplay, le vrai !). Il faut dire que c’était franchement mauvais. Pour faire une comparaison, la réalisation, c’est du même niveau qu’un épisode du feuilleton Plus belle la vie. Les acteurs sont ridicules avec des comportements et des dialogues aussi intéressants que le dernier échange entre ces gamins de l’école primaire qui voulaient savoir qui était le plus fort entre Pikachu et Dracaufeu. Pff, évidemment que c’est Dracaufeu !

Sur le coup, je me suis alors dit que c’était une blague. Je me suis gouré de salle, ce n’est pas possible. Puis vint l’élément qui m’affirme que non, je ne me suis pas trompé : un équipement qui permet à quelqu’un de partager avec une autre personne une sorte de réalité virtuelle. Bien pratique pour le héros qui pourra alors converser avec sa petite amie dans le coma depuis sa tentative de suicide.

Jamais le monde onirique n’a été aussi bien représenté.

Puis la magie prend. En dépit de sa réalisation très sommaire, difficile de nier que le réalisateur arrive à instaurer une ambiance particulière entre rêve et cauchemar. Une tentative réussie et jouissive d’accoucher sur pellicule, ou plutôt sur carte SD vu que le film a été tourné en numérique, le monde onirique, celui fabriqué par notre esprit. En ajoutant quelques éléments cauchemardesques issus des mangas que la petite amie du héros dessinait avant le drame et ces « zombies philosophiques » à l’aspect sommaire mais ô combien dérangeants, Real se part d’attributs horrifiques parfois flippant. Le meilleur effet reste les apparitions du gamin mouillé.

Real fait partie de ces films dont l’intérêt réside en son intrigue calquée sur le modèle des illustres Sixième Sens et Les Autres. À savoir, un mystère dont l’opacité n’a d’égal que notre volonté de vouloir découvrir le fin mot de l’histoire et pour une fois, je me suis montré très satisfait de la résolution. Il faut dire que nous n’avons pas dix coups d’avance sur le héros, le réalisateur, Kiyoshi Kurosawa, ayant parfaitement réussi à trouver un juste compromis entre révélations des mystères et zones d’ombre avant de terminer sur un climax inattendu ! Mais chut, découvrez-le par vous-même.

Real Photo
« Oh la petite joueuse… Tu utilises du papier calque pour faire tes dessins ! »

Conclusion

Ne vous arrêtez pas aux premières minutes. Dépassez cette mise en scène digne d’un feuilleton télévisé. Dépassez ce jeu d’acteur d’apparence bancal. Et Real s’ouvrira à vous.

+– Envoutant
– Parfois flippant
– La représentation des rêves
– Les twists
– Des premières minutes laissant envisager le pire du cinéma
Trophée8/10

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