Critique : The Nice Guys

Shane Black, le roi du Buddy Movie

Fiche

TitreThe Nice Guys
RéalisateurShane Black
Scénaristes Shane Black, Anthony Bagarozzi
Acteurs Ryan Gosling, Russell Crowe, Angourie Rice, Matt Bomer, Kim Basinger, Margaret Qualley
Titre originalDate de sortie15 / 05 / 2016
PaysÉtats-UnisBudget50 000 000 $
GenreAction, Comédie, Mystère, Policier, ThrillerDurée1h 56

Los Angeles. Années 70. Deux détectives privés enquêtent sur le prétendu suicide d’une starlette. Malgré des méthodes pour le moins « originales », leurs investigations vont mettre à jour une conspiration impliquant des personnalités très haut placées…

Rien de tel qu’un bon bain en costume.

Critique

On pourra dire ce qu’on veut de l’Iron Man 3 de Shane Black, mais certainement pas qu’il a été un échec au box-office avec son milliard et quelque deux cents millions de dollars. Alors qu’on l’attendait dans un autre film dans le même registre, le scénariste reconverti réalisateur retourne à ses premiers amours : le buddy movie. Un genre qu’il a magnifié en signant le scénario de L’Arme Fatale, Le Dernier Samaritain ou encore Last Action Hero. On n’omettra pas non plus son Kiss Kiss Bang Bang qui a permis d’amorcer la résurrection de Robert Downey Jr.

Il est toujours risqué de revenir sur un terrain où nous avons été le roi. Serons-nous capables d’offrir un match à la hauteur de notre légende ? Ou allons-nous faire le match de trop ? Fort heureusement, Shane Black a suffisamment de verve pour livrer avec The Nice Guys, un film plaisant. Et surtout, un excellent buddy movie. Il ne faut pas longtemps pour être happé par le film. Juste une introduction avec Ty Simpkins, le gamin présent dans deux films ayant franchi le milliard au box-office : Iron Man 3 et Jurassic World. Ça fait joli sur un CV, non ? Revenons à cette ouverture. Il y a tout dedans. De l’humour noir, de l’action, du suspense, du fun, de l’irrévérence. Soit la formule de The Nice Guys.

Beaucoup, beaucoup de qualités pour le troisième (seulement) long-métrage de Shane Black. Mais si je ne devais en retenir qu’une seule, ce serait l’humour. The Nice Guys en a à revendre. Surtout, il ose emprunter des sentiers où on ne l’attendait pas. Le nombre de gags sur toute la durée du long-métrage est stratosphérique et ça ne s’arrête jamais. Rarement vu un film aussi riche dans ce domaine. La monotonie ne pointe même pas le bout de son nez tant les gags sont diversifiés. Ils peuvent être dans des répliques délicieuses ou être visuels. Shane Black ne se pose pas de limites et il fait bien.

Shane Black est venu comme un roi, il part comme une légende.

Avec un tel humour, il ne fait que peu de doutes sur le fait que les acteurs se sont amusés. Ils semblent même l’avoir beaucoup fait. Ryan Gosling et Russell Crowe en mode outremangeur sont excellents, chacun dans leur registre. Ma seule déception à ce niveau, c’est que leur différence n’est pas très marquée, or, c’est l’un de mes points préférés dans un buddy movie. Avoir deux héros diamétralement opposés comme le jeune sauvage et le futur retraité pépère (L’Arme Fatale), le russe un peu coincé et l’inspecteur américain gaffeur (Double Détente), et j’en passe des meilleurs. Or avec Holland March (Gosling) et Jackson Healy (Crowe), difficile parfois de les différencier en termes de caractères. Fort heureusement, ils sont accompagnés dans leurs aventures par la jeune Holly (Angourie Rice). C’est cette dernière qui va permettre d’apporter ce fameux décalage au long-métrage.

Au niveau de l’enquête elle-même, on renoue avec l’ambiance paranoïaque des années 70 avec un fond de message écologique, le tout baigné dans l’univers du porno (permettant, au passage, d’admirer quelques jolies demoiselles dont Margaret Qualley de la série The Leftovers). Des thèmes d’ailleurs toujours d’actualité. Si le fond de l’intrigue n’a rien de génial, la forme est superbe avec un bon rythme (même si l’ensemble aurait gagné à être un poil plus court). Il faut dire que les scènes d’action comportent beaucoup de gags visuels leur permettant d’être inattendues. Combien de fois je me suis fait avoir dans leur déroulement… Le réalisateur et son scénariste prennent un malin plaisir à détourner les scènes traditionnelles du genre comme le méchant qui tient en joue les héros.

Pour boucler cette critique plus qu’élogieuse, je voulais rendre un hommage à l’excellente ambiance. Baigné dans le Los Angeles des seventies, The Nice Guys m’a donné l’impression d’y pénétrer et d’y avoir vécu durant deux heures. Mention spéciale à l’ambiance de nuit.

Par Christophe Menat qui a envie de se refaire L’Arme Fatale et Le Dernier Samaritain, le .

« T’es sérieux, Marvelll ? La deuxième photo de la critique et tu me mets à la place de Russell Crowe ? »

Conclusion

Fort de ses précédents succès comme L’Arme Fatale et Le Dernier Samaritain, Shane Black est venu dans le Buddy Movie comme un roi et avec The Nice Guys, il en part comme une légende. Le film a tous les éléments du bon buddy movie. Du suspense, de l’action, des acteurs impeccables et surtout beaucoup, beaucoup d’humour. De quoi guetter son Predator d’un œil aiguisé avec un petit interlude avec Doc Savage que devrait incarner The Rock.

+

  • Franchement très, très drôle
  • Tous les ingrédients du buddy movie correctement utilisés
  • Parvient à surprendre pas mal de fois

  • Un petit peu trop long
  • Deux héros pas assez opposés
8/10
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A propos de l'auteur : (2894 articles)

Fou de cinéma depuis qu'il a vu son premier film dans les salles obscures : Jurassic Park. Pleure quand le requin meurt dans Les Dents de la Mer. Plus tard au collège, il a succombé aux comics grâce (ou à cause) à un pote. Les jeux vidéo, il y touche depuis Les Schtroumpfs sur la Colecovision.

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