Critique : Terminator: Genisys

Affiche du film Terminator: Genisys réalisé par Alan Taylor avec Emilia Clarke et Arnold Schwarzenegger
Voyage dans le reboot

Fiche

Titre:Terminator: Genisys
Réalisateur(s):Alan Taylor
Scénariste(s):Laeta Kalogridis, Patrick Lussier
Acteurs:Emilia Clarke, Arnold Schwarzenegger, Jai Courtney, Jason Clarke, Byung-hun Lee, J.K. Simmons, Matt Smith, Dayo Okeniyi
Titre original:Date de sortie:01 / 07 / 2015
Pays:États-UnisBudget:170 000 000 $
Genre:Action, Aventure, Science-fiction, ThrillerDurée:1h 59

Lorsque le leader de la résistance John Connor, envoie le sergent Kyle Reese en 1984 pour protéger Sarah Connor et préserver l’avenir de l’humanité, des événements inattendus provoquent une fracture temporelle. Le sergent Reese se retrouve alors dans une nouvelle version du passé, où il est confronté à des alliés improbables, dont le Guardian, et à de nouveaux ennemis. Il est chargé d’une mission inattendue : reprogrammer le futur…

Photo du film Terminator: Genisys réalisé par Alan Taylor avec Emilia Clarke
N’en dis pas plus. Je te suis, grande folle.

Critique

Depuis Terminator 3: Le Soulèvement des machines, l’annonce d’un nouveau Terminator est toujours mal accueillie par la communauté de fans. Pourtant, celui-ci avait réussi à bien commencer grâce au retour d’Arnold Schwarzenegger et l’arrivée d’Emilia Clarke en Sarah Connor. La première affiche était même sublime et laissait espérer un opus digne des deux premiers. Le résultat final est tout autre.

Déjà, je ne comprends pas pourquoi les mecs du marketing ont dévoilé un twist aussi puissant, celui concernant John Connor, dans la bande-annonce et même carrément en poster. Surtout que ce twist ne survient pas avant une bonne heure passée au visionnage. Dès lors, le passage concerné fait un gros flop. Un flop digne d’un anorexique faisant une bombe dans la piscine. C’est con parce qu’à la base, l’idée n’était pas mauvaise, surtout avec les délires de voyages dans le temps comme on les aime. Au final, la seule vraie surprise concerne le rôle du Doctor Who, Matt Smith. Et encore, il n’y a pas de quoi faire tomber la mâchoire inférieure.

Écoute Alan, au bout de dix fois, ta blague, elle n’est plus drôle

C’est déjà fort dommageable, mais ça n’excuse pas les autres défauts du film. Tout d’abord, dans Terminator Genisys, les gars derrière la caméra semblent visiblement ravis que Pops (Papy en VF, alias Arnold Schwarzenegger) soit de l’aventure parce que je ne vous dis pas le nombre de fois que la MÊME blague est utilisée dans le film. Une blague consistant à tourner en dérision la capacité du Terminator à s’intégrer dans la communauté humaine. C’est juste fou. On dirait un gamin de cinq ans, trop content d’avoir découvert une blague à l’école et qui te la fait 10 fois en une seule soirée. À la fin, ce gamin, t’as beau l’aimer, t’as juste envie de le tarter. Là, clairement, je suis encore plus épaté par T2 qui arrivait justement à trouver l’équilibre avec. Ben oui, parce que la blague n’est pas nouvelle, en plus.

La première partie du film est pratiquement un remake du premier Terminator à quelques nuances près, comme la guerre du futur nettement rallongée (et paradoxalement, moins impressionnante). C’est drôle de voir à quel point, les « remakeurs » n’arrivent jamais à capter l’âme de l’originel. Cela peut sans doute s’expliquer par une différence de chaleur. En effet, il faut savoir que le premier Terminator avait été tourné en pleine canicule et ça se voyait. Les acteurs transpiraient. La caméra avait parfois avoir de la buée sur sa lentille. Mine de rien, la nature a conféré au film une aura inimitable. Dans ce « remake », on a juste l’impression d’en avoir une version propre et, du coup, artificielle. Une version « climatisée », en somme.

Eh mec, il est où le T-2000 ?

Autre point, les mecs ont beau vouloir créer des nouveaux Terminator, ici avec le T-3000. C’est fou de voir à quel point ils n’arrivent jamais à surprendre. Finalement, on n’aura jamais fait mieux que le T-800 et, dans une moindre mesure, le T-1000. Le T-3000 n’est pas horrible en soi, mais il respire trop le gros problème de cet épisode : le déluge d’effets spéciaux. Il y en a partout. Sauf que l’équipe derrière est bien loin d’avoir le talent des mecs d’ILM. Mention spéciale au T-800 à nu. Beurk… Mettez-moi des animatroniques, s’il vous plaît. Surtout en gros plan. Bordel, quand on se rappelle des meilleurs passages de la saga, c’était des séquences naturelles avec des vraies cascades, bref « Mad Maxien ». En tout cas, Fury Road a fait beaucoup de mal à ses camarades blockbusters en rappelant qu’en 2015, il est encore possible de faire des blockbusters sans tout miser sur les effets spéciaux pour les séquences spectaculaires.

