Critique : Die Hard : belle journée pour mourir

La journée des enfants au bureau

Fiche

Titre:Die Hard : belle journée pour mourir
Réalisateur(s):John Moore
Scénariste(s):Skip Woods, Roderick Thorp
Acteurs:Bruce Willis, Jai Courtney, Sebastian Koch, Mary Elizabeth Winstead, Yuliya Snigir, Radivoje Bukvic, Cole Hauser, Amaury Nolasco
Titre original:A Good Day to Die HardDate de sortie:20 février 2013
Pays:États-UnisBudget:92 000 000 $
Genre:Action, ComédieDurée:1h36

Bruce Willis est de retour dans son rôle le plus mythique : John McClane, le « vrai héros » par excellence, qui a le talent et la trempe de celui qui résiste jusqu’au bout.

Cette fois-ci, le flic qui ne fait pas dans la demi-mesure, est vraiment au mauvais endroit au mauvais moment après s’être rendu à Moscou pour aider son fils Jack, qu’il avait perdu de vue. Ce qu’il ignore, c’est que Jack est en réalité un agent hautement qualifié de la CIA en mission pour empêcher un vol d’armes nucléaires. Avec la mafia russe à leur poursuite et la menace d’une guerre imminente, les deux McClane vont découvrir que leurs méthodes radicalement différentes vont aussi faire d’eux des héros que rien ne peut arrêter.

Critique

Encore une journée de merde pour John McLane mais une charmante perspective pour nous malgré un quatrième opus loin d’être convaincant. On espérait tout de même beaucoup de ce cinquième (déjà) surtout grâce à une bande annonce de haute volée. Notamment via une séquence culte où la bombe Yuliya Snigir se déshabillait dans une pose ultra sensuelle (je ne vous dis pas combien de fois j’ai fait retour en arrière pour revoir cette très courte séquence, pas envie de passer pour un pervers… mais attends… et merde) sur une musique enthousiasmante. Il est drôle de voir cette même séquence dans le film. Elle devient une scène expéditive et sans aucune sensualité. Comme quoi le montage…

Finalement après coup, on se dit que la catastrophe était prévisible. Scénario signé par Skip Woods dont la filmographie est honteuse : Opération Espadon, Hitman, X-Men Origins: Wolverine. Seul L’Agence tous risques y échappe mais c’est surtout grâce à Joe Carnahan. Réalisation par John Moore : Max Payne, 666 la malédiction, Le Vol du Phoenix, En territoire ennemi. Du coup, on imagine bien que le combo va faire mal, très mal et c’est d’autant plus décevant que de grands noms ont été attachés au projet : Justin « Fast and Furious 5 » Lin (parti allé faire mumuse avec Fast and Furious 6 et d’après la bande annonce, il a bien eu raison), Joe « Attack the Block » Cornish, Nicolas « Drive » Winding Refn et Noam Murro qui a préféré faire 300: Rise of an Empire. Ils ont du lire le scénario avant de donner leurs décisions (ce ne sont pas des romains)…

Le seul attrait de ce Die Hard : belle journée pour mourir réside dans sa bande annonce compilant les meilleurs passages du film et ses scènes d’actions sans images de synthèse (ou si peu) permettant de nous faire oublier l’affront de l’immonde avion de chasse de l’épisode précédent. Et encore… quand les scènes d’actions ne sont pas plombées par une réalisation catastrophique à base de zoom et dézoom instantanés. Pour faire comme les séries ou documentaires. Un effet classe quand il est bien utilisé sauf qu’ici, ça confine au ridicule. Mention spéciale lors de l’extraction où le réalisateur emballe une scène employant ce procédé tellement souvent dans la salle où est regroupé l’équipe de soutien que c’est limite si on n’a pas le vertige.

Entre chaque scène, nous avons le droit aux fameuses punch lines de John McLane. Sauf qu’elles ont perdu toutes leurs verves. Soit elles sont sorties au mauvais moment ou accumulées dans un laps de temps tellement court qu’elles n’ont plus d’intérêt ou même pire, elles ne sont pas drôles. On prend alors en pitié le pauvre papy McLane… A moins que ce ne soit une réelle volonté du scénariste de faire passer John McLane en papy complètement déconnecté de la réalité et ne répondant même plus à la même structure narrative que le reste du casting. Si c’est le cas alors c’est Die Hard : belle journée pour mourir est un chef d’œuvre.

Le fils ? Pff, autant j’ai bien aimé l’acteur dans la série porno Spartacus ou en méchant dans Jack Reacher. Ici, il est tout simplement imbuvable en petit con qui en veut à son papa qui ne s’est pas assez occupé de lui mais qui finalement l’aime bien parce que c’est son papa à lui. Un cliché bodybuildé. Même constat pour le méchant tentant d’essayer de reproduire le même schéma machiavélique que les anciens et notamment le prof qui martyrisait Harry Potter (Alan Rickman). Un méchant tellement hommage qui a même le vice de reproduire le même final que Piège de Cristal avec un saut de l’ange dans le vide au ralenti. Heureusement la chute de cette chute est assez surprenante et jubilatoire. Tout de même, on a envie de dire : rendez-vous notre Hans Gruber ou au moins son frère.

Je critique, je critique mais bon, on nous avait prévenu. Après tout, le titre ne dit-il pas « belle journée pour mourir ». Ce n’était pas un titre joli ou dans la veine des Die Hard mais un conseil judicieusement placé nous invitant plutôt à décéder avec notre souvenir de John McLane et ainsi mourir en paix plutôt que de vivre rongé par le désespoir d’avoir vu notre plus grand héros devenir un… Je ne trouve même pas les mots.

Conclusion

Il n’y a pas grand chose à sauver de cette belle journée pour mourir qui réussit l’exploit à faire pire que le 4. Au final, regardez la bande annonce et imaginez-vous le film, ça vaut mieux et c’est moins cher…

+– Bande annonce
– Des scènes d’action sans images de synthèse
– 1h36 dieu merci
– John McLane, de la lumière à l’ombre
– Les punch lines
– L’intensité dramatique
– Le méchant
– Le fils
– La réalisation
– L’histoire
3/10

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