Critique : The Predator

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Fiche

TitreThe PredatorTitre VO
RéalisateurShane BlackScénaristesFred Dekker, Shane Black
ActeursBoyd Holbrook, Trevante Rhodes, Jacob Tremblay, Keegan-Michael Key, Olivia Munn, Thomas Jane, Alfie Allen, Sterling K. Brown
Date de sortie17 / 10 / 2018Durée1h 47
GenreAction, Aventure, Horreur, Science fiction, ThrillerBudget88 000 000 $

Les pires prédateurs de l’univers sont maintenant plus forts et plus intelligents que jamais, ils se sont génétiquement perfectionnés grâce à l’ADN d’autres espèces. Alors qu’un jeune garçon devient accidentellement leur cible, seul un équipage hétéroclite d’anciens soldats et un professeur de science contestataire peuvent empêcher l’extinction de la race humaine.

Critique

Devant le flot de critiques négatives et une moyenne des spectateurs pas terrible, voir mauvaise, je me demandais si ça valait vraiment la peine que je fasse l’effort pour me déplacer au cinéma…. J’ai beau aimer ces rasta de l’espace, j’ai plutôt des mauvais souvenirs depuis le premier entre une suite bof, un Predators qui singe l’original et le pire avec ce crossover de mauvais goût. Mais Shane Black…

Même avec la déception procurée par le Mandarin dans le troisième Iron Man écrit et réalisé par Shane Black, j’aime toujours ses films. Juste pour une chose. L’homme a un grand sens de l’humour et ses dialogues sont toujours savoureux. La machine à punchlines, c’est lui. Le génie du buddy movie, c’est encore lui. En plus, il m’avait laissé avec le génial The Nice Guys. Et puis bon, cette mauvaise moyenne, ça me rappelle un peu le Last Action Hero écrit par lui. Un film éclatant qui n’avait pas été compris à son époque et qui avait surtout été mal vendu. Et si c’était la même histoire avec The Predator ?

Ce n’est pas un remake mais une suite qui propose quelque chose de nouveau

Pas vraiment. Enfin, dans un sens, oui. La remarque négative qui revient le plus souvent dans les critiques que j’ai lu, c’est que The Predator ne reproduit pas le suspense et la tension de la bombe de John McTiernan. Excusez-moi, mais quand tu vois que l’échec Predators qui avait tenté de le faire. Je me dis qu’heureusement que Shane Black n’a même pas tenté. Car il faut le dire. Le réalisateur, et accessoirement première victime humaine connue du Predator, n’a pas la même sensibilité. De plus, quel intérêt de faire un reboot masqué ? Car The Predator est bien une suite. Les évènements des films de 1987 et 1997 (Predator 2) sont cités. Ce n’est pas ici la première incursion des Predators. L’ambiance n’est donc plus la même, l’humanité est prête. En un sens, on peut voir en cet épisode comme une suite à la Aliens où tout est plus gros. Même le méchant. Surtout lui.

Efficace quand il est à l’ancienne, moyen quand il suit la forme actuelle

Ce n’est pas sans défaut. Tout d’abord, les scènes d’action n’ont rien de folichonnes. Ça manque cruellement de cette implication émotionnelle. De ces tripes qui se nouent ou de cette pulsion proche de ce qu’offre l’adrénaline. Bref, on ne les vit pas. On se contente de les suivre avec un petit plaisir, surtout grâce à la non censure. Eh ouais, le film est R et ça se voit. Démembrements, décapitations et sang qui gicle sont ici une routine. N’empêche quand je vois ça, je me dis que Venom en R aurait pu être jouissif. M’enfin, c’est une autre histoire.

Aussi, il y a deux Predators en ville. Le premier est une réussite, car il est entièrement fait à l’ancienne. Acteur (géant) sous le costume et animatroniques pour le visage. Il n’y a pas à dire, c’est efficace. Dès lors, quand le Predator amélioré débarque tout en images de synthèse, on se met à le regretter. Au niveau du design et de l’écriture, c’est sympa, mais ça se voit trop que c’est du CGI donc ça casse le délire. Je ne vais même pas parler des chiens totalement ratés. Signe qu’on atteint les limites imposées par le R. Un budget de 88 millions pour cette ambition, c’est short.

Shane Black fait du Shane Black

Mais où sont les qualités ? Ce sont simplement celles de Shane Black. Les dialogues, l’humour et les personnages. Ce n’est pas son meilleur film, mais il réussit l’exploit de rendre tout un groupe attachant. Ce n’est pas deux ou trois acteurs qui sont bons et le reste qui fait de la figuration, comme Suicide Squad par exemple. Non, on a vraiment une alchimie de groupe. Ils sont tous mémorables, sans distinction et chacun dans son style. Ça m’a même choqué de lâcher une petite larmichette lors d’une mort. J’ai aussi adoré le gamin joué par la star de Room, Jacob Tremblay. Quand tout le monde est réuni, c’est l’assurance de passer un bon moment entre punchlines, blagues de merde et un peu d’émotion. Mention spéciale à la scène du motel.

Au niveau de l’histoire, elle est plus un prétexte pour justifier les évènements, mais sonne aussi comme une introduction pour une suite dantesque. Franchement, comment ne pas baver aux délires que promet cette dernière scène. Malheureusement, le score au box-office risque fortement de les anéantir. Aussi, en lisant ce à quoi aurait dû ressembler le film à l’origine, il y a un petit air de regret, car il y avait pas mal de bonnes idées qui ont finalement été amputées.

Par content de ne pas avoir écouté l’avis général, le22 octobre 2018.

Conclusion

Loin d’être au niveau de l’original, The Predator a tout de même la bonne idée d’éviter de vouloir le remaker comme les autres suites. Au lieu de ça, Shane Black nous transporte dans un wagon suivant les rails du buddy movie avec un groupe très attachant, pas mal de punchlines marrantes, quelques séquences émotions et du gore qui fait du bien. Bref, de la série B décomplexée et fun. Seul véritable regret de ma part, la trop grande ambition du film par rapport à sa classification le pénalise avec des images de synthèse loin d’être au niveau (ces chiens !).

+

  • Un des meilleurs groupes que j’ai vu dans un film
  • De la bonne punchline
  • Notes d’humour et d’émotion
  • Enfin du gore

  • Effets numériques pas au niveau des ambitions
  • On sent la production chaotique au niveau du montage
7/10

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A propos de l'auteur : (2954 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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