Photo du film Terminator: Genisys réalisé par Alan Taylor avec le T-800
Terminator, 30 ans et toutes ses dents.

Bémol majeur, le casting. Si Arnold Schwarzenegger est intouchable dans le rôle (le Terminator, c’est lui, point barre), je peux critiquer les autres. Emilia Clarke, j’adore. Elle a tout ce qu’il faut pour incarner Sarah Connor. Cette fragilité et cette force. Linda Hamilton reste quand même au-dessus. Par contre, j’ai eu un gros pincement au cœur quand j’ai revu le polaroid emblématique avec Emilia à la place de Linda. Je sais bien que les acteurs ont changé, mais ça m’a fait quelque chose que je n’ai pas aimé. Un peu comme si on se foutait de ma gueule. Sur le coup, j’avais envie de me barrer de la salle en criant « Allez tous vous faire enculer. Je peux tout accepter, sauf ça ! ».

Les versions 2.0 de Kyle Reese et John Connor sont buggées

Pour les interprètes de John Connor et Kyle Reese, je serais moins content vu que je les ai trouvés tout simplement… mauvais. Jai Courtney (Kyle Reese)… Je ne comprends pas comment on peut embaucher ce mec. Je n’ai rien contre lui, toutefois, niveau charisme, c’est le néant du néant. Après avoir enterré Die Hard, il n’est pas loin de réitérer le même exploit, mais heureusement qu’il y a Pops et la nouvelle Sarah. En tout cas, je me suis bien marré à le voir singer les gestes de Michael Biehn. Après, évidemment, j’ai fini par m’agacer.

Moins catastrophique, mais presque aussi raté. Le John Connor de Jason Clarke… Le mec, je ne l’ai jamais senti dans le rôle. À chaque fois, je voyais un autre personnage et je devais m’auto-hypnotiser pour le voir en John Connor. Du guerrier légendaire, il n’en a ni le charisme, ni l’esprit guerrier. Ni le côté beau gosse, d’ailleurs. C’est d’autant plus rageant qu’à la base, Tom Hardy aurait dû l’incarner avant d’être pris par Mad Max (au bout du compte, le mec a fait le bon choix). John Connor, ça reste pour moi cette image furtive au début de Terminator. On n’aura jamais fait mieux.

Balayer devant sa porte : régler ses propres problèmes avant de s’occuper de ceux du voisin

Sinon, ça me fait penser que le réalisateur de ce Terminator-là, Alan Taylor a pas mal critiqué Marvel pour leurs interventions sur Thor: Le Monde des Ténèbres. Là, où beaucoup ont envie de voir Marvel comme un monstre qui se mêle de ce qui ne le regarde pas et qui brime l’esprit artistique de ses réalisateurs. Je suis désolé, mais quand je vois le boulot d’Alan Taylor sur Terminator: Genisys… Je comprends pourquoi il y a eu autant de problèmes.

Il y a quand même des points positifs. Déjà, dans l’ensemble, ça se regarde sans problème. C’est un blockbuster assez classique au fond : spectaculaire (à condition de ne pas faire une overdose d’effets spéciaux moyens), sans temps mort (ou presque) et, surtout, avec un délicieux Pops. Ça suffit pour passer un bon moment, mais j’attends plus d’un Terminator.

Par Christophe Menat, le , en direct depuis le futur… ou le passé, je ne sais plus.

Photo du film Terminator: Genisys réalisé par Alan Taylor avec Arnold Schwarzenegger
Pauvre Ted…

Conclusion

Terminator: Genisys est un épisode moyen, légèrement au-dessus de Terminator 3: Le Soulèvement des machines. Partant sur une idée pas si conne, à savoir chambouler la lignée temporelle telle qu’on la connaît pour mêler impression de déjà-vu et nouveauté, il en profite pour livrer une succession de séquences d’action spectaculaire. Sauf que j’ai fini par faire une overdose d’effets spéciaux et de blagues rabâchées. Aussi, Jai Courtney et Jason Clarke, je n’y arrive pas. Pour information, il faut savoir que James Cameron va récupérer les droits de la licence en 2019. Ainsi, la Paramount a déjà confirmé Terminator 6 et 7 pour respectivement le 19 mai 2017 et le 29 juin 2018. À ce propos, ne manquez pas la scène mid-générique.

+

  • Arnold Schwarzenegger is back !
  • Emilia Clarke tient la route
  • Revivre les deux premiers Terminator avec des changements

  • Jai Courtney et Jason Clarke sont des vraies erreurs de casting
  • Trop d’effets spéciaux tuent le spectacle
  • Utiliser trop de fois la même blague tue la blague
  • Le nouveau polaroid
  • Dévoiler le twist dans la bande-annonce et en poster
5/10
Affiche du film Terminator: Genisys réalisé par Alan Taylor avec Emilia Clarke et Arnold Schwarzenegger
Affiche de Terminator: Genisys

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